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DÉPLACEMENTS

progressivement. Cette attraction en haut par exemple a pour résultat que la chambre antérieure est moins profonde en haut qu'en bas : en bas, l'iris tremblote, n'étant plus soutenu par le cristallin. Ce phénomène s'observe aussi, quand la zonule se rompt par un coup ou un choc sur l'œil, accident assez fréquent. Le cristallin peut être alors seulement plus ou moins déplacé latéralement, de façon à laisser voir quelquefois son bord comme une ligne arquée dans la pupille: il y a alors subluxation, tandis qu'il y a luxation si la lentille est tombée dans le corps vitré. Dans ce dernier cas, la pupille paraît extraorclinairement noire, parce qu'il lui manque le reflet légèrement grisâtre du cristallin normal : tout l'iris tremblote cette fois, et, à l'éclairage latéral ou avec l'ophtalmoscope, le cristallin se découvre dans le corps vitré sous forme d'un corps arrondi et mobile. Dans les cas heureux, il finit par adhérer et se fixer après un certain temps ; il est cataracté et diminué par une sorte de ratatinement. Mais plus fréquemment la lentille mobile entraîne une hypertension glaucomateuse, probablement par irritation des procès ciliaires qui produisent l'humeur aqueuse : ce processus peut aussi survenir avec la simple subluxation.

[Dans un cas que nous avons observé, il n'y avait aucune trace de chambre antérieure. L'iris était, partout entièrement accolé à la cornée, la pupille rétrécie et noire. Comme l'œil n'était pas cependant encore glaucomateux, nous mîmes une goutte d'atropine ; la dilatation pupillaire permit de voir, tout à fait à la périphérie supérieure de la chambre antérieure, le bord à reflet ambré du cristallin déplacé et transparent.

Dans un autre cas, le cristallin était pris et enclavé transversalement dans la pupille d'un œil du reste depuis longtemps glaucomateux, et présentait horizontalement le bord de sa circonférence.

Enfin nous avons aussi vu une fois un cristallin luxé directement en haut et suspendu horizontalement au corps ciliaire.

Il y a enfin des cas de cristallin absolument flottants et nageant tantôt dans la chambre antérieure tantôt dans le corps vitré.

Aussi presque chaque variété de déplacement du cristallin

MALADIES DU CRISTALLIN

nécessite une intervention opératoire à modifier suivant le cas.

Quant au glaucome consécutif, il peut être dû, soit à l'obturation des voies excrétoires de l'angle irido-cornéen (lorsque le cristallin est tombé dans la chambre antérieure, ou bien, lorsque, resté derrière l'iris, il l'accole au triangle de filtra* tion en le poussant vers la cornée), soit à l'irritation hypersécrétoire des procès ciliaires. L'angle irien peut en effet être complètement libre, comme nous l'avons démontré par l'examen histologique. A. T.]

À la subluxation spontanée ou congénitale et à la subluxation traumatique peut facilement succéder peu à peu la luxation. Quoique plus rarement, elle peut aussi se produire dans la chambre antérieure, où l'on peut trouver un cristallin soit encore transparent, soit déjà cataracte et ratatiné. Dans le premier cas, on a l'impression, à cause du reflet jaune et brillant du bord du cristallin luxé, que la chambre antérieure est remplie d'une grosse goutte d'huile. Le cristallin peut être complètement expulsé de l'œil dans les violentes contusions de l'œil avec rupture de la sclérotique. Cette expulsion peut également avoir lieu à travers une perforation cornéenne due à un large processus ulcéreux, lorsque le malade serre les paupières, quand on l'examine, ou autrement.

La luxation spontanée du cristallin dans le corps vitré peut survenir par une atrophie de la zonule consécutive au ramollissement du corps vitré dans la myopie extrême, la choroïdite antérieure ou le décollement rétinien. La zonule peut aussi finalement s'atrophier par le ratatinement d'une cataracte supra-mûre et la cataracte se luxe de même, dans la myopie élevée [une chute, un choc léger, ou seulement l'action de se baisser ou d'éternuer peut entraîner le même accident].

Le déplacement du cristallin entraîne aussi un affaiblissement visuel d'autant plus grand que le déplacement est plus complet. La subluxation entraîne de la myopie et de l'astigmatisme ; plus tard, la vue se trouble encore plus par l'opacification de la lentille. Si le cristallin a totalement abandonné le champ pupillaire, il se produit l'état appelé aphakie, d'où une diminution du pouvoir

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