LUSITANIA
La Lusitanie, qui s'étendait depuis YAnas jusqu'au Durius, était une province de l'Empereur, administrée par un Legatus Augusti prétorien qui avait sous ses ordres un Legatus et un Procurator.
Elle se subdivisait judiciairement en trois conventus .- Emerita, Pax-Julia et Scalabis.
Elle comprenait, au temps d'Auguste, 46 peuples, 5 colonies (c), 1 municipium civium romanorum (d),3 civitates jouissant du Jus Latii (e), et 36 stipendiant.
La Bétique, appelée aussi Hispania-Ulterior, s'étendait depuis Urci jusqu'à VAnas.
Elle était administrée, en sa qualité de province du Sénat, par un Proprxtor portant le titre de Proconsul, qui avait sous ses ordres un Legatus et un Quxstor.
(a) Appien {Bell. Hisp., ,3) attribue cette subdivision à Auguste c. 102, et avec raison. 11 ne s'agit pas d'une subdivision administrative dans le passage de la Guerre civile, mais de commandements militaires transitoires.
(b) L'idée d'une administration purement militaire de la Galice présente quelque vraisemblance. (Marquardt.)
(5) Ce sont : 1° Cinq colonies de César : 1° COLONIA . VICTRIX • IVLIA • NOVA ■ CARTHAGO, — 2° VALEN- TIA, - 3° TARRACO, — 4» CELSA, — 5° ACCI (voy. Pline, Hist. nat., III, 4, 19-25. — 11° Six d'Auguste : 1° IIlici , — 2° Barcino, — 3° Cxsar augusta, — 4° Libisosa, ■ — 5° Salaria, — 6° Clunia (conject. de Zumpt, p. 366 et suiv.), —V Flaviobriga (Pline, Hist. nat.,l\, 34, 110); on doit peuf<-être l'attribuer à Vespasien.
(c) Augusta-Emerita, Metallinum, Pax, Norba-Caesariana, Scalabis (Plin.,IV, 21, ou 35) [Prxsidum-Julium] .
(d) Olisipo [Félicitas Julia].
(e) Ebora [Liberalitas Julia]. Myrtilis, Salacia [Pline, ib.].
Après Constantin, on joignit à cette province une partie de la Maurètanie (voy. cette province).
La Bétique se subdivisait judiciairement en quatre conventus : Corduba, Gades, Astigi et Hispalis.
Elle comprenait 175 villes: 9 colonix ; 8 municipia ; 29 civitates juris Latii; 6 civitates liberx ; 9 fœderatx ; 120 stipendiarix.
La Bétique, ainsi que la partie avoisinante de la Tarraconaise, étaient déjà devenues complètement romaines par les mœurs et la langue, au temps de Strabon.
L'établissement de routes à partir de l'an 124 et celles que firent surtout Pompée et Auguste, favorisèrent l'extension de la civilisation romaine; mais les peuplades du nord conservèrent longtemps encore leur nature belliqueuse.
Vespasien donna aux provinces d'Espagne, qui s'étaient toutes trois attachées à lui dès son avènement, le jus Latii.
Après Constantin, l'Espagne fut placée sous les ordres du vicarius Hispaniarum et se divisa en sept provinces :
3 consulaires : La Bétique, la Lusitanie, la Gallécie ;
4 présidiales: la Tarraconaise, la Carthaginoise, les îles Baléares, et la Tingilane.
Routes. — Quant aux routes, il serait trop long de donner pour l'Espagne et l'Afrique les itinéraires avec les identifications modernes ; mais nous ne saurions trop insister sur l'importance de premier ordre de ces précieux documents. Nous nous contenterons de rappeler ici qu'il n'existe qu'un seul itinéraire complet pour l'Espagne, c'est celui d'Antonin. On sait que ce pays manque dans la Table de Peutinger, mais on a trouvé récemment dans les Bains de Vicarello, anciens Thermx Apollinares, près de Rome, quatre gobelets portant l'itinéraire de Gadès à Rome. Nous nous contenterons de donner ici cet itinéraire pour la partie qui regarde l'Espagne, en le comparant à la table Antonine.
Nous savons qu'il existait une route sur le littoral déjà au temps de Polybe et suivant à peu près la même direction.
gobelets de vicarello.