Tuberculose
La tuberculose conjonctivale apparaît constamment sous une forme chronique, soit conjointement avec le lupus de la face, soit primitivement, et de telle sorte que presque toujours les ganglions, d’abord le préauriculaire, puis les sous-maxillaires, éclairent par leur
MALADIES de la conjonctive.
gonflement, et quelquefois leur caséification et leur suppuration, la nature grave de la maladie. Tantôtle processus paraît une affection absolument locale, c’est-à-dire qu’on ne trouve dans le reste de l’organisme aucune autre trace de tuberculose; tantôt le malade présente déjà d’autres symptômes d’infection tuberculeuse dés articulations, des poumons, des ganglions, etc. Quelquefois lei processus peut avoir le nez pour origine, envahir le sac lacrymal et finalement l’œil. Ici le tableau cliniqueest généralement celui d’un foyer plus ou moins étendu, sous forme d’une infiltration conjonctivale fqrmée parles tubercules, tantôt sous une forme nodulaire, tantôt étalée en surface. La végétation tuberculeuse est entourée d’un simple tissu granuleux plus ou moins développé, qui contribue en réalité à accroître le foyer, et dans lequel, si on l’enlève, on ne rencontre ni tubercules ni bacilles. On doit les cher-, cher dans la partie profonde de la végétation, et du reste, comme dans les autres formes chroniques de la tuberculose, on n’y trouve les bacilles qu’en très petit nombre.
Lorsque la néoplasie tuberculeuse est caséifiée, il s’y développe une ulcération; aussi trouve-t-on alors sur la conjonctive un ulcère tuberculeux, à fond caséeux ou lardacé, entouré de granulations. Entre les ulcères qui sont souvent multiples au cours de l’extension du processus, on trouve quelquefois aussi des tubercules miliaires, et en outre de véritables follicules, analogues'aux granulations trachomateuses, et qu’il ne faut pas confondre avec les tubercules. Lorsque le processus est. de longue durée, toute la conjonctive supérieure et inférieure est envahie ; peu à peu le globe de l’œil est atteintlui-même et la cornée peut s’opacifier complètement à la suite d’un pannus de plus en plus épais. Comme il survient quelquefois sur divers endroits de la conjonctive des cicatrices blanchâtres, l’aspect peut rappeler absolument le trachome, surtout lorsque le processus est, quoique rarement, bilatéral.
Les souffrances des malades sont en général assez faibles et leur intensité dépend surtout du catarrhe qui accompagne la maladie. Toutefois les kératites consé-