Prise d'Olynthe par Philippe
Mort du philosophe Platon. Speusippe lui succède dans la direction de l'Académie.
346. Ein de la guerre sacrée. Les Béotiens, épuisés par dix années d'hostilités continuelles, invoquent le secours de Philippe. Celui-ci endort les Athéniens par un simulacre de paix, traverse rapidement la Thessalie, franchit les Thermopyles et arrive en Phocide avec des forces considérables.
. Phalécus, successeur de Phaylle, abandonne le pays. Les Phocidiens se soumettent aux conditions que Philippe et le conseil amphictyonique leur imposent. Philippe est reçu membre du conseil amphictyonique, où il possédera les deux voix des Phocidiens, et obtient l'intendance du temple de Delphes.
Denys le jeune rentre dans Syracuse.
345. Les Romains s'emparent de Sora, située à l'extrémité orientale du pays des Volsques, attaquent le pays des Aurunces et touchent à la Campanie.
344. 2° Philippique de Démosthène, qui éveille l'attention des Athéniens sur les intrigues de Philippe dans le Péloponnèse. Ce prince force les Lacedémoniens à reconnaître l'indépendance de Mégalopolis, de Mantinée et de Messène.
Le roi de Ferse Ochus réprime la révolte de l'Egypte.
343. Timoléon, envoyé par les Corinthiens au secours de Syracuse, se rend maître de cette ville et fait partir le tyran Denys le jeune pour Corinthe. Timoléon chassera aussi tous les autres tyrans de la Sicile et repoussera les Carthaginois.
342. Philippe étend ? on empire du côté de la Thrace, malgré l'habileté de l'Athénien Diopithe.
Naissance du grand poëte comique Ménandre, fils du général Diopithe. — Isocrate, rhéteur athénien, compose à l'âge de 94 ans son discours le Panathénaique. — Aristote devient le maître d'Alexandre.
Les Samnites attaquent les Sidicins et les Capouans. Ces derniers font donation de leur ville et de leur territoire aux Romains, qui prennent alors parti pour les Campaniens contre les Samnites. Victoire du consul Valérius Corvus, près du mont Gaurus.
341. Progrès de Philippe en Thrace. — Discours de Démosthène sur la Chersonèse. — Les Grecs sollicitent l'appui des Perses. — Siège de Périnthe par Philippe.
Av. J.-C.
Révoltes des légionnaires en garnison à Capoue.
Ils arrachent au sénat d'importantes concessions. 340. Philippe attaque Byzance, défendue à la fois
par les Perses et les Grecs.
Les Latins se soulèvent. Manlius sacrifie son
fils à la discipline militaire; Décius se dévoue.
Les Latins sont deux fois vaincus? une première
fois à Veséris, une seconde entre Smuessa et Min-
turnes. Le Latium et la Campanie se soumettent.
2e traité entre Rome et CarLhage.
339. Les Athéniens contraignent Philippe à lever le siège de Périnthe et de Byzance. Ce prince dirige une expédition contre les Scythes du Danube.
Le dictateur plébéien Publilius Philo fait passer les lois suivantes : 1° les plébiscites seront obligatoires pour les deux ordres; 2° toute loi présentée à l'acceptation des comices centuriates sera à l'avance approuvée par les curies et le sénat; 3° on choisira toujours l'un des censeurs parmi les plébéiens; les deux consuls pourront être de cet ordre.
338. 2e guerre sacrée suscitée par les intrigues d'Eschine contre les Locriens d'Amphissa, accusés d'avoir labouré le champ cyrrhéen consacré à Apollon. Philippe, chargé, de l'exécution de la sentence, s'empare du territoire des Locriens et surprend Elatée, qui lui ouvre l'entrée de la Phocide et de la Béotie. — Les exhortations de Démosthène unissent les Athéniens et les Thébains contre l'ennemi commun. — Victoire de Philippe à Chéronée. Anéantissement de l'indépendance de la Grèce. — Congrès de toute la Grèce à Corinthe, où Philippe est proclamé généralissiii-e des Grecs contre les Perses.
L'eunuque Bagoas fait périr le roi Ochus et tous ses fils, à l'exception du plus jeune, Arsès, quïl place sur le trône.
338-314. Soumission entière et durable des nations des deux Latium (Latins propres, Volsques, Ausones, Aurunces, Campaniens). Par les privilèges qu'elle leur concède aussi bien que par les précautions qu'elle prend contre eux, Rome réduit ces nations à n'avoir plus désormais d'autre volonté, d'autres intérêts, d'autre fortune que les siens. Il ne reste plus dans ces deux contrées à soumettre que le petit canton des Êques.
