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Les Romains se rendent maîtres de Panorme

251. Prise de Sicyone par Aratus et réunion de cette ville à la ligue àchéenne.

CHRONOLOGIE

TABLES

Av. J.-C.

250. Vers cette époque, formation, aux dépens de l'empire des Seleucides, des royaumes de Bactriane et de Parthie. Le premier est fondé par le Grec Théodote, gouverneur en Bactriane pour le roi de Syrie, et le deuxième par Àrsace, d'origine scythique.

249. Désastre du consul Claudius Pulcher, défait sur mer par les Carthaginois, près de Drépane.

247. Hamilcar Barca est mis à la tête des troupes carthaginoises en Sicile. Il s'établit sur le mont Éryx, d'où, pendant 6 années, il tient en échec les Romains.

246. Mort d'Antiochus Théos, roi de Syrie, assassiné par sa femme, Laodice, qu'il avait répudiée. Séleucus II Callinicus lui succède.

245. Aratus est nommé pour la première fois stratège des Achéens.

243. Aratus, stratège des Achéens pour la deuxième fois, délivre Corinthe de la domination macédonienne et la fait entrer dans la ligue achéenne. Agis IV, roi de Lacédémone, médite de rétablir la législation de Lycurgue.

A Rome, outre le préteur de la ville {prœtor urbanus), on crée un second préteur (prœtor peregrinus) pour décider des affaires judiciaires concernant les étrangers et les procès de ces derniers avec les citoyens romains.

241. Victoire du consul Lutatius Catulus, près des îles Ëgates, sur la flotte carthaginoise. Les Carthaginois demandent et obtiennent la paix aux conditions suivantes : aucun des deux peuples ne pourra donner des ordres à l'autre, ni lever des troupes dans ses États. Les Carthaginois céderont aux Romains la partie de la Sicile qui leur appartient, et les îles entre la Sicile et l'Italie; ils rendront les prisonniers sans rançon et payeront 3 mille talents (18 millions de "notre monnaie) dans l'espace de 10 ans. Fin de la l''e guerre punique.

241-238. Les Carthaginois cherchent à s'indemniser des pertes qu'ils ont faites pendant la première guerre punique en retranchant une partie de leur paie à leurs mercenaires, qui se révoltent et soutiennent une lutte de trois ans et demi, dite guerre inexpiable.

24t. Invasion des Étoliens dans le Péloponnèse; Aratus marche à leur rencontre avec l'armée des Achéens et de leurs alliés; puis, renonçant à leur livrer bataille, il les laisse passer et renvoie ses alliés. Parmi ces derniers, était Agis IV avec un corps de troupes lacédémonienhes. — Pendant l'absence d'Agis IV, une révolution éclate à Sparte. Léonidas II, son collègue, qu'il avait fait exiler et remplacer par Cléombrote, gendre de Léonidas, est rappelé et rétabli sur le .trône; lui-même; peu après son retour, est mis à mort avec toute sa famille. En lui s'éteint la première maison des rois de Sparte ou des Proclides.

Attale, neveu et successeur d'Eumène, commence à Pergame un règne de 44 ans.

A Rome, la formation de deux .nouvelles tribus porte définitivement leur nombre à 35 (31 de la campagne et 4 de la ville).

Aristophane, de Byzance, grammairien, fleurit à Alexandrie.

240. Livius Andronicus fait représenter des pièces de théâtre à Rome, un an avant la naissance du poète En^jus.

239. Démétrius II succède à son père, Antigone Gonatas, sur le trône de Macédoine.

238. Hamilcar Barca passe en Espagne, avec son fils Annibal, âgé de 9 ans.

Les Romains commencent contre les Boïens et les Ligures de la Gaule Cisalpine, en deçà du Pô, une lutte longue et sanglante.

Av. J.-G.

236. Cléomène III succède, à Sparte, à son père Léonidas. Il a épousé la veuve d'Agis IV et reprendra les projets de ce prince.

■ Soumission de la Corse et de la Sardaigne par deux armées consulaires.

235. Le temple de Janus est fermé pour la deuxième fois (la première fois sous Numa).

Cn. Nasvius compose un poëme épique sur la lrc guerre punique.

232. Le tribun C. Flaminïus propose, par une loi agraire, l'établissement de colonies dans le territoire du Picénum , qui confine au pays des Gaulois Sénons. Le sénat s'y oppose et les disputes se rallument entre les deux ordres. En vain le père de Flaminius arrache son fils de la tribune aux harangues; la loi passe peu après et les colonies sont établies. Cette circonstance provoque les Boïens à prendre de nouveau les armes.

231. Sp. Carvilius donne le premier l'exemple d'un divorce légal.

229. Progrès de la ligue achéenne, qui embrasse presque tous les peuples de la Grèce centrale et du Péloponnèse. Sparte, la Messénie, l'Ëlide et quelques portions de l'Arcadie restent seules en dehors. — Antigone Doson succède en Macédoine à Démétrius, dont le fils Philippe était trop jeune pour régner.

En Espagne, à la mort d'Asdrubal Barca, son gendre, Amilcar, prend le commandement des forces carthaginoises.

228. Teuta, reine d'IUyrie, fait la paix avec les Romains. Ceux-ci occupent une partie de l'Illyrie, et donnent le gouvernement du reste à Démétrius, de Pharos.avec la tutelle du jeune Pinéus, fils de Teuta. Des députés romains sont envoyés aux Achéens et aux Ëtoliens, pour leur faire part des résultats de cette guerre. Ils sont admis par les Corinthiens aux jeux isthmiques. A Athènes, on les initie aux mystères.

227. Lutte malheureuse soutenue contre Cléomène, roi de Sparte, par Aratus, qui voulait contraindre les Lacédémoniens, les Éléens et une partie des Arcadiens à entrer dans la ligue achéenne.

Traité des limites, par lequel les Carthaginois s'engagent à ne pas étendre leurs conquêtes au delà de l'Ëbre et à respecter tous les alliés des Romains. — Fondation de Carthagène par Asdrubal. — Création de deux nouveaux préteurs pour gouverner : 1° la Sicile, première province romaine; 2° la Corse et la Sardaigne.

225. Cléomène, vainqueur des Achéens en Arcadie, croit pouvoir exécuter les projets d'Agis IV. Il laisse son armée en Arcadie, court à Sparte avec quelques soldats étrangers, fait égorger les éphores, exile 80 des principaux citoyens, et rétablit les institutions de Lycurgue.

Les Boïens et les Insubriens s'allient ensemble contre les Romains et appellent les Gésates, Gaulois Transalpins, à leur secours. La république met sur pied près de 800 000 soldats. Les Gaulois, vainqueurs près de Clusium, dans un premier combat, d'un préteur et de 50 000 Romains, sont exterminés, près de Télamone, par les consuls Attilius Régulus et iEmilius Papus.

Q. Fabius Pictor. le plus ancien historien romain, a écrit en grec.

Mort de Séleucua II Callinicus roi de Syrie; avènement de Séleucus III, Céraunus.

