Grains internes
9. — Tissu névroglique, non coloré par le carmin représentant la partie la plus supérieure de la rétine.
Dans cette rétine ainsi pédiculisée, les grains, le tissu névroglique qui sert d'enveloppe au tissu véritablement nerveux, sont les seules parties persistantes. Les cellules sympathiques, une grande partie des bâtonnets et cônes ont disparu, et, ce qu'il en reste est atrophié. Mais les fibres nerveuses provenant de l'expansion du nerf optique se trouvent encore dans le tissu qui réunit les grains. 10. — £n dedans de la rétine propre existe un tissu connectif, rosé, pourvu de vaisseaux (11), disposé en couches concentriques. Ce tissu provient d'une organisation nouvelle anie-rétinienne.
12. — Membrane limitante hyaloïde séparant le tissu conjonctif rétinien, d'un autre tissu conjonctif tout à fait central, peu vasculaire, peu .organisé. La rétine était déjà séparée du tissu conjonctif qui lui adhère immédiatement, par sa limitante propre.
13. — Reliquat du corps vitré contenant quelques éléments cellulaires, et moins coloré par le carmin.
Le centre du pédicule comprend donc une organisation fibreuse formée aux dépens du corps vitré ; sa périphérie provient d'un exsudât ante-rétinien.
Portion d'un pédicule de rétine décollée.
1 . -— Tissu conjonciit organisé en dedans de la rétine. Sa situation est analogue a celui de la figure 1, n« 10 : il contient même quelques masses pigmentaires charbonneuses non hén^orrhagiques, provenant de la migration du pigment à travers la rétine.
2. — Tissu propre de la rétine, névroglique, peu coloré par le carmin, disposé en faisceaux convergentsi vers les bandelettes des grains. Au centre de la figure quelques vaisseaux anciens de la rétine, à parois sclérosées.
S. — Portions, assez rares, de grains internes, séparées des grains externes par un tissu fibreuxj résultant de la condensation des couches détruites de la membrane nerveuse.
4 . — Grains externes très-bien conservés dans cette rétine et très-abondants dans tous les replis du pédicule.
5. — Bâtonnets et cônes, séparés des grains parla limitante externe. Ces élémeùts fort atrophiés remplissent les loges formées par Tadossement de deux replis de rétine où ils forment une fine et très-régulière bordure.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE DE L'ŒIL
RETINE DECOLLEE. ^COUPES DU PEDICULE , G. Masson Editeur, Piris .
Planche XLV. — Rétine.
Figure I. — G. = 350 D.
Sclérose de la rétine.
Réline provenant d'un décollement de la rétine au deuxième degré (convoivulus). Les altérations y sont plus visibles parce que le tassement était encore moindre que dans la planche précédente.'
1. — Portion du corps vilré en voie d'organisation près de la rétine; elle contient des fibres bien formés de tissu conjonctif et un certain nombre d'éléments cellulaires.
2. — Limitante interne de la rétine, nette et bien conservée.
3. — Gros faisceaux do fibres de Muller, partant de la limitante interne, pour descendre jusqu'aux bâtonnets.
4. — Noyaux d'éléments cellulaires placés sur ces gros faisceaux hypertrophiés.
5. — Fibres du nerf optique coupées perpendiculairement: elles ont diminué beaucoup de quantité, comme le démontre le vide de certaines loges, elles renferment au milieu d'elles quelques cléments cellulaires.
6. — Vaisseau artériel de la rétine compris entre les faisceaux de MuUer. Les parois en sont scléreuses, hypertrophiées et son calibre, complètement obturé par cette dégénérescence des parois internes.
7. — Rares éléments sympathiques conservés au-dessus de la couche moléculaire.
8. — Couche moléculaire interne ayant pris sous Tinfluence de la sclérose générale de la réline un aspect fibreux, à couches horizontales. Cette bande est aussi considérablement augmentée de volume.
9-10. — Couche des grains internes. Aucune préparation normale ne pourrait montrer mieux que la pathologie, la structure de la rétine dans ces zones : la dégénérescence fibreuse isole les travées connectives hypertrophiées, qui apparaissent alors revêtues de noyaux, c'est-à-dire des grains internes.
Comment ces derniers éléments pourraient-ils être considérés comme étant de nature nerveuse quand dans une sclérose générale de la membrane ils sont toujours retrouvés plus beaux, mieux développés que dans la rétine normale. Cette preuve de la nature endothéliale des grains se joint à celle de la sélection de la purpurine indiquée par Ranvier.
11. — Couche moléculaire externe réduite à un liseré fibreux, vivement colore par le carmin.
12. — Travées de Muller venant des régions internes de la rétine; elles sont, comme plus haut, disposées en faisceaux volumineux.
13. — La naturCj l'origine des grains internes est encore plus clairement démontrée que dans la couche 9 et 10.
14. — Limitante externe de la rétine sur laquelle s'insérèrent les travées de Muller hypertrophiées.
15. — Exsudât qui sépare la rétine de la choroïde et dont raccroissement marche parallèlement nu plissement de la rétine.
16. — Pigment de Tépithélium choroïdien, soit en masses, soit pénétrant de Jeunes cellules rassemblées contre la limitante interne. Quelques cellules subissent la dégénérescence colloïde.