337. L'orateur Lycurgue fait condamner à mort le général Lysiclès, un de ceux qui commandaient à Chéronée, et fait voter des statues à Eschyle, à Sophocle et à Euripide.
Second mariage de Philippe du vivant d'Olyrnpias. Préparatifs pour la guerre contre la Perse. Mort de Timoléon, le libérateur de la Sicile. Publilius Philo, premier preteur plébéien.
336. Philippe de Macédoine périt victime d'une vengeance particulière. Son fils Alexandre lui succède à l'âge de vingt ans. — Agitation générale produite en Grèce par la mort de Philippe. Alexandre déjoue par son activité les projets de défection. Il convoque une nouvelle assemblée des Grecs à Corinthe, et se fait conférer le titre de généralissime pour la guerre contre les barbares. Mort d'Arsès assassiné par Bagoas. Avènement de Darius III Codoman, arrière-petit-fils de Darius II Nothus.
335. Expédition d'Alexandre contre les Thraces et contre les Illy riens révoltés. Il fait rentrer ces peuples sous sa domination. — Soulèvement des Thébains sur la fausse nouvelle de la mort d'Alexandre. — En peu de jours, celui-ci arrive devant Thèbes, qu'il prend et détruit de fend en comble. Il n'épargne que la citadelle, les temples et la maison du poëte Pindare. Athènes, complice de Thèbes, devait livrer les orateurs, dont les principaux étaient Démosthène et Lycurgue, mais
CHRONOLOGIE. — TABLES
AV. J.-C
sur l'intercession de l'orateur Démade, Alexandre se contente de l'exil de Charidème.
334. Aristote vient commencer à Athènes l'enseignement philosophique du Lycée.
Alexandre s'embarque pour l'Asie au commencement du printemps et traverse l'Hellespont avec une armée de 35 000 hommes. Il avait laissé à Antipater le gouvernement de la Macédoine. — Bataillé du Granique. — Soumission de la plus grande partie de l'Asie Mineure. Milet et Halicarnasse sont vainement défendues par Memnon le Rhodien, seul général habile de Darius.
333. Memnon entreprend de couper à Alexandre ses communications avec la Grèce. Il s'empare de Ghio et de Lesbos, mais sa mort délivre les Macédoniens d'un adversaire qui aurait pu devenir redoutable. En même temps, les généraux de. Darius engagent Agis, roi de Lacédémone, à faire une diversion en leur faveur, en attaquant les Macédoniens du côté de la Grî.ce.
Alexandre traverse et subjugue la Pisidie, la Phrygie (nœud gordien) et la Cilicie. — Sa maladie à Tarse ; sa confiance dans son médecin Philippe. — Défaite de Darius à Issus. — Alexandre poursuit son plan de s'emparer des côtes de l'empire perse. Commencement du siège de Tyr.
332. Alexandre le Molosse, roi d'Epire, oncle d'Alexandre le Grand, qui était venu prêter son appui aux Grecs de Tarente contre les Lucaniens et les Samnites, conclut un traité d'alliance avec les Romains.
Prise de Tyr par Alexandre après sept mois de siège; de Gaza, après deux mois. Suivant Flavius Joseph, Alexandre serait allé à Jérusalem.
331. Fondation d'Alexandrie, au N. 0. des bouches du Nil. Alexandre visite le temple de Jupiter Ammon. — Il revient d'Egypte par la Phénicie, passe l'Euphrate et le, Tigre, rencontre Darius dans la plaine de Gaugamèle, à 600 stades de la ville d'Arbèles, en Assyrie, et remporte sur lui une victoire qui lui livre les trois capitales de l'empire, Babylone, Suse et Persépolis.
330. Grande lutte politique et oratoire entre Démosthène et Eschine, au sujet de la couronne que Gtésiphon avait fait décerner à Démosthène en récompense de son dévouement àla patrie. Eschine vaincu se retire à Rhodes. — Philénion, poète de la comédie nouvelle, fleurit à Athènes.
Les Lacédémoniens et leurs alliés d'Achaïe, d'Elide et d'Arcadie, prennent les armes contre les Macédoniens. Antipater arrête ce mouvement en battant Agis près de Mégalopolis.
Alexandre poursuit Darius dans sa fuite à travers la Médie, le pays des Parthes, et jusqu'aux frontières de l'Hyrcanie, où il apprend que ce prince a été assassiné par Bessus, satrape delaBactriane. — Bessus, qui a pris le titre de roi de Perse, est poursuivi par Alexandre à travers l'Hyrcanie et l'Arachosie jusqu'à Bactres, qu'il quitte pour se sauver en Sogdiane. — Alexandre, dans sa marche, fonde plusieurs villes de 'son nom, dont quelques-unes ont obtenu depuis une grande importance. — Mort de Philotas; assassinat de Parménion.
