PRÉFACE
Deux raisons m'ont fait rechercher la pubUcation de ce nouvel ouvrage.
D'abord mon Atlas d'ophthalmoscopie date de 1870, et depuis cette époque, la science en cette matière a fait des progrès. Certains états pathologiques du fond de l'œil, comme la rupture, le tubercule, le sarcome de la choroïde à son premier degré, la rétinite leucémique n'étaient pas encore bien connus ; tel autre, comme la rétino - choroïdite palustre, récemment étudiée par M. F. Poucet, n'avait pas encore été décrite. J'ai pu recueillir ces différents types sur des malades soumis à mon observation et combler ainsi une lacune inévitable pour l'époque.
Ces types, au nombre de douze, forment deux planches nouvelles en chromo-hthographie .
Mais le motif déterminant a été la possibihlé d'associer à cette œuvre M. F. Poncet, dont les travaux sur l'histologie pathologique de l'œil ont été déjà si justement remarqués, et de la compléter, grâce à son concours, par un atlas d'anatomie pathologique du fond de l'œil.
L'ophthalmoscopie et l'anatomie microscopique s'éclairent l'une par l'autre : elles ne forment, à vrai dire, qu'une seule et
même étude dans laquelle le miroir oculaire donne l'anatomie macroscopique sur le vivant, et le microscope, l'anatomie histologique après la mort.
On sait à quel point l'oplithalmoscope est insuffisant dans certains cas pour expliquer la nature et la marche des symptômes observés, et combien est obscur le rapport entre l'altération de l'organe et le trouble de la fonction.
N'est-il pas hors de doute que Iss progrès apportés dans l'examen histologique des tissus dissiperont de plus en plus les incertitudes qui existent encore ? La rétinite pigmentaire sans pigment apparent au miroir, soupçonnée cliniquement, démontré e histologiquement ensuite par M. F. Poncet, est un remarquable exemple, et il n'est pas le seul, des services que le microscope est appelé à rendre à l'ophthalmoscopie.
Cette publication nouvelle, la première de ce genre, nous paraît destinée à rendre de sérieux services. Elle éclaircira bien des points obscurs, et surtout elle montrera aux jeunes histo logistes, en leur traçant la voie, combien il reste encore à faire avant d'avoir surpris le secret des divers processus morbides dont le fond de l'œil est le siège. Je désire pour elle l'accueil si bienveillant qui a été fait précédemment à mon Atlas, par la presse et le public médical, tant en France qu'à l'étranger.
Maurice PERRIN.
Paris, le 11 novembre 1878.
L'anatomie pathologique ne peut être séparée de la clinique : sans ce concours mutuel l'histologie perd son intérêt, l'étude de la maladie est incomplète. Aussi , remercions-nous bien sincèrement M. le professeur Perrin de nous avoir associé aux travaux cliniques qu'il poursuit au Val-de-Grâce, depuis de longues années, avec tant de succès pour l'ophthalmologie française.
Les 66 planches d'anatomie pathologique, qui forment la deuxième partie de cet ouvrage, ne pouvaient pas comprendre toutes les variétés des lésions profondes de l'œil, mais les types que nous avons choisis permettent d'avoir une idée exacte des processus auxquels peut être soumis cet organe si complexe.
Tous nos dessins, originaux et personnels, ont été faits à la chambre claire sur nos préparations histologiques : les planches ont été tracées au crayon sur pierre par nous-même. C'était le seul moyen d'éviter les erreurs dans la représentation des images microscopiques. Nous avons pensé en outre qu'il était absolument nécessaire d'employer pour ces planches la chromo-hthographie, parce que dans ces dessins, formant souvent des vues d'ensemble, il était indispensable de reproduire la sélection des réactifs euxmêmes lors de la coloration des tissus. La lecture de ces dessins devient ainsi facile ; dans les planches en noir, au contraire, les éléments et les tissus de nature différente sont confondus dans la teinte uniforme.
En face de chaque planche nous n'avons placé qu'une légende explicative, car nous aurions été entraîné à écrire un traité d'anatomie pathologique de l'œil, et nous ne pensons pas qu'aujourd'hui une pareille tâche puisse être entreprise avec succès dans son ensemble.
Cette série de planches d'anatomie pathologique a été divisée en cinq parties se rapportant :
4° à la Choroïde;
2° au Corps vitré ;
3° au Nerf optique ,
4° à la Rétine;
5" aux Maladies générales.