‹ Atlas universel d'histoire et de géographieChapitre 803 sur 1093 · I. HISPANIA · texte numérisé non relu

I. HISPANIA

oéopraphie physique : mers. — M. Cantabricum ou. Aquitanicus Sinus (golfe de Gascogne), Oceanus, qui communique avec la M. lnternum par le Fretum Gaditanum (détroit de Gibraltar) ; la mer lnternum ou SIediierraneum porte le nom de M. Ibericum sur la côte S. 0. de l'Espagne et de M. Balearicum, entre les îles Baléares et la Péninsule. Le Sinus Gallicus répond au golfe de Lion.

Montagnes. — Les Pxjfenœi Montes répondent aux Pyrénées modernes, et à leurs prolongements et ramifications. Les chaînes qui déterminent les grands bassins de l'Espagne n'ont pas toutes des noms anciens parvenus juaqu à nous. La plus célèbre, la Sierra Morena, était connue sous le nom de Castulonensis Saltus, de l'établissement Carthaginois de Castulon au pays des mines, si célèbre par l'exploitation de l'argent et du plomb argentifère (entre Almaden et Carthagène).

Promontoires. — Trilencium iC. Ortogal); Ne-

1. Documents: Atlas de Kieppert; nouvelle édition de l'Atlas de Spruner et Menke; auteurs anciens (dépouillement géogiapli.); les Itinéraires anciens; les monuments épigraphiques; les travaux récents de M. Ém. Hiibner sur 1 Espagne, etc.

rium Celticum (S.-Adrian); Magnum (Délia Roca); Barbarium- (Espichel); Sacrum (S. -Vincent). Les deux Columnœ Herculis correspondant à la Punta de Europa , près de Gibraltar, et à la Punta de Africa , près de Ceuta ; Pr. Charidemi (C. de Gâta); Pr. Saturni (C. Palos); Pr. Tenebrium (C. S. -Martin.)

Iles. — Les Baléares, dont les trois grandes sont : Major, Minor et Pitiju,sa , ou Ebvsus (Iviça).

Fleuves. — Les cinq grands fleuves de l'Espagne ancienne sont mentionnés, dans le vers suivant où s'observe même leur ordre géographique :

Sunt Durius, Minius, Tagus, Anas. Bœtis, Iberus, . Duero, Minho, Tage, Guadiana, Guadalquivir, Ebre

à gauche, le Singulis (Xenil) et le Salsum (Guadajoz); V Iberus reçoit, à gauche, le Galhcus (Gallego) et le Sicoris (Sègre). Les autres fleuves étaient : dans la Mare Cantabricum : YAluria (Besaya) ; Deva (Deba); le Nerva (Sella); le Nero (Nora); la Navia (Navia) ; Vlvia (Masma). — Dans 1 Océan :

GÉOGRAPHIE ANCIENNE

N" 19. Espagne et Maurétanie.

le Tamara (Tambre) ; le Limia (Lima) ; le Cebadus (Cavada) ; l'Avo (Ave) ; le Vacca (Vouda) ; le Munda (Mondego) . — Dans la Méditerranée : le Tuder (Segura) ; le Sucro (Xucar); le Turris (Guadalaviar); le Pallantia (Murviedro) ; YUduba (Myares) ; le Rubricatus (Llobregat Mayor); VAlba (Ter) et le Sumbroca (Fluvia).

