Ãtude sur l'hydrophthalmie ou glaucome infantile [electronic resource]
Nous nous proposons de tracer dans les pages suivantes l'histoire complète de l'hydroplithalmie ; nous nous occuperons surtout de l'hydrophtiialmie congénitale, qui par sa marche et ses symptômes mérite d'être classée dans un cadre spécial.
Nous admettons avec Mauthner et Dufour l'unité de cette affection et du glaucome de l'adulte, c'est dire que la pathogénie est obscure, et nous n'avons pas la prétention d'éclaircir complètement ce chapitre très confus, mais nous espérons, en classifiant les idées des divers auteurs, et en y ajoutant quelques observations personnelles, rendre le sujet plus coordonné, plus homogène.
Mauthner et Arnold soutenaient les premiers que Vhydrophthalmie n'était qu'un glaucome de Venfance, mais ils tendaient à le considérer comme secondaire, tandis que plus tard Marc Du/'oitr lançait cet aphorisme caractéristique : « Vhydrophthalmie est le glaucome primitif de l'enfance ».
^ Nous croyons que ces formules sont par trop exclusives et si l'on admet la similitude de ces deux affections il faut également admettre que les deux formes peuvent exister dans l'une comme dans lautre.
Ainsi acceptons-nous comme synonyme d'hydrophthalmie le terme de glaucome infantile, qui peut être selon les cas, ou primitif on secondaire .
Le meilleur argument que l'on puisse avancer pour soutenir l'identité de ces deux affections est celui-ci : le glaucome commence où Vhydrophthalmie finit, c'est-àdire que le glaucome, avec les caractères qu'il présente chez l'adulte, ne se voit jamais chez les sujets au-dessous d'un certain âge (1) ; son apparition est rare avant quinze ans, et il ne s'est jamais vu avant dix ans; l'hydrophthalmie au contraire, déjà rare à dix ans, n'a jamais apparu après quinze ans.
Cet argument, il nous semble, doit primer tous les autres, d'autant plus que l'on trouve des formes intermédiaires ; les frontières ne sont pas nettement délimitées. Par exemple, Jacohson ('2) rapporte un cas âgé de onze ans, et il ne sait dans quelle catégorie le classifier, puisqu'il fait le diagnostic de glaucome absolu avec presque un état hydrophthalmique de Vœil.
Cette ligne de démarcation qui sépare le glaucome de l'adulte et le glaucome de l'enfance, coïncide exactement avec le moment où la sclérotique perd sa souplesse. Il découle de ceci que le grand facteur qui imprime à la maladie sa marche caractéristique si différente chez l'adulte et chez l'enfant> c'est la résistance des enveloppes.
Cette affection possède à son actif de nombreux synonymes : Hydrophthalmie, Buphthalmie, Mégaloph-
(1) RANDOLPH. Glauc. simple double chez un enfant de 10 anB.AroJL ofopMhal., N Y 1887
GaLlenoa. Sur 327 cas de glauc. n'a vu que deux cas entre 10 et 19 ans. Studio clinico del glauc. AnmoU M ottal., vol. XIV, 4. Stoby» Jeune fille de 13 ans. Acad. royale de méd. d'Irlande, 18Jd.
(2) JACOBSON. Arch.f. Ophth. von Graefe,XXIY, 3, p. 63, 1883.
thalmie, Cornée globuleuse, Mégalocornée, Glaucome infantile et congénital.
Le terme de Buphtlialmie a le désavantage d'être peu précis ; on a tendance à l'appliquer à des maladies diverses qui s'accompagnent de distension et proéminence du globe ; il désigne plutôt cet état, que la maladie.
Le terme de Cornée globuleuse (Cornea globosa, des Anglais et des Américains) est déplorable quand on l'emploie pour désigner l'hydrophthalmie à l'une de ses phases, pour plusieurs raisons :
Premièrement, la cornée de l'œil hydrophthalme n'est globuleuse qu'en apparence, c'est la profondeur de la chambre antérieure qui donne cette illusion, mais elle est réellement plus aplatie que la cornée normale. De plus, la vraie cornée globuleuse existe, mais c'est une affection tout à fait distincte du glaucome infantile ; elle en diffère par des caractères essentiels tant au point de vue de sa pathogénie que de son pronostic, ici elle se rapproche plutôt de la cornée conique.
Les termes que nous emploierons comme ne donnant lieu à aucune confusion sont : hydrophthalmie et glaucome infantile^ et l'affection que nous décrivons répond au trépied symptomatique suivant qui le différencie nettement de toutes les autres affections oculaires :