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A CHARLEMAGNE, A CARLOMAN

l'Austrasie , la Thu- la Bavière , l'Ail éringe, la Neustrie, dans manie , l'Alsace , la leur intégrité. Burgondie, la Provence

et la Septimanie.

Quant à l'Aquitaine, qui n'est pas nommée dans l'acte de partage, elle fut, d'après toute vraisemblance, partagée assez également entre les deux frères. Charlemagne aurait eu la partie occidentale ; Caxloman celle qui se rapprochait davantage de ses Etats, la partie orientale. Ce dernier, par sa mort, laissa Charlemagne seul maître.

Ce prince compléta l'œuvre de conquêtes , commencée par son père. La grandeur de l'empire des Francs fut portée, sous son règne, à son apogée ; Charlemagne donna même aux vastes contrées sur lesquelles il domina une apparente unité.

Tous les pays de son royaume conservèrent le nom qu'ils avaient eu sous les Mérovingiens. Ainsi, l'on distingua encore la Thuringe, l'Austrasie, la Neustrie, la Bavière, l'Allémanie, la Burgondie, la Provence, la Septimanie, l'Aquitaine, la Vasconie. A ces provinces qu'il avait reçues de son père, il faut ajouter la Frise et la Saxe dont la conquête lui coûta si cher ; la Bretagne armoricaine qu'il subjugua et qu'il força à lui payer régulièrement un tribut pendant tout son règne; une partie de l'Espagne, ainsi que la Corse, la Sardaigne et les îles Baléares qu'il enleva aux Arabes; enfin, l'Italie qui ne tomba pourtant pas tout entière sous sa domination. Il est probable qu'il fut permis au duc de Bénévent de rester libre. Plusieurs villes des côtes appartenaient, dans le midi de cette contrée, aux Grecs qui exerçaient encore sur Venise une espèce de suzeraineté. Charlemagne porta ses armes à l'Orient jusqu'à Theiss, limite qui séparait son empire de celui des Avares. Pourtant les Slaves de l'Esclavonie entre la Save et la Drave ne furent que ses tributaires. Plusieurs peuplades du nord-est , les Obotrites, les Willz, les Sorabes, les Chèches et les Moraves lui payaient un tribut et conservaient leur indépendance.

En 806, Charlemagne divisa son empire entre ses trois fils.

Extrait du Capitulaire de Thlonvillc en S06 :

« C. i. Il nous a plu de diviser l'empire que Dieu nous a conservé de la manière suivante : toute l'Aquitaine avec la Vasconie, excepté le pagus de

Tours, tout ce qui, en ce pays, regarde l'occident et s'étend jusqu'à l'Espagne, la cité de Nevers, le pagus (région ou cité) d'Avalon (Aralensis), d'Alise {Alsensis), ceux de Châlon, de Màcon, de Lyon, la Savoie, la Maurienne, la Tarentaise, le Mont-Cenis, la vallée de Suse jusqu'à Clusœ, et, tout ce qui est en deçà des monts Italiques, en suivant cette chaîne, depuis ce point jusqu'à la mer, et tout ce qui est compris entre cette limite et l'Espagne, c'est-à-dire une portion de la Bourgogne, la Provence et la Septimanie ou Gothie, formeront la part de notre fils Louis.

«C. ii. La portion de l'Italie qui porte le nom de Lombardie, la Bavière telle que la possédait Tassillon , excepté les deux villes d'Ingolstadt et de Lutrahahof, et la portion de l'Allémanie qui est située sur la rive droite du Danube; prenant ainsi ce fleuve pour limite jusqu'à l'endroit où il se rapproche le plus du Rhin , puis remontant le cours supérieur du Rhin jusqu'aux Alpes d'où il sort : tout ce qui se trouve au midi et à l'est de ces limites avec le duché de Coire, nous le donnons à notre fils Pépin.

« C. ni. Tout ce qui, dans notre empire, est en dehors de ces limites, la Frankia, la Bourgogne, excepté ce que nous avons attribué sur ce pays à Louis, l'Allémanie, excepté la portion donnée à Pépin , l'Austrasie (Austria) , la Neustrie, la Thuringe, la Saxe (Saxonia), la Frise et la portion de la Bavière appelée Northgaw, nous le concédons à notre fils Charles. »

Le C. iv dispose des nouveaux partages éventuels en cas de mort d'un des trois princes.