224. Cléomène demande à ia ligue achéenne, pour prix de la paix et de son accession à la ligue, le titre de généralissime. Aratus s'y oppose et fait passer un décret par lequel les Achéens nomment Antigone, roi des Macédoniens, généralissime de la ligue et s'engagent à lui livrer l'Acrocorinthe. Tremblement de terre à Rhodes. Le colosse est renversé.

TEMPS ANCIENS

AV. J.-C

223. Antigone Doson, malgré la résistance de Cléomène, prend possession de l'isthme de Corinthe. Succès remportés par le consul C. Flaminius sur les Insubriens, au N. du Pô.

222. Cléomène, vaincu à Sellasie par Antigone, se retire en Egypte. Antigone entre à Sparte en vainqueur, abolit toutes les réformes opérées par Cléomène, suspend la royauté, et donne à la ville un gouverneur béotien, nommé Brachillus. Rappelé en Macédoine par une invasion des lllyriens, il quitte le Péloponnèse, après avoir laissé des garnisons à Orchomène et dans l'Acrocorinthe.

Mort de Ptolémée Ëvergète. Avec son fils, Ptolémée Philopator, commence la décadence de l'empire des Lagides. — Ératosthène, de Cyrène, fleurit à Alexandrie. Il est l'auteur d'un système de géographie, basé sur les mathématiques, qui fit autorité dans les écoles durant quatre siècles.

Sélencus Céraunus, roi de Syrie, qui venait de commencer une guerre contre Attale, roi de Pergame, périt assassiné. Son îrère, Antiochus III, lui succède.

Le consul M. Claudius Marcellus tue Viridomare, roi des Gésates, sous les murs de Clastidium, et remporte la victoire sur ce peuple, auxiliaire des Insubriens. Il offre les troisièmes dépouilles opimes.

221. Conquête de l'Istrie par les Romains. 220. Mort d'Antigone Doson, roi de Macédoine. Avènement du jeune Philippe III, son neveu, âgé de 15 ans.

Les Ëtoliens déclarent la guerre aux Messéniens. Ils débarquent en Achaïe, sous les ordres de Scopas et de Dorimaque, traversent le Péloponnèse, pour se rendre dans la Messénie, qu'ils ravagent complètement, et, à leur retour, défont, près de Caphyes, les Achéens, commandés par Aratus. Sur l'invitation des Achéens, Philippe passe dans le Péloponnèse, convoque à Corinthe les députés de la ligue, et déclare la guerre aux Ëtoliens. Commencement de la guerre dite des deux ligues, qui durera 3 ans.

Guerre entre Byzance et Rhodes. Prusias, roi de Bithynie, se prononce pour la seconde. — Guerre entre Mithridate IV, roi de Pont, et la ville de Sinope.

219. Prise de Sagonte, ville alliée des Romains, par Annibal,, après un siège de 8 mois. Les Romains déclarent la guerre aux Carthaginois.

Les Romains, sur un vain prétexte, attaquent Démétrius, de Pharos, et le forcent à sortir d'Jllyrie. Ils imposent un tribut à la partie de l'Illyrie laissée à Pinéus.

Mort de Cléomène à Alexandrie, dans une émeute qu'il avait provoquée contre son hôte, le roi Ptolémée Philopator. Fin de la seconde maison des rois de Sparte ou des Agides. Les Spartiates massacrent les éphores nommés- sous l'influence d'Antigone Doson, et élisent deux rois : Agésipolis, petit-fils de Cléombrote, et Lycurgue. Ce dernier chasse de Sparte son jeune collègue, avec lequel finit la race des Héraclides. Lycurgue se déclare pour les Ëtoliens contre les Achéens et Philippe de Macédoine.

Archagatus, le premier médecin que les Romains aient eu, arrive du Péloponnèse à Rome, où il reçoit le droit de cité et un traitement de la république. Il est expulsé quelque temps après. 218 Philippe de Macédoine prend Thermus, capitale de l'Etolie, et la ruine.

Attale Ier, roi de Pergame, soumet avec l'aide des Gaulois, qu'il a fait venir de la Thrace, les villes de Cyme, Smyrne, Phocée, Téos, Colophon, Lemnos, etc.

Ptolémée IV Philopator et Antiochus III se disputent la Célésyrie ou Syrie creuse.

Av. J.-C.

Annibal entre dans les Gaules, il évite de combattre Scipion et passe les Alpes. P. Cornélius Scipion est défait au Tésin par Annibal, qui franchit le Pô et bat Tib. Sempronius à la Trébie. Le nord de l'Italie se donne à Annibal ; il rassemble jusqu'à 90000 soldats.

217 Défaite d'Antiochus III à Raphia; il perd la Palestine, la Phénicie et la Cœlésyrie qu'il avait enlevées naguères aux Egyptiens.

Les Ëtoliens demandent la paix ; elle leur est accordée, à condition que chaque peuple gardera les conquêtes qu'il a faites pendant la guerre. Fin de la guerre des deux ligues.

Annibal passe l'Apennin et entre en Etrurie. Il traverse les marais de Clusium. Il défait Flaminius, près du lac Trasimène. Le prodictateur Fabius Maximus pourvoit à la défense de Rome; sa politique de temporisation lui fait donner le surnom de Cunctator.

La religion de Bouddha pénètre en Chine.

Vers cette époque écrit L. C. Alimentus, qui a raconté aux Romains l'époque d'Annibal.

216 Mort d'Hiéron II, roi de Syracuse. Hiéronyme, son petit-fils et son successeur, se déclare pour les Carthaginois.

Antiochus III lutte contre le rebelle Achéus, qui se défendra deux ans dans la ville de Sardes.

Annibal triomphe à Cannes, en Apulie, des Romains commandés par le consul plébéien Térentius Varron et Paul Emile, qui se fait tuer. — Annibal, battu une 1" fois devant Noie par Marcellus, passe l'hiver à Capoue. Il restera encore 12 ans en Italie. — A Rome, on nomme un dictateur, Junius Péra. Le sénateur Fabius Pictor, historien dont nous n'avons plus les écrits, est envoyé à Delphes afin de consulter l'oracle sur les destins de Rome.

215 Victoire du roi Prusias sur les Galates.

Annibal conclut un traité d'alliance offensive et défensive avec Philippe de Macédoine, qui engage avec lui ses alliés les Grecs. — Il est battu une 2e fois devant Noie par Marcellus.

214 Antiochus essaye, mais vainement, de ramener sous sa domination la Parthie et la Bactriane.

A Syracuse, Hiéronyme est assassiné. Hippocrate et Ëpicyde se mettent à la tête du gouvernement de Syracuse. — Rome déclare la guerre à Syracuse, et bientôt le consul M. Marcellus en commence le siège, qui durera 2 ans.

Annibal est repoussé une 3e fois au siège de Noie. Son lieutenant Hannon est défait près de Bénévent, par Sempronius Gracchus, et perd 16000 hommes. — Loi Oppia, qui défendait aux femmes de porter dans leur parure plus d une demi-once d'or, de se vêtir d'une robe de différentes couleurs, de faire usage de voitures à Rome ou dans d'autres villes, et à un mille de là, si ce n'est à l'occasion d'un sacrifice public.

