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OS TEMPORAL

L’os temporal, qui renferme dans sa profondeur les organes essentiels de l’appareil auditif, est formé de trois segments, très facilement isolables chez le nouveau-né (planche 1) : a) l’écaille temporale ; (3) la portion tympanique (cercle tympanal); y) la portion pétreuse (rocher). Au point de vue de ses connexions anatomiques, l’os temporal est en relation en avant avec la grande aile du sphénoïde, en haut par la suture squameuse avec le pariétal, en arrière avec l’occipital.

a) Écaille temporale. — L’écaille recouvre le lobe temporal du cerveau. L’apophyse zygomatique y prend naissance en avant par deux racines séparées par la cavité glénoïde. Dans le mouvement d’ouverture de la bouche, le condyle du maxillaire inférieur quitte la cavité glénoïde pour s’élever sur la racine antérieure de l’apophyse zygomatique (tubercule articulaire); or ce condyle est en contact par sa moitié externe avec la paroi antérieure du conduit cartilagineux : il en résulte que cette paroi est attirée en avant quand la bouche s’entr’ouvre, d’où dilatation du conduit. Ce fait explique comment certaines personnes ont la bouche entr’ouverte pour prêter une oreille attentive.

Le bord supérieur de l’arcade zygomatique se termine par une ligne dirigée en arrière et en haut, la ligne temporale, qui forme le point de repère supérieur dans la trépanation mastoïdienne. Cette ligne est en général située au-dessous de la base de la fosse cérébrale moyenne, quelquefois cependant elle est placée plus haut, en particulier chez les brachycéphales (Kôrner). Chez l’adulte, la face interne de l’écaille est unie au rocher par une suture (fissure pétro-squameuse); chez le nouveau-né, par une fente comblée par du tissu conjonctif vasculaire. C’est par cette voie que les suppurations de l’oreille moyenne font effraction dans la fosse cérébrale moyenne.

P) Portion tympanique. Conduit auditif. — Cette partie de l’os temporal, chez le nouveau-né, a la forme d’un anneau ouvert en avant et en haut [cercle tympanal avec

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incisure de Rivinus ). Ce cercle présente un sillon dans lequel s’insère la membrane du tympan. Les branches antérieure et postérieure de cet anneau offrent une saillie (tubercules antérieur et postérieur). La branche antérieure présente en dedans deux épines reliées par une crête oblique (épines antérieure et postérieure); au-dessous se trouve le sillon malléolaire par lequel la corde du tympan, le ligament antérieur du marteau et la veine tympanique antérieure sortent de la caisse.

Le conduit auditif osseux se développe aux dépens : a) du cercle tympanal qui donne naissance aux parois antérieure, inférieure et en partie à la paroi postérieure; b) de l’écaille temporale qui forme la paroi supérieure et en partie la paroi postérieure.

Chez le nouveau-né, le conduit auditif externe est entièrement cutanéo-cartilagineux et se trouve fixé à l’annêau tympanal. Particularité intéressante, le tympan est presque horizontal et se trouve pour ainsi dire au contact de la paroi inférieure du conduit. Il faut donc, pour pratiquer l’examen otoscopique, chez le nourrisson, écarter du tympan la paroi inférieure du conduit et pour cela tirer le pavillon de l’oreille en arrière et en bas. Vers la troisième année, l’évolution du conduit auditif osseux est presque terminée, la membrane tympanique s’est éloignée dans la profondeur, le pôle supérieur du tympan s’est élevé et de la sorte le tympan s’écarte de la paroi inférieure.

