GUÉRISON, MORTE DE MÉNINGITE L' ANNEE SUIVANTE
Mme C, quarante-cinq ans, tempérament lymphatique, demeurant à Bruxelles, porte une tumeur squirrheuse au sein gauche; il y a seulement trois mois qu'elle s'en est aperçue. La tumeur a à peine le volume d'un œuf de poule, il y a de légères douleurs lancinantes.
Le 10 août 1870, emploi des caustiques, huit applications, la dernière partielle.
Le 25, chute de l'eschare, réunion.
Lè i5 septembre, la cicatrisation est achevée.
Cette personne est morte en juin 1871, à la suite de méningite aiguë, il n'j avait pas d'apparence de récidive.
J'aurais pu placer également cette observation dans la première série, c'est-à-dire au nombre des cas de guérison ; je ne l'ai pas fait, uniquement parce que la mort est survenue trop peu de temps après la guérison, bien que la maladie qui a occasionné la mort n'ait aucun rapport avec l'affection cancéreuse.
OBSERVATION XLIJ. — Cancer du sein droit, opéré par le bistouri,
LA PLAIE NE SE CICATRISA PAS, EMPLOI DES CAUSTIQUES, CICATRISATION IMPARFAITE, RÉCIDIVE.
Mmo V., quarante-huit ans, de bonne constitution, sèche, nerveuse, nature impressionnable, demeure à Bruxelles.
Cette dame a été opérée par le bistouri en 186g, pour un squirrhe du sein droit, période de localisation, la plaie ne se cicatrisa pas complètement, après cinq mois, récidive dans la plaie même. On employa la méthode et le caustique
OBSERVATIONS
de Canquoin sans un meilleur résultat, il resta une ulcération de mauvaise nature de 3 centimètres de diamètre.
Lorsque je la vis pour la première fois, il y avait un ulcère cancéreux bien caractérisé, à bords durs, irréguliers, bosselés, suppuration sanieuse, odeur spécifique. Un ganglion de l'aisselle était engorgé.
Néanmoins toute chance de salut n'était pas perdue, et de concert avec M. le docteur Demarteau, médecin traitant, nous fûmes d'avis de faire une dernière tentative.
Le i5 octobre 1870, application des caustiques, le caustique de Vienne seulement sur les parties non ulcérées de la tumeur et sur la glande de l'aisselle.
Huit applications bien supportées.
Le 3o octobre chute de l'eschare, tout le tissu malade paraît enlevé. Réunion.
Nous n'obtînmes pas non plus une bonne cicatrisation, la marche de la maladie fut seulement ralentie.
Cette dame mourut en juillet 1871.
OBSERVATION XLIII. — Cancroïde de la tempe gauche,
EMPLOI DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE
Mme veuve A., soixante-dix-sept ans, fermière, demeurant à Schaerbeek, femme robuste malgré son grand âge, est atteinte de cancroïde ulcéré à la tempe gauche, de plus de trois ans de durée.
Le ier février 1871, emploi de la pâte caustique, trois applications. La cautérisation fut profonde, une partie du bord de l'orbite fut enlevée; malgré cela, l'ulcération continua et s'étendit profondément dans la cavité orbitaire, puis l'affection se généralisa, toute tentative devenait inutile.
La malade succomba à la fin de 1871.
OBSERVATION XLIV. — Cancer de la mamelle gauche,
EMPLOI DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE. '
M"10 veuve N., quarante-cinq ans, tempérament sanguin, demeurant à Anderlues, femme robuste et énergique, ayant eu beaucoup de revers, est atteinte de squirrhe au sein gauche; la tumeur du volume d'un petit œuf de poule est dure, irrégulière, bosselée, douleurs lancinantes, un an de durée. Il y a engorgement de deux petits ganglions axillaires, deuxième période.
Le 28 mars 1871, emploi des caustiques, quatre applications, chute de l'eschare le 7 avril, réunion partielle, à cause de la maigreur, la peau ne glisse pas, reste un espace de 2 centimètres entre les lèvres de la plaie.