213 Philippe fait emprisonner Aratus. — Cédantaux instances de Démétrius de Pharos, qui s'est réfugié auprès de lui, il se dispose à aller attaquer les Romains en Italie. Il rassemble 120 galères à 2 rangs de rames et débarque sur la côte d'IUyrie. Il s'empare de la ville d'Oricum et assiège Apollonie. Mais, vaincu par le préteur Valérius Laevinus, près de l'embouchure de J'Aoûs, il est contraint de brûler sa flotte et de regagner par terre la Macédoine.

En Chine, l'empereur Chi-Hoang-Ti fait brûler tous les livres que les lettrés ne purent cacher, à l'exception de ceux qui traitaient de médecine et d'agriculture.

212 Les deux frères, Publius et Cornélius Scipion, qui depuis quatre ans luttaient contre les Espagnols et les Carthaginois, sont vaincus et tués près

CHRONOLOGIE

TABLES

Av. J.-C.

d'Anitorgis par Asdrubal Earca, Magon et Asdrubal Giscon.

En Sicile, le proconsul Marcellus s'empare de Syracuse, défendue par le génie d'Archirnède qui est tué dans le sac de la ville.

211 Expéditiond'Antiochus le Grand contre les Parthes, les Bactriens et l'Inde. Cette guerre durera jusqu'en 205. — Lœvinus conclut avec les Ëtoliens un traité d'alliance offensive et défensive, auquel accèdent bientôt Attale, roi de Pergame, les Messéniens, Pleurate, roi d'Illyrie, et enfin Machanidas, tyran de Sparte.

En Italie, les proconsuls Q. Fulvius Flaccus, Appius Claudius Pulcher s'emparent de Capoue. Annibal se retire dans le Brutium.

Le jeune Cornélius Scipion, fils de Publius, à l'âge de 24 ans, est chargé de conduire la guerre d'Espagne.

210 Le jeune Scipion prend Carthagène en un jour. Il respecte l'épouse d'Allucius et la lui faitrendre.

209 Q. Fabius Maxinius prend Tarente.

208 M. Claudius Marcellus est tué, Crispinus, son collègue, est blessé à mort dans une embuscade que leur tend Annibal entre Venouse et Bantia. Les Achéens appellent Philippe de Macédoine contre Machanidas de Sparte et les Ëtoliens, qui sont appuyés par Attale, roi de Pergame, et par la flotte romaine de Sulpicius.

207 Annibal rappelle toutes les troupes qu'il avait jusqu'alors répandues dans l'Italie pour la disputer aux Romains, et les concentre dans le Brutium et la Lucanie; d'un autre côté, son frère Asdrubal passe les Alpes à la tête de 52 000 hommes. Le sénat forme deux armées, dont l'une devait combattre Asdrubal dans la Cisalpine , l'autre, Annibal dans le sud de l'Italie. M. Livius commande la Ire, et Cl. Néron la 2e. — Asdrubal perd un temps précieux au blocus de Plaisance. Il est bientôt après vaincu et tué sur les bords du fleuve Métaure, en Ombrie, par les deux consuls qui avaient réuni leurs armées.

Antiochus III le Grand dépouille de la Judée Ptolémée Philopator.

2e bataille de Mantinée. Machanidas y est battu et tué par Philopœmen. — Nabis s'empare, à Sparte, de l'autorité souveraine.

Mortdu philosophe stoïcien Chrysippe, de Cilicie, qui avait remplacé Cléanthe, disciple dé Zenon, dans la direction de l'école du Portique.

206 C. Scipion passe d'Espagne en Afrique pour aller gagner à l'alliance romaine Syphax, roi Numide.

205 Fin délai" guerre de Macédoine. Philippe fait la paix avec les Romains.

C. Scipion prépare en Sicile son expédition contre l'Afrique carthaginoise. Il a pour préfet de la flotte son ami Lélius, pour questeur Caton. 11 prend Locres vainement défendue par Annibal.

Loi Cincia, qui défendait de recevoir de l'argent et des présents pour plaider une cause.

204 Syphax, roi Numide, qui avait épousé la fille d'Asdrubal Giscon, Sophonisbe, passe de nouveau aux Carthaginois, puis dépouille Massinissa, allié des Romains.

Scipior1 part de Sicile avec 30 000 légionnaires, 50 galères, 400 vaisseaux de charge. Il prend terre en Afrique au cap le Beau. Il assiège Utique. Asdrubal Giscon et Syphax s'avancent sous les murs de cette ville, chacun avec une armée.

203 Scipion brûle les deux camps d'Asdrubal et de Syphax, qui sont une seconde foisvaincus. — Scipion réduit toutes les villes de la domination carthaginoise, et prend Tunis. — Syphax est vaincu et fait prisonnier par Lélius el Massinissa, qui le livrent à Scipion.

Av. J.-c.

Philippe envoie à Annibal un secours de 4000 Macédoniens, et en même temps il déclare la guerre à Attale Ier et aux Rhodiens qui, dans la dernière guerre, ont fourni des secours aux Romains. Il attaque sans succès Pergame, mais gagne sur les Rhodiens la bataille navale de Ladé.

Annibal quitte l'Italie, 16 ans après avoir commencé la guerre.

202 Ptolémée V Epiphane, aidé de l'étolien Scopas, reprend la Judée aux Syriens.

En Grèce, Nabis essaye en vain de prendre Messène, qui est sauvée par Philopœmen. — Philippe est battu par les Rhodiens et par Attale Ier, et perd une grande partie de sa flotte.

Annibal, débarqué à Leptis, s'avance jusqu'à Zama et demande la paix à Scipion, qui la refuse. — Bataille de Zama, à 120 Ml. àl'O. de Carthage.

A Rome, Sext. ^Elius Fœtus Catus publie les Notes ou nouvelles formules de droit : droit JElieti.

En Chine, avènement de la 5e dynastie, celle des Han, qui subsiste jusqu'à l'an 220 après J.-C. 201 Scipion impose la paix aux Carthaginois. Ceux-ci ne conserveront rien hors de l'Afrique, livreront leurs vaisseaux, payeront un tribut, rendront la Numidie à Massinissa et ne pourront plus faire la guerre sans le consentement des Romains.

Mort du poète Naevius, à Utique; il avait été exiléà cause des traits satiriques qu'il avait lancés contre les grands de Rome, surtout les Métellus. 200 Philippe de Macédoine attaque Athènes et ravage l'Attique. Sur la plainte des Athéniens, les Romains lui déclarent la guerre, dont la direction est confiée au consul P. Sulpicius Galba. — La flotte d'Attale et des Rhodiens, après avoir poursuivi Philippe jusqu'en Macédoine, vient mouiller à Égine. Attale se rend à Athènes, où il est accueilli comme le bienfaiteur des Grecs.

Rome commence contre les Gaulois Cisalpins, qui avaient profité de l'invasion d'Ânnibal pour se rendre indépendants, une guerre qui durera 40 ans.

IIe siècle avant Jésus-Christ.