Chez l’adulte, le conduit auditif doit être envisagé au point de vue :

a) Des rapports avec les organes voisins. — La paroi antérieure du conduit osseux est en contact avec le condyle du maxillaire inférieur et peut être fracturée dans les traumatismes de la mâchoire, en particulier dans les chutes sur le menton; la paroi antérieure du conduit cartilagineux se met en rapport avec la parotide (planche 3), d’où le rétrécissement possible de cette portion de l’oreille externe par des tumeurs de la parotide; signalons enfin l’existence d’une grande fissure à l’extrémité interne de la paroi antérieure osseuse du conduit auditif. Cette fissure est divisée par une lamelle osseuse partant du rocher (apophyse infé-

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rieure du toit de la caisse) en deux parties : une supérieure (fissure pétro-squameuse), l’autre inférieure (fissure pétrotympanique, de Glaser) ; la présence de cette dernière est constante et elle livre passage à la corde du tympan, à l’artère et à la veine tympanique et au ligament antérieur du marteau. La paroi postérieure du conduit auditif osseux est séparée de l’apophyse mastoïde par une fente (fissure tympano-mastoïdienne) à travers laquelle passe le rameau auriculaire du pneumogastrique. Cette paro'i est séparée des cellules mastoïdiennes par une lame osseuse de 1 à 2 millimètres d’épaisseur : cette minceur explique la fistulisation des mastoïdites dans le conduit, et autres conséquences pathologiques intéressantes; elle est distante de 12 millimètres environ du sinus latéral; en dedans enfin elle est séparée de l’antre par un bloc osseux de 5 millimètres d’épaisseur. La paroi supérieure du conduit osseux est composée de deux lames de tissu compact, entre lesquelles existent fréquemment des cellules pneumatiques ; la lame inférieure se continue avec le mur de la logette. Cette paroi forme le plancher de la troisième circonvolution du lobe temporal. A l’union des deux parois, supérieure et postérieure, près du tympan, existent de petits canaux osseux renfermant du tissu conjonctif et des vaisseaux (voie de passage du pus de l’antre sous le périoste du conduit auditif). En haut et en arrière du conduit auditif osseux, se trouve l’épine supraméatique de Henle limitant en avant une dépression (fosse mastoïdienne). Celle-ci est traversée par de petits canaux vasculaires, formant la voie d’issue au pus qui sort de l’antre pour former l’abcès mastoïdien sous-périosté.

b) De la direction . — On considère comme orifice externe du conduit auditif, le plan frontal passant par le bord libre du tragus et le bord saillant de la cavité de la conque (Schwalbe). La première partie du conduit cartilagineux s’étend du méat à la grande incisure de Santorini (fig. 3, «), elle est dirigée en avant; la seconde partie va de cette incisure au conduit auditif osseux et se dirige en arrière; la troisième partie enfin, formée par le conduit osseux, a une direction antérieure. La conséquence qui

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découle de ces sinuosités du conduit est la suivante : pour examiner le tympan il faut tirer le pavillon de l’oreille en haut et en arrière, de manière à faire disparaître les inflexions du conduit cartilagineux.

La paroi supérieure du conduit a une direction presque horizontale jusqu’à la membrane du tympan. La paroi inférieure est convexe et cette convexité est parfois si accusée qu’il en résulte un rétrécissement de la lumière du canal et par suite une difficulté pour apercevoir le tympan souvent masqué en avant.

Cette paroi inférieure forme avec le tympan un angle aigu (27°) dans lequel se logent facilement de petits corps étrangers (recessus du méat auditif externe). Elle est plus

ü. métallique do roroi.10 longue flue ja paroi supépar la partie supérieure, neure, de meme la paroi antensversales du conduit rieure offre une plus grande irne (grand et petit dia- i * r . , .

métro, d'après Bozoïd). longueur que la postérieure.

k. cartilage. - t.s= incigurc de santorini. Cette dernière se porte verti- = cônduît aXTcnrui“^neilt"-l. Cm- calement ou obliquement en «luit auditif osseux. arrière de manière à former

avec la face externe de l’apophyse un angle droit ou obtus; dans ce dernier cas la gouttière du sinus latéral est souvent très rapprochée du conduit.

