RÉCIDIVE, EMPLOI DU CAUSTIQUE EN PATE POUR ARRÊTER LES HÉMORRHAGIES
Mme N., ménagère, mère de cinq enfants, demeurant à Malines, est atteinte de cancer de la langue , bord droit , moitié antérieure ; large ulcération, hémorrhagie tous les jours, odeur caractéristique. Elle ne peut assigner une cause à la maladie. Elle a été opérée par le bistouri il y a trois mois, récidive immédiate.
Je consens à appliquer le caustique pour arrêter les hémorrhagies, mais sans espoir de la guérir.
Après quelques application, les hémorrhagies ne se reproduisant plus, elle retourna chez elle. Je n'en ai plus entendu parler.
OBSERVATION XXXI. — Cancer du sein gauche, emploi
DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE
Mme V., cinquante ans, demeurant à Mons, est chétive et faible. Squirrhe au sein gauche d'un an environ de durée, depuis quatre mois, vives douleurs lancinantes et engorgement de deux ganglions axillaires.
Le 14 novembre 1870, emploi des caustiques, huit applications, chute de l'eschare le 29, réunion, cicatrisation lente, néanmoins la cicatrice fut belle et solide; la malade retourna chez elle à la fin de décembre.
En novembre 1874, récidive, petite tumeur comme une noisette, j'y appliquai le caustique. Il en résulta une petite plaie qui fut bientôt cicatrisée.
En juillet 187D, nouvelle récidive, les ganglions profonds de l'aisselle et du creux sus-claviculaire s'affectèrent, la santé s'altéra de plus en plus et la malade succomba à la fin de 1875.
OBSERVATIONS
OBSERVATION LXXXII. — Cancer ulcéré de la mamelle droite,
DEUXIÈME PÉRIODE, EMPLOI DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE
M1'0 K., de Bruges, quarante et un ans, est maigre, blonde, faible, chétive. Toute la glande mammaire droite est squirrheuse , noyaux carcinomateux multiples, tumeur cancéreuse volumineuse sous le bord du pectoral et ganglions axillaires engorgés.
Trois chirurgiens de Bruges, réunis en consultation, ont décidé que l'opération n'était plus possible, le mal étant trop avancé. Je partageai leur avis; il y a très peu d'espoir de lui sauver la vie, cependant on peut encore lui rendre un grand service en l'opérant par les caustiques, celui de lui épargner les violentes douleurs des derniers mois de l'existence.
En conséquence, le 17 novembre 1873, j'appliquai les caustiques surtout le néoplasme à la fois. Neuf applications, les dernières partielles.
Le 2 décembre, chute de l'eschare, réunion, le 20 décembre la plaie est entièrement cicatrisée, elle retourne à Bruges.
J'ai dit qu'elle était maigre et chétive, sa santé ne se rétablit pas après l'opération, elle resta quelque temps sans souffrances; mais au bout de six mois, l'affaiblissement augmenta et le dépérissement se prononça de plus en plus. Elle mourut dans le marasme à la fin de 1874 sans beaucoup de souffrances.
OBSERVATION LXXXIII. — Cancer du sein gauche, emploi
DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE
M"e S., trente-cinq ans, négociante à Bruxelles, tempérament nerveux, sanguin, brune, courageuse, s'aperçut, il y a six mois, qu'une petite tumeur se développait au-dessus du sein gauche ; squirrhe.
Cette tumeur acquit un développement considérable, envahit la glande mammaire et un ganglion axillaire s'engorgea, c'était la période d'extension.
Lorsqu'elle me consulta le 22 avril 1873, j'insistai fortement pour l'opération immédiate, en disant à sa compagne que je craignais déjà d'arriver trop tard.
En conséquence, le 23 avril, emploi des caustiques. Huit applications sans incidents.
Le 8 mai, chute de l'eschare et réunion. Les bandelettes furent arrachées par un mouvement brusque, de sorte qu'il n'y eut pas réunion immédiate. Néanmoins le 16 juin la cicatrisation était achevée.
Le i3 juin 1876, récidive, petite tumeur dans la cicatrice, cinq applications des caustiques; après la chute de l'eschare, la plaie est très nette, réunion, cicatrisation en quinze jours.
Le i5 avril 1878, nouvelle récidive, cette fois sous le bord du pectoral et dans l'aisselle, engorgement de plusieurs ganglions qui se confondent. Il y a à peu près trois mois qu'elle s'en est aperçue, mais elle a attendu imprudemment. Cette fois la tumeur était profonde et difficile à détruire, elle nécessita
OBSERVATIONS
neuf applications assez laborieuses, enfin tout le tissu malade étant détruit, et l'eschare éliminée, la cicatrisation marcha rapidement et se montra solide et de bonne nature.
Néanmoins, la santé s'altéra, la maladie se généralisa et la patiente succomba dans le marasme en 1879.
OBSERVATION LXXXIV. — Cancer du sein droit, deuxième période,
EMPLOI DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE
Mmo A., quarante-deux ans, cabaretièrc, demeurant à Saint-Josse-ten-Noode, tempérament bilioso-sanguin, a eu deux enfants qu'elle a nourris; chaque fois le sein droit s'est enflammé et il y a eu des abcès. Son dernier enfant a neuf ans. Les abcès ont laissé après eux une induration assez forte qui ne s'est pas dissipée.
Il y a huit mois, elle ressentit des douleurs lancinantes dans ce même sein, elle y porta la main et constata l'existence d'une tumeur assez volumineuse. Elle n'y fit rien d'abord, mais après quelques mois, la tumeur et les douleurs allant en augmentant, elle eut recours aux conseils d'un médecin qui lui prescrivit des pommades résolutives. La tumeur et les douleurs augmentant toujours, elle vint me trouver; c'était un peu tard, la maladie était arrivée à la seconde période très avancée.
Je constatai donc l'existence d'un squirrhe, gros comme le poing, avec des bosselures volumineuses et des prolongements vers le sternum et vers l'aisselle. Il y avait peu d'espoir de la sauver, j'en avertis le mari.
Le 10 janvier 1874, emploi des caustiques, neuf applications, l'intérieur du squirrhe présentait quelques points ramollis; chute de l'eschare le 26, la plaie paraît très nette et très saine. Réunion. La cicatrisation se fit régulièrement et la santé se rétablit, mais au mois de mars de l'année suivante, il y eut récidive à côté de la cicatrice, elle attendit de nouveau et ce ne fut qu'au mois de juillet qu'elle vint me consulter, lorsque la tumeur avait déjà acquis un grand développement et que la santé avait subi une altération profonde. Je l'opérai de nouveau, non dans l'espoir de la guérir, mais pour prolonger son existence et lui épargner les douleurs des derniers mois. La santé ne se rétablit pas. il y eut simplement un temps d'arrêt dans le progrès du mal. Vers la fin de 1875 elle dépérit rapidement, il y eut un commencement de récidive sur place, les ganglions de l'aisselle et du cou s'engorgèrent et la malade succomba dans le marasme vers la mi-février 1876, n'ayant éprouvé que des douleurs modérées.
OBSERVATION LXXXV. — Cancer du sein droit, deuxième période.