Chute de Corinthe. -*- Réduction de la Grèce en province romaine. — Décadence des grandes monarchies de l'Orient. — Rome étend ses conquêtes hors de l'Italie et marche à la conquête du monde. — Ruine de Carthage, de Numance. Commencement des troubles civils à Rome. Les Gracques. — Décadence de la poésie grecque. État florissant des études grammaticales et scientifiques. Le grammairien Aristarque et l'astronome Hipparque. — L'historien philosophe Polybe. — A Rome, Térence succède à Plaute sur la scène comique.

199 Les Ëtoliens, à l'instigation de leur stratège Damocrite, s'unissent aux Romains contre Philippe de Macédoine.

Le consul Sulpicius parcourt les provinces illyriennes soumises à Philippe, il le bat sur les bords du Lycus, à Athacus, à Octolophe et s'avance jusqu'au cœur de la Macédoine; mais le manque de troupes suffisantes et de vivres le force de se retirer.

Massinissa enlève aux Carthaginois une nouvelle province.

198 Antiochus III le Grand fait une 2e fois la conquête de la Syrie et de la Phénicie; mais il traite bientôt avec les tuteurs du jeune Ptolémée V Epiphane, auquel il promet sa fille Cléopâtre avecles provinces enlevées pour dot. 11 laisse aux Juifs, qui l'ont secondé dans cette conquête, leurs lois et les exempte du tribut poui 3 ans.

T. Q. Flamininus aborde en Epire, attaquePhilippe, qui s'est retranché sur les bords du fleuve Aoùs, le bat en plusieurs rencontres, le chasse de l'Epire, pénètre avec lui dans la Macédoine et va prendre ses quartiers d'hiver dans la Phocide et

TEMPS ANCIENS

kv.J.-C.

dans la Locnde. — Dans le même temps, la flotte combinée des Romains, des Rhodiens et d'Attale, commandée par L. Quinctius, s'empare de Chalcis et de l'île d'Eubée; puis elle mouille au port de Cenchrée, où sa présence décide les Achéens à faire alliance avec les Romains.

197 Attale, revenu malade de Thèbes, meurt à Pergame. Eumène II, l'aîné de ses fils, lui succède. Ce prince renouvelle l'alliance de Rome et obtient l'île d'Égine.

Soulèvement de l'Espagne, qui avait été réduite en province romaine et divisée en Espagne citérieure et ultérieure. Commencement d'une guerre qui durera 70 ans.

Les deux consuls Cornélius Cethf'gus et Minucius Rufus sont chargés de lutter contre les Ligures, les Boiens et les Insnbriens.

Flamininus fait alliance avec Nabis, tyran de Sparte, avec les Béotiens, et livre à Philippe une bataille décisive près des hauteurs appelées Cynoscéphales.

Fin de la 2e guerre de Macédoine. Philippe obtient la paix; il renonce à toutes ses possessions et à toutes ses alliances dans la Grèce, brûle sa flotte, et s'engage à ne pas tenir armés plus de 500 soldats; il livre comme otage son fils Démétrius.

196. T. Quinctius Flamininus proclame aux jeux isthmiques la liberté des Grecs. Dès-lors on compte dans la Grèce seize peuples indépendants, dont aucun n'était assez fort pour résister aux Romains. Antiochus III le Grand tente de s'emparer des villes et des provinces situées sur les côtes de l'Asie Mineure, et pousse jusqu'en Thrace, où il prend Lysimachie

Annibal quitte Carthage, où il a rétabli la paix et la prospérité, et se retire en Syrie auprès d'Antiochus qu'il excite contre les Romains. 195. Flamininus convoque à Corinthe les députés de la Grèce, et fait décréter par l'assemblée, que la guerre sera déclarée à Nabis, pour le contraindre à rendre la liberté à Argos, dont il s'est emparé pendant la guerre de Macédoine, Le tyran, après une vaine résistance, se soumet aux conditions qui lui sont imposées.

A Rome, consulat de M. Porcius Caton et Valérius Flaccus : émeute de femmes pour obtenir l'abrogation de la loi Oppia contre le luxe.

Campagne de Caton dans l'Espagne citérieure. Il soumet les peuples entre les Pyrénées et l'Ébre. — Campagne de P. Manlius chez les Turdétans qui se soumettent (Espagne ultérieure).

194. A la mort d'Eratosthène , la bibliothèque d'Alexandrie est dirigée par Apollonius de Rhodes, disciple du poète Callimaque et auteur du poème des Argonautes.

. Continuation de la guerre contre les Gaulois cisalpins. Le proconsul Valérius Flaccus tue aux Insubres et aux Boïens, près de Milan, 10 000 hommes. Les Insubriens se soumettent.

Flamininus rassemble à Corinthe les députés de la Grèce; il les exhorte à la concorde, et après avoir retiré les garnisons romaines de l'Acrocorinthe, de Chalcis, d'Erétrie, d'Orée et de Démétriade, il s'embarque pour l'Italie avec son armée. 192. Mariage du jeune Ptolémée Epiphane et de la fille d'Antiochus le Grand. La Cœlésyrie et la Judée sont restituées à l'Egypte. — L'inscription en trois langues (hiéroglyphique, égyptien vulgaire et grec) qui fut trouvée à Rosette en 1799 et qui donna à Champollion la clef des hiéroglyphes, est rapportée à cette année.

Les Boïens et les Liguriens font un armement général. A Rome on déclare qu'il y a tumulte. — Massinissa enlève aux Carthaginois la contrée d'Emporia.

192. Guerre entre Nabis, tyran de Sparte, et les Achéens, conduits par leur stratège, Philopœmen. Après la mort de Nabis, tué par les Etoliens, Lacédemone, par les conseils de Philopœmen, entre dans la ligue achéenne.

Le Sénat envoie une ambassade en Grèce pour sonder les dispositions des différents peuples, et ordonne au prêteur M. Baebius de passer en Epire avec son armée.

Les Etoliens font alliance avec Antiochus contre les Romains. Antiochus arrive àDémétriade,dont venaient de s'emparer les Etoliens, avec 10000 fantassins, 500 cavaliers et 6 éléphants. Il s'empare de Chalcis et de l'Eubée, soumet presque toute la Thessalie, puis, forcé par les Romains de se retirer, il va passer l'hiver en Eubée, où il célèbre son mariage avec une jeune fille de Chalcis.

Victoire de Tolède, remportée par Q. Fulvius Nobilior sur les Vectons, les Vaccéens et les Celtibériens confédérés (Espagne citérieure). 191. Philopœmen empêche l'exécution du projet du stratège des Achéens, Diophane, qui, conseillé par Flamininus, voulait livrer Sparte aux Romains. — Les Messéniens et les Eléens entrent dans la ligne achéenne qui comprend alors tout le Péloponnèse.

Campagne de P. Cornélius Scipion Nasica contre les Boïens qui se soumettent.

Antiochus se retranche avec son armée aux Thermopyles. Il y est complètement défait par M. Acilius Glabrion, sous lequel servait comme tribun légionnaire, Porcius Caton, ancien consul. La flotte d'Antiochus est détruite par Eumène et C. Livius Saiinator, qui commandait la flotte romaine. Antiochus se retire en Asie avec le peu de forces qui lui restait.

