‹ Atlas manuel des maladies externes de l'oeilChapitre 9 sur 79 · EXAMEN A L’ÉCLAIRAGE LATÉRAL · texte numérisé non relu

EXAMEN A L’ÉCLAIRAGE LATÉRAL

dernier et aussi des points qui peuvent s’y trouver, nous sommes obligés d’approcher un peu la loupe de l’œil : mais alors la cornée n’est plus au foyer, de sorte que s’il y a en même temps des dépôts sur elle et des taches grisâtres dans la pupille, nous pouvons examiner convenablement'et séparément les deux choses, ce qui peut avoir une grande utilité. Les précipités deviennent encore plus clairement visibles grâce à l’artifice suivant, surtout recommandable lorsqu’ils sont à peine perceptiblesmême avec la loupe. Après les avoir placés enbonne lumière et avoir mis la loupe en bonne position, on n’a qu’à remuer un peu sa propre tête. Alors on verra aussi les points se remuer de façon à apparaître nettementtout d’un coup. Il est parfois difficile de les différencier de ceux qui peuvent se trouver sur la face antérieure de la cornée. On emploiera alors le moyen suivant. On jette sur la cornée un peu de poudre de calomel avec le pinceau que l'on emploie habituellement pour cela : cette poudre n’incommode pas le malade, si on l’emploie en petite quantité et très fine, en secouant bien le pinceau au préalable. On voit alors très facilement avec l’œil seul ou avec la loupe ce qui se trouve sur la face antérieure ou sur la face postérieure de la cornée, surtout si on fait de nouveau quelques mouvements avec la tête et si on déplace par un clignement la poudre projetée sur l’œil.

Lorsqu’on peut dilater la pupille, on réussit encore avec l’éclairage latéral à porter l’examen jusque dans le corps vitré : seulement on devra alors faire pénétrer la lumière perpendiculairement, et dans ce but placer la lampe tout près de soi et regarder aussi près que possible de la lentille, en rasant le cône d’éclairage qui pénètre dans l'œil.

On peut alors diagnostiquer dans la partie antérieure du corps vitré des corps étrangers, des hémorragies, des néoplasies, le décollement de la rétine, etc., et mettre nettement leur couleur en évidence.

5. —Éclairage des milieux de l’œil avec le miroir ophtalmoscopique.

Ce procédé d’examen constituera l’acte suivant de- 9 l’examen clinique de l’œil. Ce procédé si important, qui] H se pratique en envoyant simplement la lumière dans] H l’œil avéc l’ophtalmoscope, nous "montre beaucoup de; H choses que nous avons sans doute déjà vues à l’éclai-l H rage latéral, mais certaines d’une façon encore plus nettej^H Onpeutenparticulier mettre en évidence plus clairemenl^H encore la plus légère réaction pupillaire à la lumière.^H D’ailleurs , cette méthode est spécialement destinée à^^B rendre visibles les opacités des milieux réfrmgents," : B cornée, cristallin et corps vitré.

On produira cet éclairage de la lumière suivante. Après ^^B avoir repoussé la lampe à côté et un peu en arrière du .'fl malade, on dirige sur l’œil resté dans l’ombre la lumièreBB de la lampe qui se réfléchit sur le miroir ophtalmo-^H scopique, en sorte que la pupille, en s’éclairant, devient rougeâtre. Au moment où la lumière tombe sur elle, elle^H se rétrécit, alors qu’elle demeure aussi large qu’avant^B dans les paralysies pupillaires, de quelque nature que ce^H soit. Comme la lumière, après s’ôtre réfléchie sur le fond^^B de l’œil, ressort par la pupille, nous pouvons voir les^^B opacités qui se trouvent sur son trajet, comme des ombres ^B plus ou moins foncées, parce que les opacités arrêtent la ^B lumière; il en est ainsi en particulier pour les opacités cornéennes, celles du cristallin, les flocons du corps vitré, etc.^H Les opacités dues à la cataracte apparaissent très nettement de cette manière (PI. XXXIII, l, c), surtout celles ’^B qui sont très fines, par exemple dans la cataracte corti-^B cale, qui quelquefois est à peine marquée. En outre, on ^B voit bien en même temps les opacités siégeant aux pôles JH antérieur et postérieur du cristallin, avec un noyau .^B transparent ou peu trouble. Si l’on fait regarder l’œil en S haut et latéralement, tout en le maintenant dans la lumière, l’opacité polaire antérieure se déplace avec la ^B pupille, au milieu de laquelle elle reste. L’opacité -^B

EXAMEN OPHTALMOSCOPIQUE.

polaire postérieure, au contraire, reste à la même place et paraît descendre, quand le regard se dirige en haut, tandis que la pupille s’élève justement au-devant d’elle. L’opacité polaire postérieure dans la cirrhose (rétinite) pigmentaire de la rétine n’est vue convenablement, si elle est peu'accentuée, qu’avec ce mode d’examen. Elle se trouve toujours très près du reflet cornéen.

On peut encore combiner cet éclairage avec le grossissement par la loupe, fort utile pour les fines altérations de la cornée, de la chambre antérieure et du cristallin. Les vaisseaux excessivement lins qui existent souvent pendant longtemps dans la cornée à la suite de la kératite interstitielle, sont de la plus grande netteté avec ce miroir-loupe (lupenspiegel) et apparaissent comme des lignes noires très fines qui se détachent très nettement sur le fond rouge de la pupille, lorsqu’on a pu la dilater. Les précipités sur la cornée sont également très nets. On pratique cette combinaison, en examinant non pas avec le simple trou du miroir, mais en mettant derrière lui un fort verre convexe, comme on l’emploie du reste quelquefois pour l’examen ophtalmoscopique. Naturellement on doit alors s’approcher de l’œil de façon à mettre la cornée au foyer de ce verre convexe. Ce dernier ou son grossissement n’ont pas besoin d’être forts (-|-6 ou -f- 8 d). Mais, si on a à son miroir un verre +15 ou -f-16, on peut également s’en servir.

Dans tous les cas, on passe alors seulement à l’examen ophtalmôscopique proprement dit, que l’on commence toujours par l’examen à l’image renversée.

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