‹ Au berceau de l'autre France [microforme]Chapitre 76 sur 90 · Relation de 1640, p · texte numérisé non relu

Relation de 1640, p

296 QUATRIÈME PARTIE Les anciens déclarèrent qu'Antouenen — c'était le nom du P. Daniel chez les Hurons — avait raison et que les accusations portées contre les Robes-Noires étaient fausses. C'était une sorte de verdict d’acquittement. On en profita pour élargir le cercle des œuvres entreprises, et, la même année, les deux missionnaires entamèrent l’évangélisation des bourgs de Sainte-Élisabeth et de Saint-Joachim. C’est à cette époque, — le 27 septembre 1640, — que le

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Facsimilé de l'écriture du P. Daniel.

P. Daniel fit sa profession solennelle, à Sainte-Marie des Hurons. L'année suivante ( 1641), il se partagea entre Saint- Jean - Baptiste et Saint-Joseph. Cette nouvelle mission était assez éloignée de la première. La guerre iroquoise faisant rage à ce moment, on se trouvait tous les jours exposé à se voir enlevé par les ennemis qui infestaient les bois. Mais ce danger n’était pas pour ébranler l’âme forte et tranquille de l’inébranlable ouvrier. Il allait à travers la forêt, le long des rivières, sur le bord du lac, sans crainte et confiant en Dieu, « recueillant de bourg en bourg, de village en village, les épis de froment que les anges

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séparent de l’ivraie, pour que dans le ciel ils composent cette couronne des élus qui a coûté tant de sueurs et de fatigues au Fils de Dieu! », et qui parfois coûtait aux missionnaires bien du sang.

Pendant l'été de 1641, le P. Chaumonot reçut d’un Huron de Saint-Michel un si grand coup de pierre sur la tête qu’il en tomba par terre. La hache levée, le bourreau allait achever sa victime, quand le P. Daniel, qui était aussi fort qu'adroit, lui arracha l’arme de la main*?. Un autre jour, les deux apôtres furent sur le point d’être percés de flèches dans une cabane. Mais st la fatigue des semailles était grande, la moisson commençait à s’annoncer, et, à en juger par les prémices, on pouvait assurer qu’elle serait bien belle. Il y avait dans ces âmes de sauvages d’incroyables élans de foi et des générosités de sacrifice inépuisables, quand elles avaient été régénérées par le baptême. — Une chrétienne qui venait de perdre la vue et qui souffrait des douleurs presque intolérables, chantait au plus fort de son mal que la pensée du paradis adoucissait sa peine, que sa misère trouverait un terme et que la joie qu’elle espérait dans le ciel ne finirait point. — Un capitaine de Saint-Jean-Baptiste, ayant parlé imprudemment à son avis, accourt auprès du Père Daniel : « J'ai fâché Dieu, lui dit-il; mon péché a été un péché public : ordonne-moi une pénitence publique. Parle et je t'obéirai. » Le prêtre lui défend de paraître à aucun festin pendant huit jours. « C'était le condamner à un

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