329. Alexandre franchit l'Oxus et entre dans la Sogdiane en poursuivant Bessus, qui lui est livré par le satrape Spitamène. — Prise de Maracanda, ville royale des Sogdiens. — Fondation d'une Alexandrie sur les bords de l'Iaxarte, après une victoire sur les Scythes.
328. Révolte de la Sogdiane et de la Bactriane, à l'instigation de Spitamène. Alexandre ne se rend maître de ces provinces qu'avec beaucoup de peine. — Il épouse Roxane, fille du Sogdien Oxyartès. — Meurtre de Clitus.
AV. J.-C
327. Alexandre veut se faire adorer, à la manière des rois de Perse. Mécontentement des Macédoniens. Conspiration et supplice d'Hermolaùs. Le philosophe Callisthène, impliqué dans cette conspiration, est mis à mort. — Expéditions dans les régions montagneuses à l'O. de l'Indus, et passage de ce fleuve.
Première ligue des Samnites, Tarentins, Lucaniens, Vestins contre les Romains. — Siège de Palépolis, en Campanie? par Publilius Philo, qui s'en empare l'année suivante, avec le titre nouveau de proconsul.
326. Alexandre arrive à l'Hydaspe qu'il franchit, défait le roi Porus et pousse jusqu'à l'Hyphase, où le mécontentement de ses soldats le contraint de s'arrêter. — Ayant regagné l'Hydaspe, il s'embarque sur ce fleuve, qu'il descend jusqu'à sa jonction avec l'Acésines et avec l'Indus; et, après avoir couru les plus grands dangers, surtout chez les Oxydraques et les Malliens, il arrive à Pattala, près de l'endroit où l'Indus se jette dans l'Océan.
Loi Pœtelia, qui portait défense de retenir dans les fers d'autres individus que ceux qui auraient mérité d'être punis pour un crime; les condamnés ne pouvaient être détenus que pour le temps de la peine indiqué par la loi. Il n'était plus permis aux créanciers que de saisir les biens; on leur enleva tout droit sur les personnes.
325. L'armée reprend la route de terre à travers la 1 Gédrosie et la Carmanie jusqu'en Perse, tandis que la flotte, conduite par Néarque, reconnaît les cotes de l'Océan depuis l'embouchure de l'Indus jusqu'au golfe Persique.
Victoires de Papirius Cursor sur les Samnites. 324. On lit aux jeux olympiques un décret d'Alexandre, en vertu duquel tous les exilés étaient autorisés à rentrer dans leur patrie.
Alexandre se rend à Suse, où il est rejoint par Néarque après quatre mois de navigation. Il travaille dès lors à consolider son empire et à établir une fusion entre les Perses et les Macédoniens. Mariages de 10000 Macédoniens ou Grecs avec des femmes indigènes. Admission de 30 000 épigones, l'élite de la jeunesse asiatique, dans les rangs de l'armée grecque. — Mort d'Ëphestion. 323. Mort du philosophe Diogène, à Corinthe. — Epicure vient à Athènes, à l'âge de dix-huit ans.
Alexandre reçoit à Babylone des ambassades de la plupart des peuples connus et fait des préparatifs pour de nouvelles conquêtes, lorsqu'il meurt à l'âge de trente-deux ans et dix mois, après onze jours de maladie. Il laisse un frère imbécile, Philippe Arrhidée, un fils posthume, Alexandre Aigus, qui sont déclarés rois par les généraux. Meurtre de Méléagre. Régence de Perdiccas. L'empire d'Alexandre est partagé entre trentequatre généraux. Séleucus n'a que le commandement de la cavalerie. — Révolte des colons grecs dans la haute Asie ; elle est comprimée par Pithon, gouverneur de Médie. En Grèce, Antipater est vaincu et assiégé dans Lamia par Léosthènes.
322. Résistance d'Ariarathe, qui refuse d'abandonner son royaume à Eumène. — Cratère secourt Antipater; les Grecs sont vaincus à Cranon; fin de la guerre Lamiaqùe. — Les Athéniens se rendent à discrétion. Antipater leur donne un gouvernement aristocratique, à la tête duquel il met Phocion et réduit le nombre des citoyens à 9000, en transportant dans la Thrace tous ceux, au nombre de 12 000, dont la fortune est inférieure à 2000 drachmes. — Mort violente de l'orateur Hypéride, qui avait prononcé l'oraison funèbre ae Léosthènes. — Démosthène, pour ne pas tomber entre les mains d'Antipater, s'empoisonne. — Mort
TEMPS ANCIENS
AV. J.-C
d'Aristote, à Chalcis, après avoir enseigné à Athènes près de treize ans, de 335à 323. — Théophraste lui succède dans son école des Péripatéticiens.