190. Philopœmen s'oppose à ce que l'on admette dans Sparte les bannis que voulaient y faire rentrer Flamininus, commissaire romain, et le consul Acilius Glabrion.

Le consul L.Cornélius Scipion, frère de l'Africain, qui le suit comme lieutenant, conclut une trêve de six mois avec les Etoliens, et passe en Asie, où il remporte sur Antiochus la bataille de Magnésie, qui termine la guerre de Syrie. 189. Philopœmen, stratège des Achéens, fait rentrer lui-même les bannis dans Sparte.

Le consul M. Fulvius Nobilior achève la soumission des Etoliens, qui obtiennent la paix en s'obligeant à payer 100 talents et à n'avoir d'autres amis ni d'autres ennemis que ceux du peuple romain. — Campagne de Cn. Manlius Vulso contre les Galates, alliés d'Antiochus.

A cette époque, fleurit le poète Ennius, qui accompagnait Fulvius Nobilior en Etolie.

188. Les Lacédcmoniens renoncent à l'alliance des Achéens, et envoient prier Fulvius de venir dans le Péloponnèse recevoir la soumission de leur ville; les Achéens leur déclarent la guerre. Fulvius se rend alors dans le Péloponnèse, convoque une assemblée générale à Elis, et détermine les deux partis à envoyer à Rome des ambassadeurs, parmi lesquels était Lycortas, père de Polybe. — Philopœmen marche contre Lacédémone et se fait livrer les auteurs de la défection qui sont massacrés. Ensuite, les Achéens, réunis à Tégée, arrêtent que les Lacédémoniens détruiront leurs murailles; qu'ils aboliront les lois de Lycurgue, rappelleront tous les exilés, et banniront les esclaves affranchis par les tyrans et les mercenaires étrangers qui ont servi dans leurs armées. Traité de paix entre Antiochus et les Romains. Le roi de Syrie abandonne tout ce qu'il avait dans l'Asie Mineure jusqu'au mont Taurus, et s'engage à payer 15 000 talents aux Romains et 477 à Eumène. Le Sénat donne à Eumène la

AV. J.-C

Mysie, les deux Phrygies, la Lydie, ITonie, et Lysimachie en Thrace, et aux Rhodiens la Carie et la Lycie. Il rend aussi la liberté à plusieurs villes grecques.

187. Les Achéens envoient au Sénat romain une seconde députation. — Lycortas est envoyé auprès du roi d'Egypte pour renouveler l'alliance qui existait depuis longtemps entre la famille de ce prince et la ligue achéenne.

Campagne des consuls M. jEmilius Lépidus et C. Flamininus contre les Ligures. Ces deux consuls tracent les voies Flaminienne et Emilienne, qui vont, la première de Rome à Ariminum, la deuxième d'Ariminum à Bologne.

Scipion l'Africain et Scipion l'Asiatique, attaqués per les tribuns Pétilius et par Caton, sont contraints, l'un de s'exiler, l'autre de payer une amende.

Antiochus le Grand périt assassiné par ses sujets, parce qu'il avait pillé le temple de Bélus pour payer le tribut que lui avaient imposé les Romains.

186. Un sénatus-consulte interdit à Rome et dans toute l'Italie la célébration des bacchanales. Premiers combats d'athlètes donnés à Rome par Fulvius, le vainqueur des Etoliens.

185. 2e victoire de Tolède, qui coûte 30 000 hommes aux Celtibériens, aux Lusitaniens et aux Ciipétans confédérés (Espagne citérieure), remportée par Calpurnius et Quintius.

184. Lutte d'Eumène, roi de Pergame, et de Prusias, roi de Bithynie. Intervention des Romains.

Censure de Porcius Caton et de son ami, le sévère Valérius Flaccus.

Mort de Plaute.

183. Les Messéniens, à l'instigation de Dinocrate, se séparent de la ligue achéenne, et marchent contre le bourg de Corone. Philopœmen, alors âgé de soixante-dix ans, et malade de la fièvre, court au-devant des Messéniens, mais accablé par des forces supérieures, il est fait prisonnier et conduit à Messène, où il est enfermé dans un cachot et forcé de boire la ciguë. Lycortas venge sur les Messéniens la mort de Philopœmen et fait faire à ce grand homme de magnifiques funérailles.

Pharnace, roi de Pont, s'empare de Sinope. Les Rhodiens et Eumène adressent leurs plaintes au Sénat.

Mort de Scipion l'Africain, retiré à Liternum, en Campanie.

182. Annibal s'empoisonne chez Prusias, roi de Bithynie , qui allait le livrer à l'envoyé romain Flamininus.

181. Avènement, en Egypte, de Ptolémée Philométor, encore enfant.

Ambassades envoyées à Rome par Eumène, Ariarathe, roi de Gappadoce, Pharnace, roi. de Pont, les bannis de Lacédémone, les Achéens.

Loi Orchia, qui limite le nombre des convives et la dépense des festins.

180. Le Sénat fait transporter dans le Samnium 40 000 Ligures avec leurs femmes et leurs enfants, et partage leur territoire entre des colons.

Soumission par Fulvius Flaccus 'de la Carpêtanie (Espagne citérieure).

179. Philippe de Macédoine meurt de douleur d'avoir fait périr son fils innocent, Démétrius, accusé par Persée.

La loi Villia ou Annalis détermine l'âge où on peut arriver aux charges publiques : vingtsept ans pour la questure; trente-sept pour l'édilité curule ; quarante pour la préture ; quarantetrois pour le consulat.

Vers ce temps, fleurit le poète comique Csci-

Av. J.-C.

lius, né en Gaule chez les Insubres, ami d'Ennius, et qui avait été esclave comme Plaute.

178. Posthumius tue 40 000 hommes aux Lusitaniens et aux Vaccéens, et les force à se soumettre. Tib. Semp. Gracchus enlève trois cents villes ou bourgades aux Celtibériens, après les avoir vaincus près de Carabis et de Compléga. Il soumet les Celtibériens, et conclut avec eux un traité dont les clauses sont également précises et équitables. Ariarathe V, roi de Cappadoce, livre son fils en otage aux Romains et leur fournit de l'argent dans leur guerre contre Persée ; ce qui lui mérite le titre d'ami et d'allié de Rome,

177. Les Romains, après une campagne de deux années, soumettent définitivement l'Istrie, dont ils exterminent ou vendent une grande partie des habitants. — Campagne de Tib. Semp. Gracchus contre les Sardes révoltés.

175. Campagne des Romains contre les Ligures, dont une partie sont désarmés.

En Syrie, Séleucus Philopator est assassiné par son ministre Héliodore. A ce moment, son fils Démétrius était parti pour l'Italie, où il devait prendre comme otage la place du frère de Séleucus, Antiochus, que leur père y avait envoyé en 186; Antiochus, qui regagnait alors la Syrie, est élevé au trône par l'influence du roi de Pergame. 11 a reçu le surnom d'Epiphane.