c) Des dimensions. — La lumière du conduit est plus large aux deux extrémités qu’au milieu, elle se rétrécit dans le conduit cartilagineux uniformément de dehors en dedans; elle est particulièrement étroite dans le tiers interne du conduit osseux (isthme dans lequel s’enclavent les corps étrangers). La longueur de la portion osseuse est d’environ 14 millimètres, celle de la portion cartilagineuse de 21 millimètres, en tout 35 millimètres (Bezold),

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d) De la structure. — La peau du conduit auditif cutanéocartilagineux présente sous l’épiderme des papilles, des poils avec des glandes sébacées tubuleuses et environ 1500 glandes sudoripares , les glandes cérumineuses . Celles-ci sont composées de cellules épithéliales cubiques contenant des granulations brunâtres et sont situées dans la couche sous-cutanée; leurs canaux excréteurs, sinueux, s’ouvrent avec les poils et les glandes sébacées dans une fossette commune; leur produit de sécrétion pigmenté mélangé à l’épithélium et à la matière grasse des glandes sébacées forme le cérumen; celui-ci contient souvent des microorganismes pathogènes (Rohrer) et le demodex folliculorum. Dans le conduit osseux, la peau est beaucoup plus mince.

•y. Rocher. — Le rocher du nouveau-né se distingue de celui de l’adulte par un relief plus marqué des saillies osseuses et son moindre volume. D’une manière générale, il représente une pyramide quadrangulaire. Son bord antérieur forme avec le sphénoïde le trou déchiré antérieur qui livre passage à la carotide interne, à la trompe d’Eustache et aux deux nerfs pétreux superficiels; le bord supérieur présente une gouttière pour le sinus pétreux supérieur; le bord postérieur est creusé d’une gouttière pour le sinus pétreux inférieur et forme avec l’os occipital le trou déchiré postérieur; ce dernier est divisé en deux loges, l’une antérieure (par laquelle les nerfs glosso-pharyngien, pneumogastrique et spinal sortent du crâne), l’autre postérieure plus grande et qui renferme la veine jugulaire interne; le bord inférieur du rocher constitue une arête tranchante faisant suite au bloc osseux qui entoure l’apophyse styloïde.

La face antéro-supérieure du rocher présente à la pointe une dépression qui loge le ganglion de Gasser, en dehors deux gouttières parallèles conduisant chacune dans un orifice, l’interne contient le grand nerf pétreux superficiel et va à l’hiatus de Fallope, l’externe renferme le petit nerf pétreux superficiel et mène à l’orifice supérieur du canalicule tympanique (planche 4). A peu près au milieu, près du bord supérieur s’élève une saillie osseuse parfois déhis-

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cente et qui constitue alors dans ce cas une voie purulente du labyrinthe vers le cerveau au-dessous de laquelle se trouve le canal semi-circulaire supérieur (éminence arquée) (planche 2, 7, 8). En dehors enfin, on rencontre une lame de tissu osseux, lisse, renfermant des cellules pneumatiques, souvent mince comme du papier et déhiscente, particulièrement chez les brachycéphales : c’est le toit de la caisse et de l’antre (voie purulente de l’oreille moyenne à la fosse cérébrale moyenne); elle est unie à la portion squameuse du toit par la fissure pétro-squameuse. Sur le toit de la caisse et de l’antre repose la troisième circonvolution temporale, et en dedans, le lobule fusiforme du lobe occipital; en dedans de celui-ci, sur la pointe du rocher, se trouve la circonvolution de l’hippocampe qui forme la continuation du lobule lingual du lobe occipital (planche 10).

