EMPLOI DES CAUSTIQUES, CONTINUATION DE LA MALADIE
Mme V., soixante-dix ans, de bonne constitution, n'a eu qu'un enfant; elle demeure à Bruxelles; cette dame s'aperçut, il y a à peu près un an, qu'une petite tumeur s'était développée sans cause connue à la partie externe du sein gauche.
La tumeur grossit, des douleurs lancinantes s'y firent sentir, un ganglion axillaire se tuméfia. Les remèdes n'y firent rien.
Elle vint me trouver le 5 mai 1873 : presque tout le sein était envahi par le carcinome, la glande de l'aisselle avait le volume d'une petite noix, douleurs lancinantes intenses.
Le 8 mai 1873 et les sept jours suivants, application des caustiques.
Chute de I'eschare le 22 mai, le néoplasme est entièrement enlevé, réunion des bords de la plaie, cicatrisation le 10 juin.
Un an après l'opération, une petite tumeur apparut dans la cicatrice, puis un engorgement ganglionnaire dans l'aisselle et au creux sus-claviculaire. Il était dès lors impossible d'arrêter les progrès du mal.
Elle succomba à la fin de novembre 1874, sans beaucoup de douleurs; la cicatrice est restée intacte.
OBSERVATION LXXV. — Cancer de la mamelle fauche.
DEUXIÈME PÉRIODE, EMPLOI DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE
Mme C, quarante-six ans, demeurant à Bruges, tempérament lymphatique, nature molle, pusillanime, est atteinte de squirrhe à la partie externe du sein gauche, avec prolongement vers l'aisselle; de plus, il existe une petite glande engorgée dans la profondeur de l'aisselle.
La malade fait remonter l'origine de l'affection à quinze mois.
La tumeur est grosse comme le poing, douleurs lancinantes.
Le 28 mai 1873, application des caustiques, neuf opérations. L'intérieur du squirrhe présentait quelques points ramollis, néanmoins la cicatrisation se fit rapidement et j'obtins une cicatrice solide, mais la santé générale ne se rétablit pas complètement.
Seize mois après, en septembre 1874, une petite tumeur se développa à côté de la cicatrice, je la cautérisai immédiatement.
Trois mois après, des ganglions s'engorgèrent dans l'aisselle, je les détruisis. Quatre mois plus tard, d'autres ganglions de l'aisselle devinrent malades, le bras se tuméfia, ainsi que les ganglions du creux sur-claviculaire ; la malade succomba en juin 1875.
OBSERVATIONS
OBSERVATION LXXVI. — Squirrhe du sein gauche,