III. Ère chrétienne
Pendant plus de cinq siècles, les Chrétiens n'eurent point d'ère particulière. L'ère chrétienne fut proposée pour la première fois en 532, par un moine de l'Église romaine, né en Scythie, et nommé, à cause de sa très-petite taille, Denys le Petit. Denys supposa que Jésus-Christ était venu au monde le 25 décembre de l'année- de Rome 753. L'année suivante, l'année 754 de Rome, devint ainsi la première de l'ère dite, de son nom, Dionysienne. Selon la chronologie vulgaire, cette année coïncide avec l'an 1er de la 195°,plympiade, qui serait l'an 4005 du monde suivant Ussérius, ou 4964 suivant l'Art de vérifier les dates avant J.-C Son commencement était postérieur de 7 jours à la vraie date de la naissance.
IV. Ères postérieures à l'ère chrétienne- Ère de l'Hégire. Cette ère , suivie par tous les peuples musulmans, fut établie pour conserver le
souvenir de l'époque où Mahomet, forcé de quitter la Mecque, se réfugia à Yatreb, qui prit de là le nom de Médinet-al-Nabi , la ville du Prophète (Médine) : le mot hégire signifie fuite. Elle part du vendredi 16 juillet de l'an 622 de notre ère; mais il faut remarquer que ce vendredi commençait, pour les Arabes, la veille au soir, c.-à-d. vers 6 heures après midi du jeudi 15. Comme le calcul très-compliqué qui sert à établir la correspondance entre une date de l'hégire et une date de notre calendrier, indiquant jour et mois, nous entraînerait dans trop de détails, nous donnerons seulement ici la méthode à suivre pour obtenir la correspondance des millésimes des deux calendriers. Elle peut se formuler ainsi :
Le millésime d'une année julienne moins 621 ,54 est égal aux 0,97 du millésime de l'année de l'hégire correspondante.
Ainsi, pour l'année musulmane 1266, en prenant les 0,97 de ce chiffre, on a 1228,02, nombre qui, augmenté de 621,54 = 1849,56; puis on retranche les décimales 0,56, et on trouve que l'année de l'hégire 1266 a commencé vers la fin de 1849.
Nous donnons ci-après une table de concordance des années de l'hégire avec les années ap. J.-C.
Ère républicaine. Cette ère, la plus récente de
toutes, est aussi celle qui a duré le moins longtemps. Établie en France par un décret de la Convention du 5 octobre 1793, elle s'ouvre rétroactivement au 22 sept. 1792. Comme précédemment, les années communes devaient être de 365 jours; celles qui en avaient 366 étaient dites sextiles (et non plus bissextiles). On varia seulement sur le mode d'intercalation. On régla que l'an 3 serait sextile, que chaque 4e année le serait à partir de cette époque jusqu'à ce qu'on eût atteint l'an 15, après lequel on attendrait l'an 20 pour ajouter un 366e jour; que l'on ferait de même jusqu'aux années 48 et 53 de l'ère ; qu'ensuite on emploierait un cycle de 33 ans, durant lequel on intercalerait chaque quatrième année un 6e jour dit épagomène (c'est-à-dire intercalé), mais de façon qu'après la 7 e intercalation on attendrait la 5e année pour faire la 8e. Des décrets particuliers de 1793 et 1794 abolirent ce mode d'intercalation, et ordonnèrent que le premier jour de l'an serait toujours celui de l'équinoxe automnal, et qu'on le déterminerait chaque fois d'après des calculs astronomiques. L'emploi de l'ère républicaine ne dura que 13 années et 100 jours. Par un sénatusconsultedu 22 fructidor an 13, le Sénat conservateur abolit cette institution, et le 10 nivôse an 14 fut immédiatement suivi du 1er janvier 1806.