La face postéro-supérieure présente en son milieu une ouverture ovalaire, l’orifice du conduit auditif interne, par lequel pénètrent les nerfs auditif et facial, l’artère et la veine auditive interne (planche 2, 13, 4 et 5). Le fond du conduit auditif interne est divisé par une crête transversale ou crête falciforme en deux fossettes, une supérieure et une inférieure (fig. 14) ; la supérieure offre en avant vers la pointe du rocher un orifice pour le nerf facial, en arrière plusieurs petits canaux (tache criblée supérieure ou vestibulaire) pour le nerf utriculaire, le nerf ampullaire supérieur et externe; la fossette inférieure présente : en avant, de petits pertuis disposés en spirale ou crible spiroïde avec un orifice central pour le passage de la branche cochléenne, en arrière un orifice ou foramen singulare pour le nerf ampullaire postérieur, au-dessus de ces deux orifices existent plusieurs petits pertuis (tache criblée moyenne ou vestibulaire inférieure) pour le nerf sacculaire. Ce sont autant de voies purulentes du labyrinthe vers la fosse cérébrale postérieure. A la face postérieure du rocher on voit, principalement chez le nouveau-né, proéminer les canaux semi-circulaires supérieur et postérieur (planche 2); au-dessous, une fissure aboutit à l’orifice externe de l’aqueduc du vestibule (voie purulente du labyrinthe dans la fosse cérébrale postérieure, planche 2, 7). Le canal serai-

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circulaire supérieur est excavé par une petite fossette contenant du tissu conjonctif vasculaire (fossette subarquée [voie purulente de la partie interne du rocher dans la fosse cérébrale postérieure]. En arrière de l’orifice du conduit auditif interne le cervelet s’applique avec son grand sillon horizontal sur le rocher; en avant de cet orifice, entre le rocher et le pédoncule cérébelleux moyen, se trouve un diverticule latéral de l’espace sous-arachnoïdien. (Zuckerkandl, planche 10.)

La face postéro-inférieure du rocher présente entre l’apophyse mastoïde et l’apophyse styloïde le trou stylomastoïdien par lequel passent le nerf facial, l’artère et la veine stylo-mastoïdienne; plus en avant, l’os est creusé d’une dépression, en général plus profonde à droite : c’est la fosse jugulaire dont la cavité loge le golfe de la veine jugulaire (planche 5); cette dépression est parfois déhiscente et permet au pus de la caisse d’infecter directement la veine (planche 17). Le nerf auriculaire du pneumogastrique passe par un petit orifice de cette fosse pour aller à la fissure tympano-mastoïdienne. Cette face du rocher présente encore, en avant, l’orifice externe du canal carotidien par lequel la carotide interne entourée de son plexus veineux et sympathique pénètre dans le crâne. La paroi de ce canal osseux est criblée de petits orifices, conduits carotico-tympaniques, renfermant de petits rameaux vasculaires qui vont irriguer la caisse : ce sont encore des voies toutes tracées 'pour l’infection purulente (planche 5). La fosse jugulaire et l’orifice externe de ce canal carotidien délimitent une petite excavation osseuse ou fossette pétreuse qui loge le ganglion pétreux du pneumogastrique; c’est par un petit orifice de cette fossette (orifice externe du canalicule tympanique) que le nerf tympanique pénètre dans la caisse (planche 5). En arrière et en dedans se trouve l'orifice externe de l’aqueduc du limaçon, nouvelle voie purulente du labyrinthe vers l’espace sous-arachnoïdien de la fosse cérébrale postérieure.

A la face antéro-inférieure du rocher la carotide interne sort par l’orifice interne du canal carotidien; en dehors, séparé par une petite lamelle osseuse parfois déhiscente

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(voie purulente de la trompe d’Eustache à la carotide) se trouve le canal musculo-tubaire (planche 1, 5) divisé par une lamelle osseuse en une loge supérieure pour le muscle interne du marteau et une loge inférieure pour la trompe d’Eustache.