Etat de TEnipire de Cliarïeœffiagme eu

814. — Limites. — L'Empire comprenait: 1° les pays entièrement soumis et 2e ceux qui n'étaient que. tributaires. Les limites réelles n'embrassaient que les possessions immédiates et le patrimoine de saint Pierre. C'étaient, à PO., au N. 0. et au N., la mer, l'océan Atlantique, l'océan Germanique et l'Eyder qui le séparait des Danois ; à TE., la mer Baltique, la Trave, une limite qui gagnait l'Elbe et remontait le fleuve jusqu'à son affluent avec la Sala, le cours de la Sala en la remontant jusqu'à sa source, les monts du Nordgau ou Monts de Bohème (Bœhmerwald) , le Danube dont elle descendait le cours jusqu'à son confluent avec le Raab, le cours du Raab jusqu'au 14e méridien 0., une ligne qui, de ce point, gagnait la Save puis descendait son cours jusqu'à son confluent avec le Danube, qui descendait le Danube jusqu'à son confluent avec la Save, remontait la Save jusqu'à son confluent avec la Bosna, remontait la Bosna jusqu'au deux tiers de son cours environ, gagnait la Narenta, descendait le cours de ce petit fleuve et rejoignait la mer Adriatique ; — En Italie, YAtemus ou Pescara, et le Liris ou Garighano; — la mer Méditerranée, et, en Espagne, l'Èbre, cours inférieur, ce qui comprenait la marche d'Espagne et les Pyrénées centrales et occidentales, ce qui embrassait les marches de Gothie et de Vasconie et laissait en dehors la Navarre. — Les îles Baléares et la Corse étaient rattachées, les premières à la division du royaume d'Aquitaine depuis 789, et, la seconde, au royaume d'Italie depuis 806. La Sardaigne ne fut soumise, qu'en 815.

Les peuples tributaires étaient, à l'O. : 1° les Slaves Wendes qui comprenaient les Obotrites, les Wiltz, les Sorabes, les Silésiens, les Bohèmes ou Tchèques et une partie des Moraves. La limite de cette région était l'Oder, au delà duquel on trouvait des places libres, Lekhs ou Polonais, 2° les Avares ou Huns, soumis au tribut après trois campagnes mémorables 788-796.

Ces peuples étaient compris entre- le Raab et la Theiss et s'étendaient par conséquent sur les deux rives du Danube moyen. — En Italie : le duché

GÉOGRAPHIE MODERNE. — N° «8. Empire de Charlemagne en 814. 865

de Spolète était compris dans l'Empire, et la principauté de Bénévent, dernier débris de la puissance Lombarde, en dehors et tributaire ; — en Espagne, la Navarre, pays des Basques Espagnols, était tributaire. — En Gaule, les Bretons.

Les pays soumis étaient assujettis à la division administrative des comtés et des légations, à la division militaire des marches et à la division politique en trois royaumes : celui des Francs, et ceux d'Italie et d'Aquitaine.

(N. B. Pour les évêchés et les abbayes célèbres, voyez la carte des diocèses historiques de la France evec le tableau n° 38 et la carte de l'époque mérovingienne avec le tableau n° 21).

Empire des Francs proprement dit. ' —

Le royaume des Francs proprement dit, dont Charlemagne s'était réservé directement l'administration, renfermait les huit provinces de Neustrie, Bourgogne septentrionale, Austrasie, Saxe, Frise, Thuringe , Bavière et Allémanie.

«Neustrie. Paris, depuis la chute des Mérovingiens, n'était plus le séjour des rois. Trois grandes métropoles : Sens , Rouen, Tours. Les autres villes importantes sont Soissons et Noyon, où furent couronnés Pépin (752) et Charlemagne (768) ;Troyes, où Pépin réunit la première armée qu'il conduisit en Aquitaine. Les seules cités qui avaient pris un peu d'importance politique étaient : Angers, où résidait le margrave qui commandait à la marche établie pour contenir la turbulence des Bretons; Boulogne et Gand, dont Charlemagne avait fait des arsenaux considérables et où il avait placé des flottes destinées à surveiller les incursions des pirates du Nord. Les villas royales se ressentaient elles-mêmes de l'abandon dans lequel se trouvait la Neustrie : celles d'Attigny, sur l'Aisne, de Verberie et àeKiersy, sur l'Oise, étaient beaucoup moins fréquentées que sous les Mérovingiens.

