FIXATION PAK ADHÉSION
gré l’absence des dents, la surface d’adhérence est beaucoup plus réduite (fîg. 234 h) : la force d’adhésion déjà peu considérable, surtout dans les régions buccales et postérieures, deviendra presque nulle s’il s’agit d’une mâchoire très atrophiée. Mieux vaut alors fixer l’appareil par son propre poids. Pour les pièces partielles supérieures, l’adhésion suffit lorsque la plaque recouvre une notable partie de la voûte palatine. C’est ainsi que la plaque destinée à supporter les six dents antérieures (fig. 235 a) doit atteindre la ligne qui réunirait les deux premières ou les deux secondes molaires. Le même appareil, pour la mâchoire inférieure, pièce que l’on rencontre souvent dans la pratique (fig. 235 b) tiendra moins par adhésion que par son propre poids.
Lorsqu’il existe des dents naturelles, pour servir de contrefort à l’appareil, on peut augmenter la fixité de la plaque au moyen de crochets et il n’y a plus besoin de donner à celle-ci une aussi grande dimension.
La fig. 236 «représente la forme que prendra la plaque lorsqu’il s’agit, comme ici, de remplacer une prémolaire de chaque côté et une incisive. Dans la fig. 236 b, on voit une plaque unilatérale encore plus réduite.
La force d’adhésion est plus grande lorsque l’on ajoute une succion. Celle-ci consiste dans un espace vide peu profond que l’on ménage sur la face palatine de la plaque : le patient fait un appel d’air en mettant son appareil et la pression atmosphérique applique la plaque contre le palais.
Les auteurs ne s’accordent guère sur l’emploi de ces prises d’air qui seraient non seulement superflues, mais encore nuisibles pour la muqueuse. Telle est l’opinion de Weiser, St. Lee, T. F. Skeede, Burgess et Haskell qui reprochent [avec nous] aux succions d’agir comme des ventouses en congestionnant la muqueuse. Celle-ci se gonfle et finit par s’hypertrophier jusqu’à ce que son tissu remplisse complètement l’espace vide : dès lors, la pression extérieure n’a plus aucun effet.
Lee et Skeede disposent sur le bord postérieur de la plaque des crêtes, qui, dans les premiers jours tout au moins, àgissentexactement comme les succions. Cependant Haskell fait observer que la région centrale du palais est plus dure que les parties voisines, et que dès lors il faut ménager à cet endroit une dépression sur la plaque si l’on veut éviter de faire basculer l’appareil. Cet espace vide.
alors même qu'il ne présenterait que l’épaisseur d’une simple pellicule, n’est autre chose qu’une succion.
Il est certain que les appareils à succion offrent plus d’adhérence au début que les plaques ordinaires ; mais, plus tard, la muqueuse remplit toutes les dépressions, et les prises d’air deviennent inutiles. Detzner, Parreidt, Schwartzkopf et Hans Albrecht sont ég'alement de cet avis. Nous reproduirons ici l’opinion de Martinier, car elle résume exactement les avantag'es et les inconvénients des prises d’air. « Les succions, dit-il, facilitent et augmentent la rétention pendant les premiers jours après la pose.de l’appareil ; dans la suite elles causent souvent de l’irritation, de l’hyperplasie, et quelquefois même des abcès dans la muqueuse, parce qu’elles agissentcomme des ventouses. La muqueuse remplit l’espace vide qui ne joue plus alors aucun rôle, et il faut que la surface d’adhésion soit considérable pour parvenir à éviter l’inflammation des tissus (I). »
Il est facile d’établir les indications des prises d’air; une plaque qui recouvre le bord alvéolaire et s’applique sur une voûte assez haute présentera naturellement une adhésion suffisante; si le palais est aplati ou que des racines empêchent la plaque de reposer sur la gencive, l’emploi d’une succion peut être très utile.
Le procédé le plus simple pour obtenir une chambre pneumatique sur une plaque, consiste à creuser la face
fialatine de celle-ci avec une échoppe. On donne alors à a cavité une dimension quelconque, mais la profondeur doit être uniforme et présenter environ 1 mm. 1/2. Il est cependant difficile de parvenir ainsi à une grande exactitude et l’on risque en outre de perforer la plaque.
L’emploi de patrons en métal mou que l’on peut d’ailleurs faire soi-même est préférable. On les place sur le modèle, avant de mettre le caoutchouc, et on les enlève de l’appareil après la vulcanisation (fig. 237).
Jutterboch revêt la succion avec une feuille d’or: celleci reste incrustée dans la plaque de caoutchouc et donne un meilleur aspect.
La succion ménagée dans l’épaisseur de la plaque doit
(1) Martinier, Clinique de prothèse dentaire et de prothèse orthopédique ou orthodontie. 1903, 1 vol. in-d8 avec figures (Manuel du chirurgien-dentiste) .