Le promontoire forme la paroi interne de la caisse; c’est une lame osseuse, convexe en dehors, et percée de deux orifices : la fenêtre du vestibule (f. ovale) et la fenêtre du limaçon (f. ronde) situées dans les fossettes de même nom (voies purulentes de la caisse vers le labyrinthe [planche 1, 5]). Le nerf et l’artère tympaniques traversent le promontoire dans une gouttière dirigée de bas en haut. Audessus et en avant de la fenêtre ovale existe pour l’insertion du tendon du muscle du marteau une lamelle osseuse ou apophyse cochléariforme qui forme la partie la plus reculée de la partie supérieure du canal musculo-tubaire; la partie inférieure constituant la trompe d’Eustache osseuse. L’orifice tubaire est situé dans la région antéro-supérieure de la caisse, il est entouré de cellules pneumatiques ou cellules tubaires qui s’étendent souvent jusqu’à la carotide et sont parfois infectées au cours1 des otites moyennes (planche 5). Le plancher de la caisse est excavé et parcouru par des cellules pneumatiques, ou cellules tympaniques, qui se contiennent souvent dans le temporal jusqu’à la carotide et le sinus pétreux inférieur; en arrière, Me plancher de la caisse, beaucoup plus lisse, constitue la voûte de la fosse jugulaire. Parfois, si la veine est très développée, il est bombé et déhiscent (bulle jugulaire). En arrière et au-dessous de la fenêtre du vestibule se trouve une petite saillie creuse (la pyramide), sur laquelle le muscle de l’étrier insère son tendon pour se porter de là vers la tête de l’étrier : c’est une voie que suit le pus pour se porter au nerf facial. Sur le côté de la pyramide, tout près du sillon tympanique, la corde du tympan sort par un petit orifice qui constitue encore une voie d’infection pour le nerf facial. Au-dessous de la pyramide, les cellules tympaniques s’ouvrent dans une fossette (sinus tympanique) limitée en haut par une petite lame osseuse (ponticule), en bas par une crête plus solide (subiculum [planche 1, 5]). Le promontoire se con-

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tinue en arrière et en haut avec la paroi interne de la coupole et de l’antre mastoïdien; on ne peut le découvrir qu’après avoir fait sauter le mur de la logette. La limite Intérieure de l’attique est formée par une saillie osseuse, ^convexe, de tissu compact, située au-dessus et en arrière de la fenêtre ovale; c’est au-dessous de ce relief osseux que passe le nerf facial, logé dans le canal facial, qui parfois est déhiscent, condition qui facilite l’infection et la paralysie du nerf.

Le nerf facial, après avoir émis le nerf auriculaire profond, entre dans le trou stylo-mastoïdien, se dirige en haut, entouré de tissu osseux compact (planche 3, 4, 5), dans le bord antérieur de l’apophyse mastoïde, à une profondeur ' qui correspond environ à la moitié de la paroi postérieure osseuse du- conduit auditif; il fournit la corde du tympan et le nerf de l’étrier; puis au niveau de la moitié inférieure de la paroi osseuse postérieure du conduit auditif, il se dirige en dedans, et se porte juste au-dessus de la fenêtre du vestibule jusqu’à l’hiatus de Fallope; là il forme le ganglion géniculé, fournit le nerf grand pétreux superficiel et l’anastomose avec le petit nerf pétreux superficiel. Il subit enfin une nouvelle inflexion à angle droit, et pénètre avec le nerf auditif et le nerf intermédiaire parle conduit auditif interne dans le cerveau entre la protubérance et le pédoncule cérébelleux moyen (fig. 14).

Au-dessus de la saillie du canal facial se trouve un relief osseux de tissu compact, horizontal : c’est la saillie du canal semi-circulaire externe; un foyer de carie à ce niveau constitue une voie purulente de l’attique vers le labyrinthe (planche 3, 5). Chez l’adulte, ce point, c’est-à-dire l’aditus, est distant de l’extrémité de la paroi postérieure osseuse du conduit auditif d’environ 6 millimètres (planche 3). Au point où la paroi postérieure de la caisse se continue avec le plancher de l’antre (5 millimètres environ au-dessous du toit de la caisse), la branche supérieure de l’enclume est fixée dans une petite fossette, la fosse de l’enclume (planche 4). Si, au cours de la trépanation de l’apophyse mastoïde le ciseau vient à déraper, il peut défoncer cette région osseuse et blesser le canal semi-circulaire ou le nerf facial et même les deux organes simultanément.

