O DOULEUR, TE VOICI I
O douleur, te voici I Légendaire et divine, tu reviens, tu grandis, tu t'inclines sur moi. Tu m'apportes ma part de ténèbre et d'effroi ; tu m'enlaces... Je sens tes mains sur ma poitrine.
Ta voix que je connais, me dicte, en mots brutaux, quelque message amer, inique et redoutable ; et ton geste éternel, sur mon cœur misérable, va brandir à la fois la flamme et le couteau.
Regarde-moi, douleur I Trop longtemps je t'ai crainte et trop souvent j'ai fui devant tes volontés. Désormais je t'oppose un courage irrité, je te provoque et je me livre à ton étreinte.
Douleur, je te vaincrai dans un combat payen. L'aube s'étonnera de te voir asservie ; et je te garderai près de moi pour la vie, pantelante et soumise à jamais comme un chien î