Départ le 22, la plaie est presque cicatrisée.
Je n'avais pas compris les petits ganglions dans l'opération, espérant qu'ils disparaîtraient après l'enlèvement de la tumeur, puisqu'ils n'étaient pas indurés.
OBSERVATIONS
Je m'étais fait illusion, cette dame revint au mois d'août, les deux ganglions avaient acquis le volume d'une petite noix.
Quelques applications de caustique les détruisirent, elle n'est restée qu'une huitaine de jours.
Cette dame m'écrivit l'année suivante qu'elle se considérait comme parfaitement guérie.
En 1874, une maladie accidentelle l'emporta en quelques jours. Comme je n'ai pu me procurer des renseignements précis sur la maladie qui a occasionné la mort, et dans l'impossibilité où je me trouve de pouvoir affirmer que l'affection cancéreuse est étrangère à cette fin prématurée, j'ai préféré placer cette observation dans la troisième série, bien que j'eusse plus de raisons pour la placer dans la première.
OBSERVATION XLV. — Cancer du sein gauche, emploi
DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE
Mme veuve B., cinquante ans, demeurant à Lille, femme très foite, beaucoup d'embonpoint, est atteinte de squirrhe au sein gauche, gros comme un œuf de poule, dur, bosselé, douleurs lancinantes. 11 n'y a que trois mois qu'elle s'en est aperçue.
Le 9 mai 1871, emploi des caustiques, douze applications à cause de l'épaisse couche de graisse.
Élimination de l'eschare le 27, réunion immédiate ; en six jours la cicatrisation était achevée.
Après l'opération cette dame acquit un embonpoint considérable; à mon avis, c'était une circonstance défavorable. Je lui prescrivis des purgatifs et un régime approprié.
Le 25 mars 1872, récidive, tumeur du volume d'une petite noix dans la cicatrice. Je cautérise largement, plus de 2 centimètres au delà des limites de la tumeur, six applications, après la chute de l'eschare, réunion presque immédiate. La santé et l'embonpoint se maintiennent. Je lui prescrivis la liqueur de Fowler.
Six mois après nouvelle récidive sur place, le 1 1 octobre 1872, réapplication des caustiques, dans le seul espoir de retarder les progrès du mal.
Huit applications. Pendant le cours de ces cautérisations, la malade accuse un grand malaise, de la dyspnée, une chaleur corporelle excessive, anorexie, etc. phénomène qu'elle n'avait pas ressenti pendant les opérations précédentes.
Après la chute de l'eschare, réunion, la plaie était presque cicatrisée, lorsque le 2 novembre, la malade, pour apaiser la chaleur ardente qu'elle éprouvait, se tint debout plus d'une demi-heure devant une fenêtre ouverte, le temps était froid et humide, il pleuvait constamment. Elle contracta un refroidissement très intense, frissons violents et prolongés, on eut beaucoup de peine à la réchauffer.
Je considérai immédiatement la situation comme très grave, et j'en fis part à la famille, sans savoir ce qui allait survenir.
OBSERVATIONS
Dans le courant de la journée elle eut des vomissements, de violents maux de tête, angoisses, soif ardente, lièvre, etc.
Le lendemain l'érysipèle se déclarait autour de la plaie.
La famille voulut avoir un homœopathe pour consultant. Celui-ci me demanda si je répondais d'arrêter l'érysipèle, très circonscrit encore; ma réponse fut que je ne répondais de rien. — Eh bien, je vais vous faire voir, dit-il, la supériorité de l'homceopathie sur l'allopathie, moi, j'en réponds. — Il administra ses globules. Le lendemain l'érysipèle avait fait de grands progrès, tous les symptômes avaient acquis plus d'intensité, délire. Il donna d'autres globules, en répondant toujours du succès.
Le quatrième jour, l'érysipèle envahit le cuir chevelu, méningite, fièvre ardente, délire violent, etc., il répondait de plus en plus.