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La portion mastoïdienne est située en arrière du rocher. Chez le nouveau-né l’apophyse mastoide forme une petite saillie qui ne contient qu’une seule cellule, l’antre, en forme de haricot; il est placé en arrière de l’altique, sur le même axe qui passe par la trompe, la caisse et l’aditus. L’axe du conduit auditif (fig. 5) rencontre cet axe sous un angle de 30°. Il faut aussi noter que l’orifice tympanique de la trompe est situé plus bas que l’aditus. Chez le nouveau-né l’antre ressemble comme forme et comme volume à celui de l’adulte; il est long d’environ 12 millimètres, haut de 8 millimètres, large de 6 millimètres; il est immédiatement sous-jacent à la corticale de l’écaille; plus tard il s’enfonce dans la profondeur grâce à l’apparition des cellules mastoïdiennes (planche 6). Vers l’âge de trois ans ces cellules sont formées. La portion mastoïdienne proprement dite a fourni alors des cellules s’étendant en arrière vers la gouttière sigmoïde et dans la pointe de l’apophyse. L’écaille donne les cellules squameuses se prolongeant en bas jusqu’à la fissure squamo-mastoïdienne, en haut et en avant jusque dans l’apophyse zygomatique, en arrière jusque dans l’occipital. Les plus grandes cellules se trouvent souvent à la face postérieure (planche 6) et interne de la pointe de l’apophyse : parfois la corticale externe à ce niveau est déhiscente et offre une voie de passage facile pour le pus mastoïdien qui s’étale à la surface de l’apophyse (planche 25) . Toutes ces cellules convergent vers l’antre; les grandes, terminales, s’ouvrent dans des cellules de transition et celles-ci dans l’antre. Au point de vue de sa structure, parfois toute l’apophyse mastoïde est pneumatique (37 p. 100) ; le plus souvent elle est diploétique à la pointe et pneumatique en haut (43 p. 100); rarement elle est scléreuse sans aucune cellule (presque toujours alors elle est pathologique); elle est diploétique enfin dans 20 p. 100 des cas (Zuckerkandl). L’antre existe toujours mais parfois il est très petit. Selon ses dimensions il est plus ou moins rapproché de la surface de la mastoïde; le plancher de l’antre se trouve à environ 10 à 12 milllimètres au-dessous de l’épine de Henle; le canal semi-circulaire horizontal et le facial sont à environ 16 à 18 millimètres au-dessous de cette épine

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(planche 3,6); le fond de l’antre est à mi-hauteur de la paroi osseuse postérieure du conduit auditif, dont il est séparé par 5 millimètres d’os.

L 'apophyse mastoïde, très variable dans sa forme extérieure, présente souvent à sa surface la fissure squamomastoïdienne qui chez l’enfant constitue une voie toute tracée pour le pus mastoïdien (planche 1). La pointe de l’apophyse est recouverte par les insertions aponévrotiques du muscle sterno-cleido-mastoïdien; en arrière s’insèrent le splénius et le petit complexus ; à la face interne de la pointe dans la rainure digastrique le muscle digastrique; en dedans est creusé un sillon pour l’artère occipitale ; plus en dedans encore, l’apophyse jugulaire de l’occipital, l’apophyse styloïde, la fosse jugulaire et les muscles profonds de la nuque. Le périoste adhère fortement à l’os, principalement dans la fissure squamo-mastoïdienne. (Les fistules de la pointe laissent fuser le pus dans la gaine du sternomastoïdien ou au-dessous du muscle, plus rarement le long des gros vaisseaux jusque dans l’aisselle ou le long des muscles qui s’insèrent à l’apophyse styloïde, dans l’espace rétro-pharyngien et le thorax.) La paroi osseuse comprise entre l’antre et la fosse cérébrale postérieure, c’est-à-dire la corticale interne, est mince et spongieuse et présente quand elle est cariée la lésion de transition d’ostéite entre la mastoïdite et les complications craniocérébrales.

