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LATÉRALE DU COU, EMPLOI DES CAUSTIQUES, GUÉRISON

Mme veuve A., de Maubeuge (France), cinquante ans, de bonne constitution, a eu un enfant qu'elle a nourri.

Sans cause appréciable, il y a trois ans, elle vit se développer au cou, sur le trajet de la carotide, une petite tumeur qui acquit en peu de temps le volume d'une aveline, puis resta stationnaire plus d'une année. Elle grossit ensuite lentement, mais depuis trois mois elle a acquis un grand développement. Les moyens employés n'ont pas eu d'efficacité.

Au commencement de mars, plusieurs chirurgiens se sont réunis en con-

OBSERVATIONS

sultation et ont décidé qu'il n'y avait pas lieu d'opérer, que l'encéphaloïde (c'est ainsi qu'on a qualifié la tumeur) était trop avancé, que les ganglions profonds de la région étaient malades, qu'ils entouraient peut-être la carotide et que l'opération serait extrêmement dangereuse. En conséquence ils se sont abstenus, condamnant la malade à une mort certaine.

Mais M. le docteur Leniez, de Maubeuge, médecin et voisin de la malade et ami de la maison, vint avec sa cliente me demander si je voulais entreprendre cette opération.

Je constatai donc, à l'instar des honorables confrères de Maubeuge, que Mme a., portait au cou un énorme encéphaloïde irrégulièrement sphérique, s'étendant de 1 centimètre au-dessous du pavillon de l'oreille jusque près de la clavicule et en profondeur jusque près de la carotide. La tumeur est complètement ramollie au point qu'on la croirait fluctuante. Les mouvements de la mâchoire inférieure et ceux de rotation de la tête sont fortement entravés. Il y a des douleurs lancinantes. La santé de cette dame s'est assez bien maintenue, sauf qu'elle a maigri considérablement et que ses forces diminuent tous les jours. A la partie la plus saillante de la tumeur, la peau est rouge, mince et sur le point de s'ulcérer.

Le 29 mars 187g, application des caustiques et continuation les jours suivants. L'intérieur de cette tumeur est complètement ramolli, ce n'est plus que du putrilage renfermé dans des loges de tissu conjonctif.

Après une douzaine d'applications de caustique, j'arrive à la base de la tumeur, là est le point délicat, car je me trouve près de la carotide, d'une part, de la muqueuse buccale et de celle du larynx, d'autre part, et cependant la cautérisation est indispensable, le fond présente une couche dure de 1 centimètre d'épaisseur; après que celle-ci fut cautérisée et éliminée, je me trouvai en présence de cinq ou six ganglions engorgés du volume d'une noisette. J'enlève les plus gros avec la pince à cuillers et je cautérise le tout. Après l'élimination de l'eschare, une nouvelle série de ganglions tuméfiés se présente, je la détruisis de la même manière; à la chute de l'eschare je trouve une nouvelle série de ganglions, et cependant, je touche presque à la carotide, à la muqueuse buccale et laryngée. Il fut fait deux applications; à la chute de l'eschare il n'y eut plus d'engorgement et je pus procéder à la réunion. La cicatrisation se fit assez rapidement. La cicatrice est relativement très petite et peu apparente. La malade retourna chez elle le i5 juin.

Dix ou onze mois après, cette dame fut affectée de violentes douleurs de tête qu'on attribua à une méningite. La malade succomba après un mois de souffrances. La cicatrice est restée intacte.

OBSERVATION CXIX. — Cancer de la lèvre inférieure, EMPLOI DES caustiques, guérison.

M. B., cinquante-deux ans, cultivateur à Rixensart, homme robuste, de bonne constitution, est atteint de cancer à la lèvre inférieure, depuis neuf à dix mois; il l'attribue à la pipe de terre.

OBSERVATIONS

L'ulcération est de la grandeur d'une pièce d'un franc, les bords sont indurés, irréguliers, taillés à pic, il y éprouve de légères douleurs lancinantes.

Le ier juin 1879, application du caustique de Vienne sur les bords, puis de la pâte caustique sur toute la surface de l'ulcère.

Cet homme ne pouvant venir à Bruxelles que le dimanche, la seconde application est remise au dimanche suivant. Trois applications ont suffi.

Après la chute de la dernière eschare, la plaie était très nette et bourgeonnante. La cicatrisation fut rapide.

Il n'y a pas eu de récidive.

OBSERVATION CXX. — Cancer de la langue, emploi

DES CAUSTIQUES, GUÉRISON

M"8 Eug. E., quinze ans, d'Ollignies, de tempérament lymphatique, mais assez robuste et bien développée, présente deux ulcérations suspectes au bord droit de la langue, partie moyenne. Ces ulcères présentent les caractères des ulcères cancéreux. Ils ont les bords indurés, irréguliers, renversés et présentent des douleurs lancinantes. Ils existent depuis quatre mois environ et ont résisté à tous les remèdes, même aux cautérisations pratiquées à la campagne.

Le 24 juin 1879, application du caustique de Vienne sur les bords, puis de la pâte caustique sur les surfaces malades; elle est maintenue en place au moyen de beaucoup de charpie.

Trois applications de cinq heures de durée, après la chute des eschares, ces ulcères étaient convertis en plaies simples qui se cicatrisèrent rapidement.

Il n'y a pas eu de récidive.

OBSERVATION CXXI. — Cancer de l'aile du nez, nombreuses

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