174. Massinissa enlève à Carthage la province de Tysca et soixante-dix villes. Le sénat romain, pour empêcher les Carthaginois de se joindre à Persée, promet de leur faire justice, mais donne au Numide le temps de s'affermir dans sa nouvelle conquête.

173. Antiochus Epiphane renouvelle les traités d'amitié avec les Romains.

172. Eumène, roi de Pergame, vient à Rome se plaindre des empiétements de Persée. P-ersée le l'ait assassiner en Grèce; le sénat déclare la guerre au roi de Macédoine. Eumène, Ariarathe, Massinissa prennent parti pour les Romains ; Prusias, Antiochus Epiphane, Ptolémée Philométor restent neutres. — Persée perd cinq mois à se justifier à Rome et à demander la paix. Pendant ce temps, les commissaires romains entraînent tous les Grecs dans leur parti.

171. Attaque dirigée contre la Cœlésyrie égyptienne par Antiochus Epiphane.

En Judée, règne une sanglante anarchie, depuis l'époque où le vénérable Onias, auparavant dépouillé de ses fonctions de grand-prêtre par un de ses frères, Jason, qui introduisit à Jérusalem les jeux de la Grèce, a succombé sous les coups de son jeune frère Ménélas.

Persée défait dans un combat de cavalerie, non loin du Pénée, le consul Licinius Crassus, qui perd 22 000 hommes. Il demande la paix qui lui est refusée. •

170. Les Epirotes embrassent le parti de Persée. Campagne heureuse de ce prince contre le consul A. Hostilius.

169. Guerre de Ptolémée VI Philométor, avec Antiochus Epiphane, qui s'empare de Memphis et du jeune roi. Ptolémée Evergète II, son frère,

• gouverne à sa place. Après la retraite d'Antiochus, Ptolémée Philométor et Ptolémée Evergète II, demandent des secours aux Achéens. Les partisans des Romains font repousser cette demande, et décider qu'on enverra seulement des ambassadeurs chargés d'engager les rois à faire la paix. — Le bruit de la mort d'Antiochus s'étant répandu' en Judée y excite une grande joie; ce prince s'avance alors en furieux sur Jérusalem, égorge 40 000 Juifs, en réduit un pareil nombre en esclavage, profane le sanctuaire, et

TEMPS ANCIENS

AV.J.-C

enlève du temple tous les objets consacrés au culte du Seigneur.

Persée se rend maître de la plus grande partie de l'illyrie. Il cherche à attirer dans son parti . Gentius, roi d'une partie de cette contrée, mais il se prive de cet utile allié par son avarice. — Q. Marcius Philippus, successeur d'A. Hostilius, arrive en Thessalie, pénètre en Macédoine par le mont Olympe et se rend maître des défilés de Tempe et de~s villes voisines.

Caton défend la loi Voconia qui interdisait de nommer une femme pour héritière et de lui laisser des dons plus considérables qu'à son héritier ou à ses héritiers. — Mort du poëte Ennius.

168. Gentius se déclare pour Persée, mais il est fail prisonnier par le préteur Anicius, qui en moins de trente jours s'empare de toute l'illyrie. — Paul Emile arrive en Macédoine et remporte sur Persée la victoire décisive de Pydna. Persée s'enfuil presque seul à Peila, puis à Amphipolis, ou il s'embarque pour Samothrace. Il y est suivi par la flotte romaine, commandée par le préteur Cn. Octavius, auquel il se rend, avec Philippe, son fils aine. — Anicius se rend maître des principales villes de l'Epire, puis divise l'illyrie en trois districts, à chacun desquels il donne un gouvernement particulier, et proclame la liberté des Ulyriens.

Le député de Rome, Popilius Lénas, signifie à Antiochus Epiphane, qui marcbait sur Alexandrie, l'ordre de respecter l'allié du peuple romain. — Antiochus Epiphane se venge de cet affront en ordonnant de nouvelles persécutions contre les Juifs. Il profane le temple de Jérusalem et entre dans le sanctuaire.

A Rome, le censeur Sempronius Gracchus, réunit dans une des quatre tribus urbaines qui ne votent qu'après les autres, les affranchis répandus depuis 304 dans les 4 tribus de la ville.

167. Prusias II, roi de Bithynie, et son fils Nicomède, viennent s'bumilier dans le Sénat. — Le Sénat, pour punir Eumène d'être intervenu entre Rome et Persée, lui défend de venir à Rome. Il agit de même à l'égard des Rhodiens, qui avaient aussi offert leur médiation. Il leur enlève la Lycie, la Carie, Caunus , Stratonicée, soulève contre eux tous leurs voisins, et ne les admet de nouveau à son alliance que quand ils sont épuisés.

Caton, envoyé en Afrique, approuve tacitement la conduite de Massinissa. De retour à Rome, il demande sans cesse au Sénat de ruiner Carthage; son avis, combattu par Scipion Nasica, l'emporte et Rome n'attend plus qu'une occasion d'attaquer son ancienne rivale.

Paul Emile divise la Macédoine en quatre districts indépendants, dont les habitants ne payeront au peuple romain que la moitié du tribut qu'exigeaient les rois ; mais auxquels il est défendu de communiquer entre eux et avec les Etats voisins. Il ordonne ensuite, sous peine de mort, à tous ceux qui ont rempli quelque charge ou une mission, sous Persée, de quitter la Macédoine et de se rendre en Italie. Un traître vendu aux Romains, Callicrates, alors stratège de la ligue achéenne, est chargé d'exécuter cet ordre et l'accomplit avec une extrême rigueur. — Les principaux citoyens de l'Achaïe, au nombre de plus de mille, accusés d'avoir été, soit ouvertement, soit de cœur, partisans de Persée, reçoivent l'ordre de se rendre en Italie pour y être jugés. Parmi eux, était Polybe, fils de Lycortas, qui deviendra l'ami de Scipion l'Africain. — Paul Emile et Anicius triomphent, le premier, de Persée, le second de Gentius. Ces deux princes sont

Av. J.-c.

envoyés le premier à Albe, où il périt misérablement et le second à Iguvium.

166. En Judée, le prêtre Mathatias prend les armes contre Antiochus Epiphane. Il laisse cinq fils : Jean, Simon, Judas (Machabée), Eléazar, Jonathas.

A Rome, Térence fait représenter YAndrierme.

165 Judas Machabée bat Lysias, général d' Antiochus, et remet les Juifs en possession de la ville et du temple de Jérusalem.

A Rome, représentation de l'Hécyre de Térence.

164 Eumène, roi de Pergame, implore l'appui du sénat romain contre Prusias et les Galates. Mort d'Antiochus Epiphane, roi de Syrie. Il laisse pour héritier un enfant de 9 ans, Antiochus Eupator.

163. Ariarathe V, roi de Cappadoce, renouvelle l'alliance avec le sénat.

Tib. Sempronius Gracchus et M. Juventius Thalna soumettent définitivement les Ligures et les Corses. — Le sénat, pour assurer l'obéissance de la Cisalpine, y avait établi les colonies de Plaisance, Crémone, Bologne, Parme, Modène. Lucques, Aquilée. Il en avait aussi enroyé, dans le même but, à Pollentia, Pisaurum, Saturnie, Gravisca, Pise, dans le Picenum, le pays des Sénonais, la Ligurie, l'Ëtrurie.