CpMcttprcpetiel
SCLEROSE DE I.A RETINE DAHS LE DECOLLJ
Planche XL VI. — Rétine.
Figure I. — - G. = 350 D.
Plaques d'atrophie (rétino-chorodite).
Les deux figures suivantes correspondent aux plaques d'atrophie qu'on rencontre dans les inflammations chroniques des membranes profondes de Vœi\ : taches blanches, brillantes, entourées quelquefois d*un cercle pigmentaire, et
quelauefois aussi mélangées de ton gris, noir, au milieu de la partie blanche nacrée.
Elles nous paraissent constituer un type général que nous avons retrouvé dans
des maladies bien dissemblables au début : le glaucome, rirido-choroïdite, la
choroïdite disséminée, celle-ci renfermant une plus grande quantité d'exsudat;
le staphylome myopique postérieur se rattache à cette altération des membranes.
i • — Portion du corps vitré, organisé en tissu fibreux et renfermant des éléments cellulaires.
2* — Vésicules d'œdème, amassées entre» le corps vitré et la limitante interne de la rétine.
Cette disposition qui constitue un décollement du corps vitré n'est point due à un artifice de préparation, à une section oblique qui aurait décollé la hyaloïde dont la face [postérieure serait alors visible. Cette portion fibreuse du corps vitré restait ailleurs adhérente sur de longues sur faces, et la coupe était bien perpendiculaire; du reste nous avons déjà signalé cette séparation de la hyaloïde et de la limitante interne. L'organisation du corps vitré contre la plaque d'atrophie, Toedème vésiculeux expliquent l'aspect proéminant que possèdent quelques points de ces plaques d'atrophie.
S. — Limitante interne de la rétine sinueuse.
4. — Travées de Mûller groupées en gros faisceaux irréguliers qui descendent vers la limitante interne.
5. 6. — Fibres du nerf optique. Un fait remarquable dans cette couche, outre l'hypertrophie des fibres de Mûller, est la présence d'une prolifération assez active des cellules éparses dans l'expausion même du nerf optique. C'est un phénomène inflammatoire assez rare dans cette région de la rétine.
7. 8. — Cellules sympathiques en voie de dégénérescence colloïde. Elles effleurent la couche granuleuse interne, diminuée déjà d'épaisseur et tassée longitudinalement contre les grains internes.
9. — Couche des grains internes recouvrant les travées de Mûller. Ces éléments sont très-bien développés et sans trace de dégénérescence dans cette zone.
iO. — Au-dessous des grains internes, la rétine est complètement atrophiée, sciéreuse. Les fibres de Mûller (10), parties de la limitante interne, la constituent seule. La couche moléculaire externe fait défaut.
11. — Mais de ces travées connectives (10), les éléments endothéliaux, ou grains externes sont en grande partie tombés, et remplacés par des vésicules colloïdes.
12 • — Des masses pigmentaires charbonneuses, venues du pigment choroidien, se rencontrent en plusieurs points de cette rétine dégénérée, au-dessus de la limitante externe.
13- — Limitante externe, séparée de la choroïde par un prolongement des fibres de Mûller. En ce point la suture est intime, mais cependant la limitante choroïdienne est conservée, et il n'y a pas, jusqu'ici, fusion entre le tissu conjonctif des deux membranes.
i4. — Vésicules colloïdes, œdémateuses séparant la rétine de la choroïde.
15. — Limitante interne de la choroïde surqnontée d*uu éplthôUum choroïdien en prolifération, disposé irrégulièrement, et privé de son pigment en plusieurs points. C*est ce pigment que nous avons retrouvé plus haut (12).
IG. — Choroïde, elle-même atrophiée et scléreuse. {Voir planches 6 et 7.)
Figure II. — G. = 350.
Plaque d'atrophie blanche (rétino-choroïdite.)
1 . — Organisation libreuse du corps vitré en avant de la rétine; quelques éléments du corps vitré, et des globules purulents sont mélangés aux couches fibreuses encore molles.
2. — Limitante interne de la rétine, saine et d'épaisseur normale.
3. — Couche des fibres du nerf optique, réduite à une très-faible épaisseur, atrophiée et contenant plus d^éléments cellulaires qu'à l'état normal.
4. — Couche granuleuse, composée des débris des cellules sympathiques et de la couche moléculaire séparées par une limitante tràs-nette delà couche des grains externes.
5. — Couche des grains internes, très-bien conservée dans toute sa huuteur, et netten^ent limitée par deux liserés vivement colorés en rouge par le carmin.
6. — Au-dessous des grains internes, toute la structure de la rétine est chongée : elle ne se compose plus que de travées connectives irrégulièrement disposées et dirigées vers la limitante interne de la choroïde.
1, — Grains internes. Quelques noyaux sont encore adhérents çà et là au tissu
hypertrophié des fibres de Mûller.
8. — Débris de bâtonnets et de cônes enclavés dans les travées connectives. Les travées fibreuses sont séparées de la limitante choroïdiennc (9) par un exsutad (10) qui contient une grande quantité de globules purulents et de débris de l'épithélium polygonal.