Sinus de la dure-mère. — La face postérieure de l’apophyse mastoïde est creusée de la gouttière sigmoïde (planche 5, 7, 11) qui loge la portion descendante du sinus latéral, située à ënviron un centimètre en arrière de l’épine de Henle. A trois centimètres en arrière de l’épine et de la pointe de l’apophyse se trouve un orifice, le trou mastoïdien qui donne passage à une veine émissaire de Santorini, faisant communiquer le sinus latéral avec la veine occipitale. La gouttière sigmoïde, comme la fosse jugulaire, est plus profonde à droite, particulièrement chez les brachycéphales (Kôrner), parce que le sinus latéral et la veine jugulaire du côté droit sont plus développés. Parfois le sinus est situé immédiatement sous la corticale externe et

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juste derrière la paroi postérieure du conduit (planche 17), disposition due à l’obliquité de cette paroi.

La plus grande partie du sang veineux du cerveau se porte dans le sinus longitudinal et le sinus latéral droit, l’autre partie dans le sinus droit et le sinus latéral gauche (fig. 4). Comme le courant sanguin qui se dirige du cerveau dans la veine jugulaire, le tronc brachio-céphalique et le cœur a un trajet plus direct à droite qu’à gauche, le sinus latéral et la veine jugulaire sont plus développés à droite qu’à gauche. Très schématiquement la circulation veineuse paraauriculaire peut être résumée de la sorte. Le sang veineux de l’œil (veine ophtalmique) et du sinus sphénopariétal se jette dans le sinus caverneux qui communique avec son congénère par le sinus coronaire de Midley; le sinus caverneux renferme la carotide interne, les nerfs trijumeau, oculo-moteur externe, oculo-moteur commun et pathétique. Le sinus caverneux et la veine auditive interne s’ouvrent dans le sinus pétreux inférieur et ce dernier aboutit au golfe de la veine jugulaire.

La veine de l’aqueduc du limaçon se jette directement dans le golfe de la jugulaire; la veine de l’aqueduc du vestibule s’ouvre dans le sinus latéral. Le golfe de la jugulaire est situé sur un plan plus élevé que la partie termb nale de la portion descendante du sinus latéral et cette disposition a pour but d’empêcher un écoulement de sang trop rapide par le sinus (Macewen). De petites veines de la caisse aboutissent dans le sinus pétreux supérieur qui relie le sinus caverneux au sinus latéral; le sinus pétreux inférieur communique avec le plexus vertébral antérieur par le plexus basilaire; le sinus occipital met en relation le sinus latéral avec le plexus vertébral postérieur. De petites veines se dirigent de l’apophyse mastoïde dans le sinus latéral, principalement dans sa surface antérieure convexe; la veine mastoïdienne passe par le trou mastoïdien et met en connexion la veine occipitale avec la veine jugulaire externe ; la veine émissaire de Santorini passe par le trou condylien postérieur et fait communiquer le sinus latéral avec le plexus vertébral. Toutes ces veines osseuses du temporal et du labyrinthe qui se jettent dans les sinus

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représentent autant de voies pour la propagation du pus. Ajoutons enfin que le sinus latéral est appliqué contre la < surface externe du cervelet (planche 10), d’où la fréquence | des suppurations de la loge cérébelleuse dans les thrombophlébites sinusales.

Les sinus sont des canaux rigides formés par deux feuillets de la dure-mère; leur disposition assure une circulation uniforme du sang dans le cerveau. Dans les thromboses sinusales ou après la ligature de la veine ; jugulaire, le sang s’écoule selon le siège du thrombus par les émissaires, ou rétrograde par les sinus côté opposé.

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