« Bourgogne.2 — Elle renfermait encore la Provence et I'Helvétie (Suisse), et possédait des villes considérables, comme Lyon, Vienne, Embrun, Besançon, Arles, Genève, Luxeuil, et les résidences royales de Payerne et de Mantailles.

« C'était aux provinces rhénanes que la prépondérance politique était passée ; c'était pour leurs villes et leurs villas que les Carlovingiens réservaient toutes leurs faveurs.

a L'Adstrasie, qui s'étendait depuis les rives de l'Escaut, lequel la séparait de la Neustrie, jusqu'à la Sala, était le berceau des Francs; devenue le centre de leur empire, elle conserva même leur nom dans celui de Franconie appliqué à sa partie orientale. Longtemps avant Charlemagne, l'Austrasie comptait déjà, sur les deux rives du Rhin, des villes importantes: à l'ouest, sur la Moselle, Trêves et Metz, l'ancienne capitale du royaume d'Austrasie ; Coblentz, au confluent de la Moselle et du Rhin ; Spire, Worms, Mayence, Cologne, sur le cours de ce dernier fleuve ; Nimègue, sur le Wahal ; puis Ingelheim, à l'ouest de Mayence. De l'autre côté du Rhin , on peut citer Wurtzbourg et Francfort sur le Mein. A ces villes nombreuses, que Charlemagne embellit de palais et d'églises, il faut ajouter les résidences royales dont le séjour du prince ne tarda pas à faire de grands centres de population. Nous nommerons Aix-la-Chapelle, Duren, Héristal, Thionville, Valenciennes, Andemach et Tribur.

«La Saxe, qui s'étendait, de l'ouest à l'est, des rives de l'Ems au cours de l'Elbe, et, du N. au S., de la péninsule Cimbrique aux confins de la Thuringe, était^ habitée, par les grandes tribus soumises de 772 à 776: "Westphaliens, ou Saxons occidentaux,

1. Ce résumé est emprunté, en partie, aux leçons de M. Chevalier, Hist. du moyen âge.

2. Nous ne la divisons pas ici comme dans le capitul. de 806 et nous considérons l'ancien royaume de Bourgogne en son entier.

Ostphaliens, ou Saxons orientaux, et Angariens. Il y avait aussi les Saxons transalbingiens, soumis en 803, au N. du fleuve. Avant la conquête opérée par Charlemagne, ce territoire ne renfermait qu'un petit nombre de lieux fortifiés, tels que Sigebourg, qui en couvrait l'entrée du côté du Rhin, et Ehresbourg (le Château d'Honneur) , sur la Rohne, dont les Francs s'emparèrent pour y placer une garnison. Mais, lorsque Charlemagne eut soumis les Saxons, il s'appliqua à changer leurs habitudes, et, afin de faire cesser la mobilité de leur existence, il s'efforça de les attacher au sol et de les fixer dans des villes qui servirent en même temps de boulevards contre les mouvements des peuples Slaves. Bientôt, sur tous les points de la Saxe, s'élevèrent un grand nombre de cités qui devaient leur origine, soit à des forteresses, comme Lippstadt, aux sources de la Lippe, Herstell, sur le Wéser; Éobbuoki (Hambourg), aux bouches de l'Elbe ; soit à des palais, comme Hall, sur la Sala, et Wagdebourg, sur l'Elbe; soit enfin à des évêchés, comme Brème et Minden, sur le "Wéser, Halberstadt, sur l'Holzemme , Hildesheim, sur l'Innerste, Verden, sur l'Aller, Paderborn, assemblée de 777 ; dans la vallée de la Lippe, Osnabruck, sur la Hase, et Munster, sur l'Aa.

« La Frise, qui pourrait être considérée comme une dépendance de la Saxe, s'étendait le long de la mer du Nord, des bouches du Rhin à celles du "Wéser, et ne renfermait d'autres villes que Deventer, sur l'Yssel, et Rustringen, près de l'embouchure du Wéser. Nimègue (830) et les villes historiques de Buchloz (779) , Detmold (783), etc.

ce La Thuringe, située au S. de la Saxe, dont elle était séparée par l'Unstrutt, couvrait l'Austrasie à l'est contre les incursions des Slaves, mais ne possédait guère d'autres lieux remarquables que les villes d'Ingolstadt et de Lutrahahof.