Représentation, à Rome, de la comédie de Térence, VHeautontimorouménos.

162. Le sénat intervient entre Ptolémée Philométor et Ptolémée Ëvergète II ou Physcon, et les décide à un partage; le plus jeune, Physcon, régnera à Cyrène, l'aîné occupera l'Egypte. Physcon ajoute bientôt à sa part l'île de Cypre.

Scipion Nasica introduit à Rome l'usage des clepsydres ou horloges d'eau.

Mort d'Antiochus Eupator, roi de Syrie. Son jeune fils est mis à mort par Démétrius Soter, fils de Séleucus Philopator, qui s'enfuit de Rome, où il était comme otage depuis 13 ans.

161. Le préteur M. Pomponius, en vertu d'un sénatus-consulte, expulse de Rome les philosophes et les rhéteurs, accusés de corrompre la jeunesse. — Nouvelle loi somptuaire, loi Fannia, contre le luxe de la table.

Térence fait représenter l'Eunuque et le Phor

ffllOfl.

160. Judas Machabée recherche l'alliance des Romains. Il succombe peu après en combattant le général syrien Bacchide. Son frère, Jonathas, le remplacera 24 ans.

Mort de Paul Emile. — Térence donne sa comédie des Adelphes.

159. Mort d'Eumène II. Son frère, Attale II, lui succède au trône de Pergame.

157. Le sénat fait rendre son trône à Ariarathe, roi de Cappadoce, dépouillé par une faction qui s'appuyait sur Démétrius, roi de Syrie.

156. Aristarque, le célèbre grammairien, est chargé de l'éducation des fils de Ptolémée Philométor. Guerre entre Prusias, roi de Bithynie, et Attale II Philadelphe. Le premier est soutenu par Mithridate Y, roi de Pont, et le deuxième par les Romains.

155. Les Athéniens envoient à Rome comme ambassadeurs, au sujet d'un différend avec les Sicyoniens, trois philosophes : Carnéade, de l'Académie, Diogène, le stoïcien, Critolaûs, le pénpatéticien. Ils initient la jeunesse romaine aux disputes philosophiques de la Grèce.

154. Soumission des Dalmates par les Romains. — Première intervention des Romains dans la Gaule Transalpine, à titre d'alliés de Marseille, qu'ils protègent contre les Oxybiens e, les Décéates. -— A Rome, fleurit le poëte tragique PacuYius, ne à Brindes. 11 était neveu d'Ennius.

CHRONOLOGIE. — TABLES

Av.J.-C.

153. Les préteurs tyrannisent les Espagnols de la Citérieure, ainsi que les Espagnols de l'Ultérieure. Les Celtibériens se soulèvent.

152. Les Romains reconnaissent pour roi de Syrie l'usurpateur Alexandre Bala, qui se donne pour fils d'Antiochus Ëpiphane. Ce prince s'appuie sur les Juifs.

151. Les exilés grecs, qui étaient à Rome depuis 17 ans, obtiennent, à la demande de Scipion Emilien, fils de Paul Emile et ami de Polybe, la permission de retourner dans leur patrie.

Lutte pénible soutenue par les Romains contre les Espagnols soulevés. La jeunesse romaine refuse de s'enrôler pour l'Espagne; le jeune Scipion donne alors l'exemple d'aller servir dans ce pays, en s'offrant à partir comme lieutenant des consuls.

150. Les Carthaginois, las de se laisser dépouiller par Massinissa, commencent la guerre qui leur est défendue par les traités conclus avec Rome.

Ptolémée Philométor prononce entre les Juifs et les Samaritains, qui prétendaient que leur temple de Garizim, consacré à Jupiter Hospitalier, devait l'emporter sur celui de Jérusalem. 11 donne raison aux Juifs.

Mort du Séleucide Démétrius Soter dans une révolte de ses soldats mercenaires, qui reconnais- • sent pour roi Alexandre Bala.

En Espagne, le préteur Serv. Galba fait massacrer 30 000 Lusitaniens, auxquels il a accordé une paix perfide.

149. Attale appuie l'usurpation du fils de Prusias, Nicomède, qui arrive au trône de Bithynie par un meurtre.

Mort de Caton. Il avait composé, outre un traité sur l'agriculture, une histoire de Rome divisée en 7 livres et qui contenait de précieux renseignements sur les origines des villes de l'Italie. — Le tribun Calpurnius Pison Frugi fait établir, pour le jugement des crimes de concussion, portés jusqu'alors devant l'assemblée du peuple, un tribunal permanent (quœstio perpétua).

^Commencement de la 3e guerre punique. Le sénat romain déclare la guerre aux Carthaginois, comme infracteurs des traités, et envoie contre eux les deux consuls M. Censorinus et M. Manlius. Aidés par une indigne ruse et par leurs partisans à Carthage, les consuls se font livrer toutes les armes du peuple carthaginois, et déclarent ensuite qu'ils veulent détruire Carthage. Les Carthaginois, poussés par le désespoir, organisent alors la défense avec une incroyable énergie. L'armée romaine court trois fois le danger d'être exterminée et n'est sauvée que par les talents de Scipion Emilien, alors tribun des soldats. — Mort de Massinissa, âgé de plus de 90 ans. Son fils, Micipsa, lui succède.

Un aventurier, nommé Andriscus, se fait passer pour un fils naturel de Persée, et est proclamé roi de Macédoine sous le nom de Philippe VI. Il bat le préteur P. Juventius.

148. En Macédoine, Andriscus est battu et fait prisonnier par le préteur Q. Cœcilius Métellus, qui prend le nom de Macédonique.

Le consul Calpurnius Pison continue sans succès le siège de Carthage.

147. Scipion Emilien est élevé au consulat par le peuple avant l'âge, et chargé de la guerre d'Afrique. Il poursuit avec vigueur les opérations du siège. Bientôt il ne reste plus aux Carthaginois que la citadelle et le port.

146. Alexandre Bala, usurpateur du trône de Syrie, et Ptolémée Philométor, qui soutient le prince légitime, Démétrius II, fils de Démétrius Soter, périssent en combattant. — Lutte de 6 années

Av. J.-C.

soutenue par Démétrius II Nicator contre les partisans de la maison Bala et l'ambitieux Diodote Tryphon, Syrien d'Apamée. — Ptolémée Physcon force la veuve de son frère, Cléopâtre, qui était aussi sa sœur, à l'épouser; il égorge le fils de Philométor et se rend odieux par la licence qu'il permet à ses soldats mercenaires.

Scipion Emilien s'empare du port de Carthage; et, après une foule de combats particuliers, s'avance jusqu'au pied de la citadelle. 50 000 Carthaginois, réduits aux dernières extrémités, capitulent. Asdrubal se livre lui-même aux Romains. Sa femme s'enferme avec les déserteurs romains dans le temple d'Esculape et se jette avec ses enfants dans un bûcher. Destruction de Carthage. Scipion prend le surnom de second Africain. Formation d'une nouvelle province d'Afrique.

