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LA FONTAINE

Presque stagnante, lente et calme, la fontaine, au fond du parc où règne un silence éternel, sous l'immobilité des arbres solennels, abrite son eau sombre et qui se moire à peine.

Dans la vasque de marbre aux rigides contours, captive sans murmure et docile sans plainte, elle reflète, au gré des heures et des teintes, la forêt, verdoyante et morne tour à tour.

Depuis longtemps, muette et magique, elle accueille transforme et multiplie en son courant caché, l'aspect des iris noirs et des roseaux penchés, les jeux de la lumière et la chute des feuilles.

Et parfois, quand le soir majestueux descend, ramenant le passé vers ses rives profondes, on sent frémir en elle un souvenir de l'onde où Narcisse mirait son corps adolescent.

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