« La Bavière, renfermée entre les Alpes et le Danube, le Lech et l'Ens, avait perdu son indépendance depuis la révolte de Tassillon, et était administrée par des comtes francs. Ses villes principales étaient Ratisbonne ou Regensbourg, et Passau, sur le Danube, Freysingen, sur l'Iser, Salzbourg, sur la Salza. A l'est de la Bavière, jusqu'à la Theiss, limite extrême de l'empire au sud-est, se trouvait la Pannonie, occupée jadis par les Avares. Après la destruction de ce peuple (796), Charlemagne abandonna le territoire compris entre le Raab et la Theiss à une tribu de Huns qui avaient promis d'embrasser le christianisme, et qui donnèrent à ce pays le nom de Hunnie ou Avarie. Mais entre la Bavière et le Raab, dans cette partie de la Pannonie qui confinait à l'empire, Charlemagne organisa la Marche orientale (marche d'Autriche), où s'élevèrent les évêchés de Faviana et de Nitra.

« L'Allémanie ou Souabe, qui forme aujourd'hui le Wurtemberg, le duché de Bade et la Suisse allemande, était entièrement soumise depuis 748. Elle s'étendait, de l'est à l'ouest, du Lech, qui la séparait de la Bavière, à la rive droite du Rhin, et, du sud au nord, des Alpes à la Franconie, Ses villes principales étaient Coire, Saint-Gall, Constance et Augsbourg, sur le Lech.

« On peut rattacher à l'Allémanie I'Alsace, située entre le Rhin et les Vosges, partie de l'Allemagne destinée à devenir française et qui faisait communiquer la Gaule avec la Germanie; ses villes importantes étaient Strasbourg et Bâle.

« Royaume «l'Italie. — Le royaume d'Italie renfermait tout l'ancien royaume des Lombards, depuis les Alpes jusqu'au Garigliano. Il comprenait la Lombardie, la marche Trévisane et celle de Carinthie ou duché de Frioul, ainsi crue les possessions de l'Église.

« Dans la Lombardie, les villes principales étaient Pavie, Milan, Vérone. La marche Trévisane avait Trévise pour capitale.

GÉOGRAPHIE. — EXPLICATION DES CARTES

a Au nord -est de la Péninsule, la marche de Cabinthie ou duché de FfiiouL, qui s'étendait jusque dans la Pannonie inférieure, comprenait : le Frioul, avec une capitale du même nom, au noi'd d'Aquilée; la Liburnie, I'Istrie et la Dalmatie, dont une partie néanmoins appartenait à l'empire grec.

«Le Patrimoine de saint Pierre, dont la donation faite par Pépin le Bref avait été confirmée par Charlemagne, se composait : du duché de Rome, c'està-dire de la Sabine et de l'ancien Latium, avec Rome pour capitale, de la Pentapole, dont les villes étaient Ancône, Rimini, Pesaro, Fano et Sinigaglia, et de I'exarciiat qui s'étendait le long de l'Adriatique jusqu'au cours de l'Adige au nord, avec les villes de Padoue, Ravenae, Bologne, Ferrare) etc. (Voyez plus haut, la note p. 75.)

«Royaume d'Aquitaine. — Le royaume d'Aquitaine, érigé en faveur de Louis, le plus jeune des fils de Charlemagne, s'étendait du nord au sud. de la Loire aux Pyrénées et au cours inférieur de l'Èbre, et, de l'est à l'ouest, du Rhône à l'océan Atlantique.

« Outre l'Aquitaine proprement dite, ce royaume renfermait encore la Septimanie, le duché de Gascogne et les marches espagnoles.

« L'Aquitaine, dont la capitale était Toulouse, se trouvait divisée sous le rapport politique en quinze comtés, savoir : 1° Le Poitou, capitale Poitiers; 2° le Berry. cap. Bourges; 3° la Saintonge, cap. Saintes; 4° I'Angoumois, cap. Angoulême; 5° le Limousin, cap. Limoges; 6° 1' Auvergne, cap. Clermont; 7° le Velay, cap. le Puy; 8° le Gévaudan, cap. Javouls; 9° le Rouergue, cap. Rodez; 10° 1 Albigeois, cap. Albi; 11° le Toulousan, cap. Toulouse; 12° I'Agénois, cap. Agen, avec la villa de Chasseneuil sur le Lot; 13° le Bordelais, cap. Bordeaux; 14° le Quercy, cap. Cahors: 15° le Périgord, cap. Périgueux.