Les querelles perpétuelles des Achéens et des Lacédémoniens amènent une nouvelle intervention romaine. Le sénat déclare la guerre aux Achéens et envoie contre eux le consul Mummius. Métellus le Macédonique, espérant terminer la guerre avant l'arrivée du consul, descend de la Macédoine dans la Grèce centrale. — Le stratège Critolaùs est vaincu par Métellus, près de Scarphée, en Locride, et disparaît dans l'action. Diaaus lui succède, rassemble 14 500 soldats et reçoit de Métellus des propositions qu'il repousse. Il est vaincu par Mummius, successeur de Métellus, près de Leucopétra, à l'isthme de Corinthe, et court à Mégalopolis se donner la mort. Prise et destruction de Corinthe par Mummius. La Grèce est réduite en province sous le nom d'Achaïe.

145. Le consul Q. Fabius Maximus Emilianus, frère de Scipion Emilien, remporte une victoire sur le Lusitanien Viriathe, qui, depuis 4 années, tenait en échec les armées romaines.

144. Diodote Tryphon, qui prétendait au trône de Syrie, fait périr avec ses enfants le chef des Juifs, Jonathas, dont il s'est emparé par trahison. — Le dernier des fils de Mathatias, Simon, est nommé souverain pontife et général par les Juifs. Il expulse de la citadelle de Jérusalem les Syriens. Les Juifs, en reconnaissance de ce bienfait, rendront héréditaire dans sa famille la double autorité qu'il exerce.

143. Établissement, à Rome, de trois tribunaux permanents (quœstiones perpétua?) pour poursuivre les crimes 1° de majesté; 2° de brigue; 3° de péculat, crimes sur lesquels prononçait seule auparavant l'assemblée du peuple.

Campagne du consul Appius Claudius Pulcher contre les Salasses, peuplade des Alpes occidentales.

Ptolémée Physcon s'humilie devant une ambassade romaine conduite par le second Africain, qu'accompagnait le philosophe stoïcien Panétius. Un nouveau Pseudo-Philippe est battu en Macédoine par les Romains. La Macédoine est réduite en province romaine.

142. Campagne du consul Q. Caecilius Métellus contre les Celtibères, et du consul Fabius Maximus Servilianus contre le Lusitanien Viriathe.

141. Viriathe enferme le proconsul Fabius Servilianus dans un défilé et conclut la paix à condition de conserver ses conquêtes. — Le consul Q. Pompéius Rufus est forcé de lever, après d'énormes pertes, le siège de Numance. Il conclut avec les Numantins un traité par lequel il leur laisse toutes leurs forces, à condition qu'ils lui feront d'apparentes soumissions. A Rome, il nie ce traité.

140. Q. Servilius Cœpion succède à son frère, Fabius Servilianus, en Lusitanie. Désespérant de vaincre Viriathe, il le fait assassiner dans sa tente par quelques-uns de ses officiers.

TEMPS ANCIENS

Av. J.-C.

j 39. Loi Gabinia , qui établit l'usage du scrutin secret pour l'élection des magistrats. — Le poète tragique Attius, âgé de 30 ans, et Pacuvius, âgé de 80 ans, font représenter chacun, cette année, une tragédie sur la scène romaine.

Campagne malheureuse de M. Popilius contre les Numantins.

138. le roi de Syrie, Démétrius II Nicator, est fait prisonnier par les Parthes, qui le garderont 10 années. Son frère, Antiochus Sidétès, gouverne le royaume.

A Pergame, mort d'Attale II. Avènement d'Attale III.

Les anciens soldats de Viriathe se soumettent à la domination romaine et bâtissent Valence.

137. Loi Cassia, qui établit le scrutin secret pour les jugements publics prononcés, soit par des juges particuliers, soit par le peuple en corps, contre les grands qui seraient accusés d'attentat envers la république, de brigue , de concussion ou de péculat.

Hostilius Mancinus est enfermé avec son armée dans un défilé, où 4000 Numantins reçoivent sa soumission. Par l'entremise de Tibérius Gracchus, il s'engage, au nom du peuple romain , à ne plus attaquer Numance, et abandonne son camp au vainqueur.

136. D. Junius Brutus fait la conquête du pays des Galléciens et' s'avance jusqu'à l'Océan. — ^Emilius, successeur de Mancinus, perd 6000 hommes au siège de Pallantia. Le sénat livre Mancinus aux Numantins qui le refusent.

135. Sous l'empereur Hiao-Wou-Ti commence une guerre entre les Chinois et les Hioung-nou, peuple tartare. Les Hioung-nou, repoussés vers l'occident, rejetteront les Yuë-ti ou Scythes sur les Parthes et les Bactriens.-

En Judée, Simon périt par trahison. Il est égorgé avec deux de ses fils par son gendre, le gouverneur de Jéricho. Jean Hyrcan succède au pouvoir de son père. Nouvelle lutte avec le roi de Syrie, Antiochus Sidétès.

134. Les esclaves de la Sicile se soulèvent contre leurs maîtres romains, sous la conduite du Syrien Eunus. Ils s'emparent d'Enna, d'Agrigente, de Tauroménium, de Messine.

Scipion Émilien, le second Africain, est envoyé contre Numance. Sous ses ordres combattent Jugurtha, neveu du roi de Numidie, Micipsa; Marius, âgé de 23 ans, et le poëte Lucilius, chevalier, âgé de 16 ans.

133. En Sicile, prise de Messine sur les esclaves par le consul Pison.

Attale III, roi de Pergame, lègue ses biens au peuple romain.

Antiochus Sidétès, pour se concilier le peuple romain, envoie de riches présents à Scipion Émilien.

Prise de Numance par Scipion Emilien, après un siège de 15 mois.

Tribunat de Tibérius Gracchus. Il propose une nouvelle loi agraire par laquelle il laisse aux citoyens riches, détenteurs du domaine public, jusqu'à 750 arpents de terre, et leur accorde une indemnité, payée par le trésor public, pour les domaines qu'ils abandonneront. — Les riches gagnent le tribun Octavius, qui oppose son veto aux propositions de Tibérius; celui-ci fait destituer son collègue par le peuple, et brise ainsi lui-même l'inviolabilité tribunitienne. La loi agraire est votée. Les riches n'en continuent pas moins leur opposition, et lorsque Tibérius demande le tribunat pour l'année suivante, il succombe le jour des comices tribunitiens dans une sédition dirigée par P. Corn. Scipion Nasica.

Av. J.-C.

132. Le consul Rupilius met fin à la guerre des esclaves en Sicile.

131. Aristonic, qui se prétend issu du sang royal de Pergame, réclame le royaume que les Romains s'attribuaient en vertu du testament d'Attale III.

130. Le consul P. Licinius Crassus, premier grand pontife qui ait été commander une armée hors de l'Italie, est envoyé contre Aristonic, qui le défait et le tue à Leucse.

En Judée, Jean Hyrcan s'empare de Sichem sur les Samaritains et détruit le fameux temple de Garizim.

En Egypte, Ptolémée Physcon, devenu odieux par ses crimes et sa tyrannie, est chassé par le peuple d'Alexandrie.

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