Bibliographie. — L'origine des anciens peuples de l'Espagne est encore aujourd'hui l'objet de discussions qui partagent le monde savant. Il est cependant à peu près établi que les premiers occupants, qui ont imprimé à la race espagnole son caractère distinct, sont les Ibères d'où le nom Iberia donné longtemps à la Péninsule. Les traces nombreuses de cette race se reconnaissent dans les appellations géographiques. 11 peut paraître certain, en effet, que la langue basque dont les principes déformation, tout agglutinatifs, ne sauraient présenter aucune analogie avec les autres langues européennes, explique le radical Iri, Ili ou Ili, si fréquent en Espagne, par les mots : peuple, ville, établissement. Or les noms géographiques dans la composition desquels entrent ces radicaux se présentent surtout dans la Bétique, dans l'Espagne centrale et dans les contrées baignées par la mer intérieure. On les trouve encore dans la Gaule méridionale, à la fois dans l'Aquitaine, voisine des pays basques, et le long de la Méditerranée, jusque dans les Apennins où les Ligures, se sont établis (voy. le taJbl. n°s 11 et 12). Jamais on ne rencontre ces noms dans d'autres contrées de l'Europe , on ne les trouve pas même dans le N. 0. de l'Espagne, en Galice, dans les Asturies, ni en Lusitanie. On y trouve, au contraire, un grand nombre de noms celtiques ou Gaulois, reconnaissables à la terminaison magus, briga, odurus, ocelis, etc., et aux noms de peuples Celtici (au S. de la Lusitanie) et Gallœci, au N. de ce pays. Le nom significatif du Celtiberi, indique assez que c'est dans le bassin supérieur du Tage, et dans les montagnes qui séparent ce bassin de celui de l'Ebre, que s'est accomplie la transaction et le mélange des deux races qui se sont longtemps disputé et ensuite partagé l'Espagne, les Ibères, venus du Sud, sans doute d'Afrique (où l'on trouve des langues agglutinatives , comme le basque) et les Celtes venus du Nord. Il convient donc, à défaut d'informations historiques, de montrer, sur la carte, à l'aide des noms géographiques, le partage qui se fit de la Péninsule entre les deux peuples. C'est ce que nous avons fait, nous séparant en cela des systèmes suivis en Allemagne par les savants dont nous avons cité les noms au début de ce chapitre et auxquels d'ailleurs nous avons fait tant d'emprunts pour la géographie historique. Guidé par les radicaux ibériens d'une part , et , d'autre part, par les désinenses celtiques, nous avons opéré ce partage et fixé sur notre carte l'ethnographie de l'Espagne à l'aide de teintes plates. D'un côté nous rencontrons les noms des deux llipula, des deux Ilipa, chez les Turdetani, en Bétique, puis Illiberis, Illiturgis, .chez les Turduli (Bétique) , Libora au S. 0. àeToletum (Tolède) chez les Carpetani, les Ilercaones. Aux bouches de l'Ebre, les Ilergetes, sur la rive gauche de ce fleuve; une autre Illiberis (en Boussillon). Enfin les Vasco nés et les Vaccœi dont l'analogie d'appellation avec les Basques (Vascones, Gascons), qui ont conservé l'instrument précieux qui sert de clef de voûte au système, est frappante. — D'autre part, les noms celtiques, plus faciles à reconnaître dans les Gallœci, Lacobriga, Adobrica, le Prom. Celticum, Lambriara, Bracara, Amalobriga, Langobriga , Albocela, Brigetium, Talabriga, Conembriga, Ocelodurum (tous noms du bassin du Duero) ; ceux de Talabriga, Mundobriga , Ilorci, Celtici, et les noms hybrides Flaviobriga, Augustobriga joints à csiui des Celtiberi, nous permettent de déterminer à

peu près l'étendue de la prédominance celtique dans la Péninsule.

Sans parler de l'élément romain ou gréco-latin , qui a étendu sur toute l'Espagne une couche uniforme, mais sans profondeur, il faut faire entrer dans ce tableau ethnographique les Phéniciens- Carthaginois qui ont jeté de bien plus profondes racines par leur commerce et leur industrie civilisatrice et qui ont dominé principalement : 1° sur les côtes, témoins, les noms Tartessus (Tarthish) , Gadts, Calpe, Carteia, Malaca, les Bastuli, Urci, Murgi, Barca, Carthago Nova, Ruscino; 2° sur le cours des fleuves méridionaux dans les territones fertiles : Obulco, Obucula, Carmo; 3° dans les pays de mines, à l'intérieur : Castulo et Castulensis Saltus.

Géographie historique. 1D ÉPOQUE carthaginoise (voy. le tableau n° 14 pour la Géographie économique). — Ce que l'Espagne a dû aux Car=thaginois, c'est une prospérité matérielle qu'elle n'a jamais retrouvée depuis et qui a disparu sous l'administration militaire des préteurs romains pour ne renaître que faiblement sous les empereurs. Le résumé que nous avons donné dans le tableau 14 se rapporte donc exclusivement à l'époque carthaginoise.

Nous avons tracé, sur la carte l'itinéraire d'Hannibal d'après Polybe et Tite-Live.

2° Epoque romaine. — Nous donnons ici, à titre d'extrait, les résumés de Becker et Marquardt sur les provinces romaines d'Espagne , comme nous l'avons fait pour la Sicile et la Sardaigne. C'est le travail élémentaire le mieux fait sur la matière.

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