I. Ères mondaines
Desvignoles (Chronologie de l'histoire sainte, Préface) assure qu'il a recueilli sur la création
du monde plus de deux cents calculs différents, dont le plus court ne compte que 3483 ans depuis la création jusqu'à l'ère vulgaire, et le plus long 6984; ajoutez que nombre d'autres ont été proposés après lui. Les plus connus de ces calculs sont : celui d'Ussérius qui place la création en l'an 4004 av. J.-C, celui qui a été suivi dans l'Art de vérifier les dates av. J.-C. et qui place cet événement en l'an 4963 , et celui de l'Anglais Clinton qui a adopté Tannée 4138. Aucun, bien entendu, ne repose sur des bases solides. En effet, la seule source historique que l'on puisse consulter pour établir la chronologie de ces temps reculés est la Genèse. Or nous en avons trois textes : l'hébreu, le samaritain et la version grecque des Septante, qui ne sont nullement d'accord sur la durée de la vie des patriarches, seule base des calculs, et de plus les différents manuscrits du même texte ne fournissent point les mêmes données. Il en résulte que la date que l'on peut assigner à la création du monde ne saurait être que trèshypothétique.
Comme dans quelques ouvrages historiques composés depuis Ussérius, les événements sont marqués tantôt par les années du monde, tantôt par les années av. J.-C, nous donnerons ici, d'après le système d'Ussérius, le moyen d'établir la concordance de ces deux sortes d'années. La même méthode de réduction est applicable à toutes les autres ères mondaines.
1° Réduire les années av. J.-C. en années du monde. On ajoute 1 à 4004, ce qui fait 4005, et de cette somme on retranche l'an donné av. J.-C. ; le reste égale l'an du monde correspondant. Exemple : an 1755 av. J.-C. = 4004 + 1 ou 4005 —1755 — 2250 du monde.
2° Réduire les années du monde en années av. J.-C. De même que dans l'opération précédente, on ajoute 1 à 4004, d'où résulte 4005, et de cette somme on ôte l'an donné du monde ; le reste est l'an de J.-C. demandé. Exemple : an 1755 du monde = 4004 + 1 ou 4005 — 1755 = 2250
CHRONOLOGIE. — NOTIONS PRÉLIMINAIRES