‹ Au berceau de l'autre France [microforme]Chapitre 46 sur 90 · Rd · texte numérisé non relu

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nouvellement arrivés nous disent qu’on ne conçoit nullement en France ce qu’ils voient de leurs yeux. Ces bonnes gens viennent de fois à autre pendant le jour visiter le Saint Sacrement. Ils apportent leurs enfants, ils les présentent à Dieu avec des tendresses vraiment amoureuses. Voici la prière de quelques parents : « Toi qui as tout « fait, tu sais tout, tu vois bien loin tout ce qui arrivera. Regarde mon enfant : si tu connais qu’il ne veuille pas avoir d'esprit! quand il sera grand, s’il ne veut pas « croire en toi, prends-le avant qu’il t'offense : tu me l’as prêté, je te le rends; mais, comme tu es tout-puissant,

«si tu lui veux donner de l'esprit et me le conserver, tu me feras plaisir?. »

C'était, sur les lèvres de ces pauvres mères sauvages, l’austère et sublime prière de Blanche de Castille, tempérée par un parfum de tendresse naïve qui émeut.

Après avoir pris contact avec les indigènes chrétiens de Sillery, le P. Gabriel remonta le fleuve jusqu'aux Trois- Rivières, où il séjourna quelque temps. Aucune station ne pouvait lui fournir des facilités plus grandes pour rencontrer « tous les peuples de ces contrées, bons ou mauvais; car on y voyait de temps en temps des sauvages de toutes les nations qui voguent sur le Saint-Laurent, depuis son embouchure jusqu'aux Hurons et au delà5 ». Des Trois-Rivières, le missionnaire descendit à Beauport, sur

1. &« Ne pas avoir «l'esprit, » dans la langue de ces sauvages, — vraiment plus sages sur ce point que bien des gens civilisés, — c'était ne pas se bien conduire, ne pas agir suivant la raison,

2, Relation de 1646, p. 19, 20.

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