Voir poge
NATURE DU SOL DES LACS
général les gros matériaux, les galets, les graviers et même les sables s'arrêtent près de la surface, tandis que les matériaux ténus, les vases, peuvent être charriés à une grande distance, il a décomposé chacune de ces deux catégories d'alluvions fluviatiles et lacustres en alluvions grossières et alluvions impalpables. Nous pouvons ainsi considérer quatre types d'alluvions :
!• L'alluvion lacustre grossière, formée par les gros matériaux que les vagues arrachent à la côte. Elle constitue la beine et le mont.
2" L'alluvion lacustre impalpable, formée principalement des matériaux ténus enlevés au rivage et qui se déposent sur toute l'étendue du lac.
3*" L'alluvion fluviatile grossière, qui constitue les cônes de déjection.
Pzo. 37. — Schéma du dépôt des quatre types d'alluvion dans un lac.
aa, alluvioQ lacustre impalpable qai se dépose sur toute l'étendue du lac. — 6, alluvion fluvatile impalpable localisée dans la plaine centrale. — c, alluvion lacustre grossière qui forme la beine et le mont. — </, alluvion fluviatile grossière qui forme les deltas torrentiels aux embouchures des affluents.
4"^ L'alluvion fluviatile impalpable, qui descend dans les grands fond^ et tend à transformer le plafond du lac en une plaine horizontale.
La figure 37, empruntée au Léman de M. Forel', rend bien compte de ces divers dépôts.
Toutefois M. Forel insiste, d'une façon fort juste, sur les cas où ces distinctions
peuvent être réellement établies. Pour que les alluvions fluviatiles impalpables
restent distinctes des alluvions lacustres impalpables, « il faut, dit M. Forel, que
les eaux torrentielles forment dans le lac une masse distincte, de grande densité,
îuî s'écoule dans les grands fonds et va s'y accumuler sans se disperser dans
1 étendue indéfinie du lac ». Ce cas se produit lorsque les eaux des affluents sont
plus lourdes que les eaux lacustres, lorsque, à peine entrées dans le lac, elles
plongent en formant une « bataillière* ». Alors toute une zone du lac est réservée à
leurs apports. Mais, lorsque les affluents charrient peu, lorsque, comme c'est le
cas dans beaucoup de petits lacs, ils proviennent de sources peu éloignées, alors
les alluvions de ces affluents ne produisent plus de couches distinctes au fond
ûu lac et la distinction entre les alluvions impalpables d'origine lacustre et celles
4 origine fluviatile n'a plus sa raison d'être.
*• T. I, p. no.
^. Voir page 68.
Il résulte de ces observations que, en thèse générale, Talluvion grossière se rencontre près du rivage dans les parties peu profondes, Talluvion impalpable au large^ dans les grandes profondeurs. Mais cette règle n'est vraie que pour les lacs étendus; dans les petits lacs de montagne, dominés par des escarpements rapides, on rencontre souvaDt des débris de roche éboulés jusque dans les plus grandes profondeurs. Je citerai, par exemple, le cas du lac d'Artouste (Basses-Pyrénées), où le sondeur à coupe m'a rapporté, p%r 77", 50 de profondeur, alors que la plus grande profondeur est de 85 mètres, une vase qui renfermait un caillou c^c granit de 13 millimètres de long. Même, dans les grands lacs, sur les cônes de drjection des affluents importants, le sable peut parfaitement, en certains points, remplacer la vase. Ainsi M. liôrnlimann, en prenant un échantillon sur le petit moaticule de la digue droite du ravin sou$-lacustre du Rhône, dont le sommet est à une profondeur de 52"',90, a rapporté du sable lavé, sans mélange de vase*. Moi-même, comme je Taî dit plus haut*, j'ai récolté du sable dans le ravin sous-lacustre du Rhône à plus de 7 kilomètres de 0on embouchure et à 2 500 mètres du rivage.