‹ Atlas manuel des maladies externes de l'oeil [electronic resource]Chapitre 52 sur 78 · III. — Traumatismes · texte numérisé non relu

III. — Traumatismes

Les traumatismes de la cornée ont une grande importance, non seulement à cause de leur fréquence, mais encore à cause de leurs conséquences possibles. Le traumatisme le plus léger et le plus superficiel peut ouvrir la porte à l'infection, et par suite à un processus, que le médecin n'est souvent en état d'arrêter que fort difficilement. Les corps étrangers s'implantent très fréquemment dans la couche superficielle de la cornée. Si petits qu'ils soient, au point qu'on a souvent de la peine à les voir, ils provoquent peu à peu une inflammation dont le siège devient de plus en plus visible, parce qu'il se forme un anneau grisâtre autour du corps étranger. S'il s'agit d'un corps étranger en fer, cet anneau est brun ou brun noirâtre. Si l'iris est brun, il s'en distingue malaisément au début, mais plus tard l'anneau déjà mentionné le met en évidence. Des corps étrangers blanchâtres (grains de sable, etc.) ne peuvent être distingués au début, quand l'iris est clair, qu'avec un examen soigneux de la réflexion cornéenne ou avec le secours de l'éclairage latéral.

TRAUMÀTISMES.

L'enkystement des corps étrangers dans la cornée est rare et ne survient guère que s'ils sont profondément enfoncés et s'ils n'ont pas des propriétés inflammatoires (parexemple, les grains de poudre).

Les piqûres ou les coupures profondes peuvent facilement perforer la cornée et ouvrir la porte au prolapsus de l'iris, ou tout au moins à une adhérence de l'iris dans la cicatrice.

Les corrosions et les brûlures de la cornée peuvent entraîner de grands désordres, en particulier s'il s'agit de corrosion par la chaux ( Voy. Pl. XIX et les remarques sur les traumatismes de la conjonctive).

Le traitement de tout traumatisme cornéen a pour but d'écarter l'infection, en particulier par le bandeau occlusif. Les corps étrangers doivent être de suite et totalement enlevés, au moyen du grattage avec un instrument pointu (couteau, aiguille à cataracte, etc.) ; s'ils sont superficiels, ils sont enlevés par le frottement avec la pointe d'une sonde entourée d'un peu d'ouate, trempée dans une solution de sublimé.

On doit d'ailleurs, après l'ablation d'un corps étranger, examiner soigneusement à la loupe et àl'éclairage latéral, s'il ne reste pas un débris du corps étranger. Il faut notamment prendre soin que l'anneau brun ou brun rougeàtre entourant souvent le fragment de fer que l'on voit briller soit complètement enlevé (Pl. XXI). On doit l'enlever par grattage, ce qui est même assez malaisé, surtout dans les premiers jours où il adhère solidement. L'atropine est inutile dans les cas récents, mais non pas dans les cas enflammés [et tendant à l'iritis]. Il faut appliquer ensuite un bandeau occlusif, qu'on supprimera seulement lorsque la surface traumatisée aura repris son miroitement normal, ou tout au moins ne se colorera plus par la fluorescéine, à cause de son revêtement épithélial. Si on abandonne en effet à elles-mêmes les plaies ainsi grattées, il peut survenir une kératite à hypopion ou une infiltration diffuse traînante.

Une occlusion soigneuse par le bandeau est également indiquée dans les grandes blessures de la cornée, particu-

MALADIES DE LA CORNÉE

lièrement lorsqu'il y a eu perforation. Tandis qu'avec les lésions précédentes le malade peut aller et venir pendant son traitement, il doit ici garder la chambre ou même le lit. Ce n'est que dans les prolapsus tout récents de l'iris (bien désinfecté avec la solution de sublimé à I/o 000) qu'on le réduira avec un instrument approprié (spatule), ce qui du reste ne réussit pas souvent. Si le prolapsus a déjà un ou deux jours de date et si l'on soupçonne qu'il s'est infecté pendant cet intervalle, la remise en place de l'iris pourrait entraîner une iritis

Planche XXVIII.

tt.Pannus trachomateux de la cornée.

Le sujet est une Italienne de trente-sept ans qui se plaint depuis des années d'une inflammation des deux yeux; elle a des cicatrices trachomateuses avec quelques rugosités papillaires à la paupière supérieure de cet œil, qui présente un pannus très caractéristique de la moitié supérieure de la cornée. Mais la malade se prêta malaisément à ce dessin, de telle sorte que la face interne de sa paupière supérieure ne fut pas reproduite, comme on en avait eu l'intention.

b. Phtisie antérieure du globe, dégénérescence avec rugosités de la cornée.

La malade, actuellement âgée de vingt-six ans, souffrit à l'âge de cinq ans d'une piqûre de l'œil droit avec un couteau : on voit encore nettement la cicatrice sombre de la blessure, courant obliquement vers le limbe cornéen. Elle ne se rappelle pas avoir vu avec cet œil.

Le ratatinement du segment antérieur de l'œil permet d'affirmer qu'il y a eu une cyclite traumatique. Comme il y a sur l'autre œil des restes d'iritis, il est permis de présumer qu'il y a eu une iritis sympatbique qui, par une exception extrêmement rare, a guéri spontanément, car la malade ne se souvient pas d'avoir eu d'inflammation consécutive sur l'œil gauebe. La cornée droite, rétrécie, est largement recouverte de rugosités épithéliales. [Il y a souvent aussi en plus, dans ces cas-là, des verrucosités byalines dans le tissu cicatriciel et même dans l'épitliélium. A. T.] Je diminuai cette difformité par un tatouage à l'encre de Chine.

c. Kératite parenchymateuse.

L'inflammation date de trois semaines, en sorte que nous avons affaire à une nébulosité déjà assez avancée qui s'est étendue dans la cornée en partaut du bord supéro-exlerne. Elle fut suivie d'une vascularisation marquée. Le caractère diffus de la kératite se reconnaît à la délimitation peu nette de l'infiltration. Étiologic : bérédo-syphilis.

Tab. 28.

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