Le cinquième jour, la méningite augmente. Il ne répondit plus.
Bref la malade succomba le 1 3 décembre, dans le coma.
C'est le seul accident ou complication que j'aie eu à déplorer, mais il est évident que l'opération n'y est pour rien. Les imprudences que commettent les malades ne peuvent, dans aucun cas, être mises sur le compte des opérations.
OBSERVATION XLVI. — Cancer situé au côté externe du sein droit,
EMPLOI DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE
D. S.-C, soixante ans, religieuse, est petite, maigre, vive, parfois le teint est jaunâtre. Cette dame porte une tumeur cancéreuse, grosse comme le poing, à côté du sein droit, la glande mammaire n'est pas malade, mais il y a dans l'aiselle un gros ganglion, malade spécifiquement.
Deuxième période très avancée, il est même à craindre que l'infection générale n'ait commencé.
Le 5 juin 1871, emploi des caustiques. Onze applications, pendant les opérations, il y eut un peu de gonflement dans l'aisselle, le bras se tuméfia, puis gêne de la respiration et toux sèche.
La plaie se cicatrisa, mais la maladie, c'e:t-à-dire l'infection continua et cette malade succomba en 1872, un an après l'opération.
La mort fut relativement douce, c'est une conséquence heureuse de l'opération : les derniers moments sont de beaucoup moins douloureux que lorsqu'on meurt des suites du cancer sans avoir subi d'opération.
OBSERVATION XLVII. — Cancer de la moitié externe de la mamelle
DROITE, DEUXIÈME PÉRIODE, EMPLOI DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE
Mrae veuve T., quarante-neuf ans, demeurant à Bruxelles, de constitution robuste, sèche, nerveuse, porte une tumeur squirrheuse aplatie, de 8 centimètres de diamètre, située à la partie externe du sein droit jusqu'au mamelon qui est rétracté. Il y a un chapelet de ganglions qui s'étend de la tumeur le
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OBSERVATIONS
long du bord du grand pectoral jusqu'au fond de l'aisselle non loin de l'articulation. Il y a environ quinze mois qu'elle a constaté lexistence d'une petite tumeur qui s'est développée progressivement et régulièrement, malgré les nombreux remèdes qu'elle n'a cessé d'employer depuis sa découverte.
Maintenant la partie la plus saillante de la tumeur est rouge, la peau, amincie, menace de s'ulcérer. Seconde période très avancée.
L'opération a peu de chances de succès, mais comme la malade la réclame avec les plus instantes prières, je consentis à l'opérer, en avertissant ses enfants du peu d'espoir que j'avais de la sauver.
Le 22 août 1871, emploi des caustiques. Cinq applications ont suffi, la malade est maigre.
Le 2 septembre, chute de l'eschare. Réunion, le 26 septembre la cicatrisation est achevée.
Mai 1872, la cicatrise s'est ouverte sur une étendue de 2 centimètres, il y a une petite induration, mais ce qui est plus grave, c'est que quelques ganglions de l'aisselle et du creux sus-claviculaire sont engorgés. Le mal se propage rapidement, l'infection générale s'accentue, ia patiente succomba en 1873.
OBSERVATION XLVIII. — Cancer du sein gauche, deuxième période,
EMPLOI DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE
Mlle V., couturière, âgée de quarante-cinq ans, demeurant à Bruxelles, est grande, maigre, bien constituée. . Depuis plus d'un an elle a remarqué une tumeur au sein gauche, côté externe du mamelon; cette tumeur n'a pas acquis un grand développement, mais des ganglions entre la mamelle et l'aisselle et dans l'aisselle même sont devenus squirrheux en quelques mois.
Entre temps elle contracta la fièvre typhoïde qui dura six semaines, à peine convalescente de cette maladie, elle songea à se faire opérer et dès qu'elle se crut en état de supporter une opération, elle vint me trouver.
