BASSIN HOUILLER DU GARD
Le bassin houiller du Gard (PL XIV) a été bouleversé par des failles nombreuses qui ont amené des dislocations de tous genres : dressants, rejets, renversements complets.
Le terrain houiller dont la surface totale est d'environ 12000 hectares, n'affleure que sur 8000 hectares à peine, partout ailleurs il est recouvert par le terrain du trias ou par les calcaires.
Le bassin houiller est divisé en deux parties par la montagne du Rouvergue : vers l'Ouest, se trouve la
vallée du Gardon (concessions de Portes, de Cessons, de la Grand-Combe et de Rochehelle), vers l'Est, se trouve la vallée de la Côze avec son affluent la Gagnières (concessions de la compagnie houillère de Ressèges, des Salles de Gagnières, etc.).
Les recherches récentes ont conduit à attribuer au terrain houiller une épaisseur totale près de 2 500 mètres.
La richesse houillère est très variable d'un point à un autre.
À Ressèges et à Lallc on a reconnu plus de 20 couches et de 25 mètres de charbon ;
À Rochehelle, on compte 25 couches et 40 mètres de charbon ;
À la Compagnie de la Grand-Combe, on a reconnu à Sainte-Barbe 12 couches et 18 mètres de charbon ; au puits Malbûsc, sur 125 mètres de terrain houiller, 6 couches et 16 mètres de charbon ; au fond du sondage Ricard, on a recoupé 12 mètres de charbon.
Se basant sur les reconnaissances faîtes ainsi sur divers points, M. Grand-Eury 1 dit : « Le bassin renferme donc, suivant toute probabilité, au moins un milliard de tonnes, ou vingt fois pins de houille qu'il n'en a été extrait ; sans tenir compte des couches de mauvais charbon que tut ou tard l'on parviendra à utiliser, et non compris les richesses enfouies dans la partie du bassin située à l'Est de la faille des Cévenues. »
La quantité totale de houille extraite jusqu'ici dans le bassin houiller du Gard ne dépasse pas 65 millions do tonnes dont environ 27 millions fournis par la Grand- Combe, 15 et demi à 16 millions fournis parla Compagnie houillère de Bessèges, et le reste par les diverses autres Compagnies moins importantes.
Le bassin du Gard fournit toute la série des variétés de houille ; mais, sur la plupart des points, on observe en profondeur une rapide décroissance des matières volatiles ; et de plus, au voisinage de certains accidents, les couches ont subi une profonde action métamorphique.
Au sud du bassin, aux environs d'Alais, dans la concession de Rochebelle , le charbon, un peu gras à la surface du terrain houiller, devient rapidement maigre en profondeur; à Rochebelle même, le charbon ne contient que 15 à 18 p. 100 de matières volatiles et ne colle pas ; à Fontanes, certaines couches donnent jusqu'à 18, 19 p, 100 de matières volatiles.
La Compagnie de la Grand-Combe , par des puits situés au bord du Gardon (le Gouffre, le Ravin, etc.), extrait des charbons gras à 22, 24 p. 100 de matières volatiles qui donnent du bon coke ; mais en profondeur ces mêmes puits ne rencontrent plus que des couches de houille mi-grasse.
En s'éloignant de la vallée du Gardon, et sc rapprochant du massif du Rou vergue, les couches deviennent anthraciteuscs ; elles le sont déjà à Champclauson, et
* Géologie et Paléontologie du Bassin houiller du Gard, par Grand- Eury, p. 1Û8.
plus encore dans les concessions de Cessous et Comberedonde (9 a 10 p. 100 de matières volatiles).
À 1 extrémité Nord du bassin, dans la concession de Portes^ se rencontrent quelques couches de houilles grasses à 20 p. 100 de matières volatiles (puits Nord); mais dès qu'on a porté l'exploitation vers le Sud de la concession ou en profondeur, on n'a plus trouvé que des houilles plus maigres ne contenant que 18,15» et môme 12 et 10 p* 100 do matières volatiles.
Dans le district oriental (vallées de la Côze et de la Gagnières}, on trouve des houilles plus riches en matières volatiles*
La compagnie de Banne (Ardèche) produit des bouilles grasses de forge a 30 et 34 p. 100 de matières volatiles ; malheureusement, cette partie du bassin est la moins riche.
Les concessions de Lalle et de Gagnières fournissent également des houilles estimées en raison de leur teneur en matières volatiles, 24 à 27 p* 100, et la compagnie de Bessèges produit des charbons de forge non moins estimés. Mais les travaux exécutés dans les concessions de Molîères et de Trélt/s ont fait reconnaître des houilles sensiblement plus maigres, surtout en profondeur.
Les houilles de Molières fournissent cependant un bon coke solide.
Transformées en briquettes, les houilles lavées de la Grand-Combe et de Rochebelle sont estimées par la navigation et utilisées avec succès par la marine militaire et les compagnies de navigation qui ont leur port d'attache à Marseille et à Celte,