SCÈNE XII
Les MEMES, M" CHEVALIER.
M“* CHEVALIER, k David.
U me semblait bien que j’avais reconnu ta voix. . sais-tu que tu es resté bien long-temps dehors...
DAVID
Que voulez vous, tante, quand on est avec des amis...
M*' CHEVALIER
Je conçois , on rit on cause.
DAVID
Et puis, après le dîner on va an café.
JULES
Arrive arrive... le voilà qui met un pied sur le gouffre...
SI*' CHEVALIER
Après le café...
DAVID
On joue.
JULES
Avec ça qu’id, ilsjouent comme des enragés...
Qu’en savez vous. Monsieur? est ce que vous êtes joueur, par hasard?..
JULES
Moi, ma tante, non non ; je l’ai entendu dire, voilà tout
M” CHEVALIER
Il ne vous manquerait plus que ça.
DAVID
C’est une terrible passion que le jeu !.. tenez ma tante... j’aime mieux tout vous dire... la franchise est le fond de mon caractère.
M*' CHEVALIER
Ce n’est pas comme M. Jules qui n’esi qu’un petit dissimulé.
DAVID
Bref!., ma tante... j’ai eu l’imprudence de joner sur parole... et j'ai perdo... obi c’est la dernière fois je vous le jure.
JULES, k part.
Tu vas recevoir ta danse , mon gaillard.
■** CHEVALIER
Je te sais gré d'avoir été franc avec moi, David; c’est bien... c’est très bien... ma bourse est à ton service.
DAVID
O ma tante , que vous êtes bonne!..
Allons, donne-moi le bras... viens dans mon cabinet..
JULES
Par exemple ! je ne m’attendais pas à cellelà... est-ce bien vous, ma tante, vous, le soutien du bouillon aux herbes , la protectrice de la bourrache, est-ce vous qui soutenej le cabaret, encensez la tabagie , et qui portez aux nues la bouillotte?
M~* CHEVALIER
Taisez-vous, monsieur... prenez modèle sur votre cousin ; il peut avoir les défauts de son âge, mais vous, vous n’avez pas une des qualités du vfttre. Vous êtes un hypocrite.
DAVID, k Jules.
Mon ami, tu avais bien raison , la taule est charmante.
M" CHEVALIER
Viens, mon garçon-, viens, mon petit David.
( Elle lui frappe sur la Joue et sort avec lui. )