FOU-KOUE
entre eux des vengeances ct, pour se mettre à l'abri des représailles, ils élèvent des constructions défensives en forme de tour, au moyen de pierres superposées sans aucun mélange de mortier. Quelquesunes de ces demeures fortifiées ont jusqu'à dix {chang* de hauteur; les plus ordinaires sont hautes de cinq à six tchang. L’unique petite porte par laquelle on y pénétre est soigneusement close pendant la nuit.
Ces barbares comptent environ vingt mille familles. Ils épousent les concubines de leur père et les femmes de leur frère aîné, s'ils viennent à mourir. Le frère aîné épouse de même la veuve de son frère cadet. Ils ont des arcs de six pieds de long, dont la corde est remplacée par une lame mince en bois de bambou. Ils aiment à chanter et à danser. Ils jouent d’une longue flûte à sept trous qui s'applique aux lèvres transversalement. Ils ne portent point le deuil des morts. Quand l’un d’entre eux vient à mourir, ils placent le corps sur une haute estrade après l'avoir bien lavé; ils lui mettent sa cuirasse et son casque et le couvrent de peaux d'animaux. Les fils et les petits-fils du défunt ne pleurent pas; ils sautent autour du corps, frappant sur leurs cuirasses, agitant leurs épées et criant : « Les démons ont pris mon père, je veux tuer les démons pour le venger. »
La coiffure des habitants de ce royaume est tantôt un bonnet de peau, arrondi comme une écuelle?, tantôt un bonnet du genre
appelé mi-lo$. Leurs vêtements sont généralement de laine ou de
+ tn
* Voir ci-dessus, page 167, note 7. Di Hi Cette expression est assez ÿ Littéralement : comme les vases ap- obscure. Le dictionnaire de Kang-hi dit
pelés EX. simplement que la coiffure appelée mi-lo
fourrures. Ils font des tiges de botte avec le cuir d'une jambe de bœuf enlevé d’un seul morceau. Ils portent au cou un cercle de fer. Le roi et ses principaux officiers placent sur leur tête des ornements d'or et, suspendue au cou, une fleur d’or de trois pouces de haut.
Sur les plateaux, qui sont élevés, la température est fraîche. Beaucoup de vent et de pluie, ce qui convient à la culture du blé siao-me”. Les faisans argentés abondent dans les montagnes 7'singste #, qui renferment des mines d'or et d'argent. Les rivières fournissent d'excellents poissons, longs de quatre pieds, dont les écailles sont très-fines.
Sous le règne l'empereur Ngan-ti, la quatrième année fa-nie (608), le roi du Fou-koue envoya son fils Y-/in° faire la visite d'hommage. Ce prince amenait avec lui les représentants des barbares Kia-leang-y, qui étaient au nombre de soixante. Le pays des Kia-leang-y est arrosé par un fleuve de soixante à soixante-dix fchang de large, et le Fou-koue par un autre fleuve large de cent fchang au moins. Ces deux fleuves coulent du nord au midi. On les traverse sur des bateaux de cuir.
Au midi du Fou-koue sont les Po-youen-y '°, dont les mœurs ressemblent à celles de leurs voisins. A son ouest est le Royaume
(c'est ainsi qu'on doit prononcer) est une mi-lo.
coiffure portée par les femmes. W. Wil- j JP K Triticum vulgare. liams, qui ne donne pas le premier carac- * Pg AI LL
ga FX tère, attache au second le sens de chapeau EL 1
> 13, de paille blanche, mais il est évident que 10 sli 7% pal C'est-à-dire barbares
ce sens doit être modifié dans la locution Y (appelés) Po-youen.