«Sous l'administration du jeune Louis et surtout de ses tuteurs, Guillaume de Toulouse et saint Benoît d'Aniane, l'Aquitaine se remit promptement des maux de la guerre désastreuse qu'elle avait soutenue pour son indépendance. Saint Benoît planta des vignes et des oliviers, ouvrit des routes", créa des moyens d'irrigation et fonda le célèbre monastère d'Aniane, qui non-seulement fut un foyer religieux et intellectuel, mais qui devint bientôt un grand centre industriel et agricole.

« La Septimanie ou Gothie, qui s'étendait le long de la Méditerranée, des Pyrénées à l'embouchure du Rhône, avait perdu ses privilèges sous Charlemagne et était divisée administrativement en sept comtés: ceux de Narbonne, de Béliers, de Nîmes, de Lodève, de Carcassonne, d'Agde et de Maguelonne.

« Le duché de Gascogne, compris entre le cours de la Garonne et l'Océan, relevait du royaume d'Aquitaine; mais sa soumission était précaire, ainsi que le prouve le désastre de Roncevaux, auquel les Gascons prirent une large part. Dans cette circonstance, il est vrai, leur duc Lupus fut pendu et son duché confisqué; mais plus tard Charlemagne le rendit à son fils, en en détachant toutefois la partie située au delà des montagnes de la Navarre, pour y organiser la marche de Gascogne dont Jacca paraît avoir été la capitale.

« La marche d'Espagne que Charlemagne constitua avec les conquêtes qu'il avait faites sur les deux versants des Pyrénées, s'étendait au sud jusqu'à la vallée de l'Èbre. Elle était divisée en deux parties : a l'ouest la marche de Gascogne dont nous venons de parler et qui correspond à la Navarre; et à l'est la marche de Gothie (Catalogne actuelle) dont la capitale était Barcelonnc, lieu de résidence du chef militaire qui avait sous ses ordres les comtes d'impurias, de Girone, à'Urgel, à'Ausone et de Bezalu. »

Gouvernements. Les grandes divisions territo-

riales se subdivisaient en missatica, ressorts d'inspections générales, étendue et nombre variables, souvent les mêmes que les provinces ecclésiastiques. (Voyez la carte histor. des Diocèses, n° 38.) Les comtés correspondent souvent aux diocèses. Après les duchés et les comtés venaient les vigueries ou vicomtes divisés à leur tour en cantons ou centaines. Quant aux manses ou manoirs, ce n'était pas une subdivision administrative, mais cadastrale.

l'Empire franc après Charlemagne.

814 — 843'. Avec Charlemagne devait périr le vaste empire qu'il avait créé. Tous les peuples qu'il avait réunis par la violence pour n'en faire qu'un seul faisceau dans sa puissante main, allaient se séparer de nouveau et pour toujours. Nous n'avons pas à examiner les causes qui amenèrent un tel résultat. Nous nous contenterons de faire observer que les convenances géographiques doivent être comptées pour quelque chose dans le démembrement de l'empire carlovingien, ainsi que dans le système féodal qui, à partir de cette époque, va prendre de jour en jour de nouveaux développements.

L'année même de la mort de Charlemagne, une assemblée fut convoquée à Aix-la-Chapelle. Bernard, roi d'Italie, vint y rendre hommage à Louis le Débonnaire, qui le renvoya en lui laissant dans ses États autant de pouvoir qu'il en avait eu jusqu'alors. En même temps, il donna le gouvernement de la Bavière à Lothaire, l'aîné de ses fils, et celui de l'Aquitaine à Pépin. Quant à son troisième fils, Louis, connu plus tard sous le nom de Louis le Germanique, il était encore trop jeune pour être chargé d'aucun gouvernement. L'empire ainsi constitué devait être administré comme il l'avait été dans les dernières années du règne de Charlemagne.

L'empereur, trouvant le fardeau encore trop lourd, une nouvelle assemblée fut convoquée à Aixla-Chapelle, en 817, l'empire fut divisé entre Lothaire, Pépin et Louis, de la manière suivante :

Pépin eut l'Aquitaine, la Vasconie, et quatre comtés, celui de Carcassonne dans la Septimanie, et ceux d'Autun, d'Avalon et de Nevers dans la Burgondie. Le comté de Toulouse fut une des marches de ce nouveau royaume d'Aquitaine.

