ROBIN ET M A RI ON
— « Grand merci, gentil Robin,
Oh! la folle
Qui s'envole!
Grand merci, gentil Robin, Robinet, le coquebin!
« Quand on est si bon chrétien,
Oh ! la folle
Qui s'envole!
Quand on est si bon chrétien, Jamais on n'arrive à rien.
« Ah ! ah ! tu tenais pourtant.
Oh ! la folle
Qui s'envole!
Ah ! ah ! tu tenais pourtant La clef de mon cœur chantant!
« La caille était dans ta main.
Oh ! la folle
Qui s'envole!
La caille était dans ta main.
La reverras-tu demain ?
« Il te fallait la plumer,
Oh! la folle
Qui s'envole !
11 te fallait la plumer, Turlurette, et puis m'aimer. »
Petit Soldat
A Georges de Lys.
TETIT S0LVo4T
C'était un soldat de guerre, Un petit soldat guêtre, Astiqué, frotté, ciré; C'était un soldat de guerre Que le vent n'efFravait guère.
11 s'en fut au cabaret.
Demandant une chopine A boire sous l'aubépine; Il s'en fut au cabaret.
Demandant du vin clairet.
La servante, sur la porte.
Le vit venir en riant; Elle avait le nez friand.
La servante, sur la porte.
Était tout à fait accorte.
Elle dit : — « Soldat du roi, Réponds-moi, que sais-tu faire?
Connais-tu la grande affaire ? »
Elle dit : « Soldat du roi, Es-tu malin ? réponds-moi. »
— « Je sais faire l'exercice, Je sais jouer du mousquet; C'est un instrument coquet.
Je sais faire l'exercice;
Je n'v suis pas trop novice.
« J'ai le meilleur fourniment Du royaume de Bamboche; Je porte l'amour en poche.
J'ai le meilleur fourniment Qui soit dans le régiment. »
La servante fut tentée De connaître la façon Dont s'y prenait ce garçon.
La servante fut tentée D'en avoir une assiettée.
« Ah! Que je voudrais savoir Comment on fait pour se battre Quand on est un diable-à-quatre !
Ah! que je voudrais savoir... »
— « Madame, vous l'allez voir.