Le 3i août 1871, emploi des caustiques. Trois applications suffirent, à cause de la maigreur de la malade et du petit volume des tumeurs. Seulement après la chute de l'eschare je constatai que de nouveaux ganglions s'étaient développés dans les profondeurs de l'aisselle. Réapplication du caustique sur ce point, deux applications, puis extraction de quelques ganglions par énucléation.
Le 14 octobre, la cicatrisation est achevée.
En juillet 1872, récidive dans la cicatrice et ganglions axillaires.
Nouvelle opération : deux applications.
La cicatrisation marcha rapidement.
En 1873, nombreuses petites tumeurs à la peau couvrant toute la poitrine, ganglions de l'aisselle et du creux sus-claviculaire fortement engorgés : infection générale. Elle succomba en juin i8j3.
OBSERVATIONS
OBSERVATION XLIX. — Gange» du nez et de la joue,
EMPLOI DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE
M,lie veuve M., soixante-dix-neuf ans, de Houdeng-Gœgnies, est atteinte de cancer au nez depuis plus de deux ans, et il y a plus d'un an que l'ulcération existe, elle s'étend depuis le bout du nez jusqu'à la paupière inférieure gauche.
Le dos du nez et une partie de la joue participent à l'ulcération.
Le 20 septembre 1871, application de la pâte caustique, et les deux jours suivants.
L'élimination de l'eschare met à découvert une plaie simple qui se cicatrise rapidement.
Le îq octobre, elle retourne chez elle, la plaie est entièrement cicatrisée. ,'e ne sais ce qui s'est passé, s'il y a eu récidive ou non, seulement j'ai appris qu'elle avait succombé, dans le marasme, en octobre 1872.
OBSERVATION L. — Cancer du sein gauche, emploi-
DES CAUSTIQUES, RECrDIVE.
\\uie H., trente-cinq ans, couturière, demeurant à Saint-Josse-ten-Noode, tempérament lympathique et faible, atteinte de squirrhe du sein gauche depuis plus d'un an, a été traitée homœopathiquement sans le moindre succès; le développement de l'affection a suivi sa marche ordinaire, elle a même marché rapidement, puisque plusieurs ganglions axillaires sont malades spécifiquement et que l'engorgement a le volume d'une noix.
Je préviens le mari qu'il y a très peu de chances de succès, le mal étant à la seconde période très avancée.
Le 29 septembre 1871 et les quatre jours suivants, application des caustiques.
Chute de l'eschare le 12 octobre, il reste quelques petits ganglions engorgés au fond de l'aisselle, ils sont extraits au moyen de la pince à cuillers, réunion.
La cicatrisation est terminée le 25 novembre.
Au mois d'août 1872 une petite tumeur se produisit dans l'aisselle et en même temps je constatai l'existence d'une tumeur au pylore. Bientôt l'appétit diminua et se perdit, état cachectique. Elle mourut, dans le marasme, au commencement de 1873.
OBSERVATION LI. — Cancer du sein gauche, emploi
DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE
Mme H., quarante-un ans, bonne constitution, demeurant à Ladeux, a découvert, il y a plus d'un an, une petite tumeur au sein gauche, elle commençait une grossesse, troisième enfant. Après l'accouchement, elle a cru qu'en allaitant, cette tumeur se serait dissipée, le contraire arriva : pendant les quatre mois d'allaitement elle acquit un volume considérable et quelques ganglions axillaires s'engorgèrent.
OBSERVATIONS
Le 12 octobre 1871, application des caustiques. Neuf cautérisations. Chute de l'escharc le 27, réunion partielle.
Le 6 décembre, cicatrisation complète, la malade retourne chez elle.
Elle est morte au mois de mai 1872. Il résulte des renseignements que j'ai obtenus, qu'après son retour elle s'était très bien portée, puis elle a ressenti des douleurs violentes aux membres inférieurs et au dos. Elle toussa et expectora beaucoup. Il n'y a pas eu de récidive.
OBSERVATION LU. — Cancer du sein droit, deuxième période,