TURQUIE D'EUROPE
Ctéographie physique. Voy. la carte.
superficie. Les statistiques sont très-imparfaites.
Ethnographie. L'élément turc, c'est-à-dire, tartare proprement dit est en minorité dans la Turquie d'Europe, et, dans les familles musulmanes mêmes, il est très-aitéré par le mélange avec le sang circassien, parles femmes. Les autres éléments de la population sont, les Grecs et les Arméniens; et,dans les principautés surtout, les Roumains et les Slaves.
population. Rien de plus difficile que d'obtenir des statistiques exactes dans les pays musulmans, les femmes échappant d'abord à toute opération de relevé. On évalue approximativement la population de tout l'empire à 39 000 000 d'hab.; celle des Etats d'Europe à 15 730000, chiffre dans jequel les principautés danubiennes figurent pour 5100 000 hab., et le Monténégro, pour 130 000.
Gouvernement. Pouvoir absolu du sultan ; l'aîné de la famille succède au souverain et non son fils. L'autorité du chef de l'État est à la fois civile, militaire et religieuse; il est, aux yeux des Sunnites, la première autorité visible de l'Islam. Il est assisté par un divan ou conseil composé du grand vizir, du cheikh-el-islam, chef du corps religieux des Uhlémas, des 17 ministres. Le nom de divan, s'étend aussi à la chancellerie d'État , qui comprend la généralité des emplois supérieurs et inférieurs connus sous le nom de kalemiié (emplois de la plume). Il se compose de cinq rangs de fonctionnaires dont le plus élevé est asssimilé, dans l'ordre militaire, fondement de toute hiérarchie en Turquie, au grade de férik (général de division). Outre le divan il existe divers conseils spéciaux de l'empire, tels que conseils de justice, conseil suprême de la guerre, conseil de l'amirauté, etc.
Les 3 provinces danubiennes ont une constitution à part. (Voy. plus bas).
Religion. Rapportnumérique entre les différents cultes dans tout l'empire.
En Europe.
En Asie.
Ensemble.
Musulmans . .
Grecs et Armé-
Catholiques . .
La Porte reconnaît les diverses religions étrangères : Grecs unis: 1 patriarche; Arméniens non unis : 1 patriarche ; Arméniens unis : 1 primat : Grecs unis : 1 patriarche civil; Juifs : 1 grand rabbin. Les patriarches et archevêques catholiques, en Europe, sont ceux d'Antivari (Albanie), de Constantinopïe, de Durazzo, de PhUippopoli,
de Rhodes (Voyez plus bas, pour les principautés danubiennes) .
finances. Grande obscurité; les résultats approximatifs sont les suivants :
Malgré le déficit des années précédentes, les projets de budgets pour les exercices de 1862 à 1863 et de 1863 à 1864, qui ont été publiés par ordre du gouvernement, accusent les chiffres suivants :
1862 à 1863. Recettes. . .
— Dépenses . .
Excédant probable
1863 à 1864. Recettes. . .
— Dépenses . .
Excédent probable
Livr. Sterl.
Dette publique. — La dette publique était, au mois de mars 1 862, de 40 850 000 livr. sterl. environ ; la dette extérieure figurait dans ce chiffre pour une somme de 22 540 000 livr. sterl. On sait que cette dette s'est accrue depuis et s'accroît tous les ans.
Année. — I. Pour tout l'Empire l'armée permanente (nisam) est divisée en 6 corps d'armée (ordou), commandés chacun par un mouchir.
Chaque ordou est composé de deux corps, celui de la ligne (Nùamia) et celui de la réserve (Redif) : le premier est formé de 2 divisions, ayant chacune 4 régiments d'infanterie , 2 de cavalerie et 1 d'artillerie , commandé par un ferik-pacha ; le corps de réserve est aussi composé de 2 divisions, commandées par un liva-pacha.
Pour la ligne, l'effectif de chaque corps d'armée (6 régiments d'infanterie, 4 de cavalerie et 1 brigade de cavalerie), doit être de 30 000 h., ainsi celui des six corps ensemble est de 180 000 h. déficit 60 000, pour le moins, 3 corps pour l'Europe, 3 pour l'Asie.
Outre la ligne, actuellement d'environ 120 000 h., en temps de guerre, il y a encore la réserve (Redif) forte de 300000 h. [?] (d'après d'autres renseignements d'environ 126 000 h.).
II. Troupes auxiliaires, ou contingent des provinces, qui ne sont pas encore sujettes au nizam, et des États mi-souverains; elles comptent ensemble 100 000 h. environ. (Haute-Albanie, 10 000; Rosnie,30000 ; Servie, 20 000 ; principautés danubiennes, 7000; Egypte, 20 000; Tunis et Tripoli 10 000 h.)
III. Troupes irrégulières : Bachi-bozouks, gendarmes à pied et à cheval, Tatares de la Dobroutcha, etc., etc. Le nombre de ces troupes est évalué de 80 à 90 000 hommes.
D'après un rapport ministériel turc l'armée ottomane était constituée comme suit pendant la guerre
GÉOGRAPHIE CONTEMPORAINE. — N° ?3. Turquie d'Europe.
de la Crimée : Nizam, 105 235; Redif, 103 827; milices, 7741; total : 216893 h.
marine. — L'effectif de la flotte est évalué à 48 vaisseaux (dont 2 vaisseaux de ligne, 5 frégates, 6 corvettes, 5 bricks, 18 vapeurs) portant ensemble 1218 canons et montés par 34000 soldats et matelots.
On a de plus construit 23 vapeurs à hélice de différentes dimensions, armés, ensemble, de 820 canons.
Commerce.— On n'a pas de renseignements détaillés sur le commerce général de la Turquie pendant les dernières années. L'importation générale de la Turquie proprement dite et des pays tributaire, est évaluée, pour 1862 et 1863, à 1300 millions, et l'exportation à 1200 millions de francs.
lïivisions administratives. Le territoire de l'empire ottoman est divisé en eyalets ou gouvernements généraux dont les administrateurs portent le titre de Vali (gouverneur général). Les eyalets sont subdivisés en livas (provinces, à la tête desquels sont des Kaïmakans (lieutenants-gouverneurs) . Les livas se divisent en cazas (districts) , les cazas en nahiyés , composés de villages et de hameaux.