Louis eut la Bavière, la Carinthie, la Bohême, la Moravie et la Pannonie; de plus, deux villes seigneuriales dans chacun des cantons de Nortgrave. de Luttraof et d'Ingoltadt.

Louis le Débonnaire se réserva le reste du royaume, qui, à sa mort, devait échoir à son fils aîné, associé dès lors à l'empire.

Cette division ne semblait nuire aucunement à l'unité de l'empire, puisqu'il devait y avoir toujours un maître suprême, l'Empereur. Cette centralisation politique qu'avait rêvée Charlemagne n'était plus possible. Chaque peuple allait mettre à profit la faiblesse et l'impuissance des derniers Carlovingiens pour rentrer en possession de sa nationalité, et pour s'isoler de plus en plus du pouvoir central. Les incursions des pirates normands sur les côtes occidentales de la Gaule contribuent à la désorganisation de l'empire.

Pourtant un reste de la domination qu'exerçait Charlemagne sur les peuples des frontières du nord et de l'est existait encore. Les Obotrites, les Sorabes, les Wiltz, les Bohémiens, les Moraves, les Avares de la Pannonie et les Danois eu-x-mêmes envoyèrent aux assemblées nationales, convoquées par Louis le Débonnaire, des ambassadeurs qui venaient, pour ainsi dire, resserrer les liens de dépendance qui les unissaient aux Francs. Il n'en était pas de même à l'occident et au sud, les deux peu-

1. Dans cette dernière partie, emprunts faits aux ta bleaux de M. Dufau, déjà cités.

GÉOGRAPHIE MODERNES

N° 88. Empire de Charlemague en 814. 867

pies indomptés jusqu'à Charlemague, les Bretons et les Vascons, prouvaient, par des révoltes fréquentes, que le joug de l'étranger leur était insupportable. La désunion qui va éclater entre l'empereur et ses fils leur rendra bientôt une indépendance complète.

Aucun changement ne fut fait au partage de 817 jusqu'en 829. Mais alors Judith, seconde femme de Louis le Débonnaire, réclama pour son fils, Charles, une part dans l'héritage de Charlemagne. Cette part fut faite aux dépens du futur successeur de l'empereur, et elle consista dans l'AUémanie, la Rétie et dans quelques cantons de la Burgondie.

Ce partage, fait contrairement à ce qui avait été réglé en 817, fut une des causes qui troublèrent le plus l'empire. Lothaire, Pépin, Louis le Germanique, se révoltèrent. Assemblée de Compiègne (830), Champ du mensonge (833). Le triomphe des rebelles fut néanmoins éphémère. La désunion se mit entre eux. Le Débonnaire fut réhabilité , et un nouveau partage eut lieu en 835. Lothaire qui avait surtout mécontenté l'empereur vit sa part réduite à la seule Italie. Le titre d'empereur lui fut même ôté. Tout le reste de l'empire fut partagé entre les trois autres frères dont les lots furent ainsi considérablement augmentés. L'Aquitaine fut agrandie, au profit de Pépin, de quelques villes situées entre la 'Loire et la Seine. La Bavière, ainsi que l'AUémanie, reçurent de grands accroissements et furent données à Louis. Le reste de l'empire était destiné à Charles qui remplaçait Lothaire et qui semblait hériter ainsi de tous ses droits à la succession de Louis le Débonnaire.

Ce partage fut modifié en 837, toujours en faveur de Charles, qui eut pour lot la Neustrie, et divers comtés de la Burgondie et de l'Austrasie. Pépin, roi d'Aquitaine, étant mort une année après, Louis le Débonnaire disposa arbitrairement de son héritage, et enrichit son fils Charles, aux dépens des successeurs naturels de Pépin.

La révolte de Louis occasionna le dernier partage qui fut fait du vivant de Louis le Débonnaire. Louis vit son héritage réduit à la seule Bavière, et tout l'empire franc fut divisé en deux portions. Lothaire eut pour lui la partie orientale, qui comprenait l'Italie, la Germanie, à l'exception de la Bavière, la Provence et quelques villes de la Burgondie et l'Austrasie (839).

La mort de Louis le Débonnaire, arrivée quelque temps après, compliqua l'état politique et géographique de l'empire des Franks. Un partage définitif était nécessaire. C'est celui qui fut fait trois ans après, à Verdun, et qui eut pour résultat de classer les peuples selon les convenances géographiques et nationales.

Partage de Verdun 8<&3.

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