L'ETOILE DES MERS
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A bord de l'Ibérie.
Mais beîlu qus o fulgor que ao sol precorr* BOCCAGE.
Brille , et que ta lueur nous guide et nous console ! Brille , astre de salut, sur l'océan brumeux! Comme un phare sacré , que ta sainte auréole Dirige notre esquif sur les flots écumeux ! Soutiens-nous, sauve-nous, ô Vierge tutélaire! O toi que Dieu donna pour mère aux malheureux ! Qu'en un jour de clémence il promit à la terre , Toi qu'il remplit de grâce, ô Vierge, amour des cieux î
Pure rose d'Eden que n'a point profanée
Le souffle qui ternit tout un monde en sa fleur,
Mystérieuse rose à Dieu prédestinée ,
Couronne des élus au séjour du bonheur,
Plains , ah ! plains cette terre aux larmes condamnée ,
Où tu languis un jour ; Et des monts éternels , que ta tige inclinée Sur l'univers souffrant verse un parfum d'amour !
Brille , et que ta lueur nous guide et nous console Brille, astre de salut, sur l'Océan brumeux ! Comme un phare sacré , que ta sainte auréole Dirige notre esquif sur les flots écumeux !
Comme un nid balancé sur la branche du saule , Et qu'un enfant folâtre en arrache en ses jeux , Tombe , et , jouet des vents , roule , fuit et s'envole Sur le torrent rapide aux tourbillons neigeux ; Telle , au gré des autans , sur la vague infidèle , Sans qu'aucun astre ami protège son retour,
Errante et loin du port , flotte l'arche si frêle Où , pauvre oiseau , je chante et gémis tour à tour
Brille et que ta lueur nous guide et nous console , Brille , astre de salut , sur l'océan brumeux ! Comme un phare sacré , que ta sainte auréole Dirige notre esquif sur les flots écumeux !
Vois ! par mes soins pieux, l'autel de coquillage Déjà s'est élevé sur un bronze assoupi ; J'y dépose le lis qu'au champ de l'ermitage , La veille du départ , avec foi , j'ai cueilli. Pur, il s'épanouit au doux soleil de France ,
Et par ton saint temple abrité , Emblème de candeur, de paix et d'espérance Que des noirs aquilons le souffle a respecté !
O Vierge , tu le sais , dès ma tendre jeunesse ,
Je t'offris mes concerts , et mes vœux et mes pleurs.
Quand mon front de douze ans se voila de tristesse ,
Mon luth te raconta mes naïves douleurs;
Mourante je chantais : « Prends mes jours purs encore!
» Heureux l'enfant pieux qui s'endort au Seigneur,
« Et la vierge expirant à sa première aurore
« Comme un lis moissonné dans sa pure blancheur !
Mais tu n'as pas voulu rompre sitôt mes chaînes.
J'ai vécu : ce calice amer je l'ai tari !
Durant de longues nuits , sur ces vagues lointaines ,
A soupiré mon luth , écho d'un bord chéri ;
Mais , calme en sa douleur, tu le sais , Vierge sainte ,
Rassuré par ton nom, Ce faible cœur de femme ignorait toute crainte, Quand les flots se dressaient, quand grondait l'aquilon
Je pressais sur mon sein ta glorieuse image , Et croyais m' appuyer sur un bras tout puissant ; Mêlant un chant d'amour aux longs cris de l'orage , Je disais, l'œil fixé sur le ciel menaçant :
« Brille , étoile des mers , apparais blanche et belle « Que ta présence annonce et ramène un beau jour « Guide-moi , guide-moi vers le port que j'appelle , « Terme d'un long exil , objet d'un saint amour ! »
Si ma prière , hélas ! ne doit être exaucée , France , si loin de toi je dois vivre et mourir, Près de ce mât tremblant , par la lame bercée , De mon dernier sommeil si je dois m' endormir, Sur moi , si dès ce jour, cette onde courroucée
Doit rouler et mugir, Ou sur l'écueil désert par la vague lancée , Si ma cendre oubliée à jamais doit languir ,
Eh bien qu'il soit ainsi ! qu'importe où cette" argile Gise , informe débris dans un cercueil pressé , Et comme un chaume éteint , une poussière vile , Engraisse un froid gazon , nourrisse un ver glacé 1 Qu'importe où du ramier la compagne plaintive Cesse de soupirer sur le tremblant rameau ?
Qu'importe où s'aille perdre une onde fugitive? Qu'importe où l'aquilon jette un frêle roseau?
O tombeau paternel ! sol natal ! chère France ! Temple où l'eau du baptême a coulé sur mon front , Adieu ! mère adorée , et vous amis d'enfance , Voyez , voyez les cieux qui nous réuniront ! Assez et trop long-temps sur cette terre aride
J'ai cherché le bonheur.
Le bonheur d'ici-bas est un rêve perfide , Un bruit qui nous égare , un mirage trompeur.
Comme passe au désert la brise gémissante , J'ai passé sur ce globe et sillonné ces flots. Comme une ombre oubliée et dans l'espace errante J'implore le cercueil pour trouver le repos. Moins ardente , en ce lieu d'espoir et de supplice Où le crime s'efface , expié par l'amour, Une âme que retient la divine justice Implore la clarté de l'immortel séjour.
Oui , de jours et d'ennuis , j'en ai trop .... Dieu terrible ! Ce lourd fardeau , long-temps faudra-t-il le porter? En captif résigné , quand la fuite est possible , Je veux user mes fers , et non les rejeter ; Mais l'alcyon blessé qui d'une aile sanglante
Rase les flots amers , Succombe à la douleur, et, quand vient la tourmente, S'il ne trouve un appui , s'abîme au sein des mers !
Sois ma force et mon guide , ô Vierge tutélaire ! O toi que Dieu donna pour mère aux malheureux ! Toi qu'en un jour de grâce , il promit à la terre , Sois ma force et mon guide, ô Vierge, amour des cieux1 Brille , et que ta lueur m'éclaire et me console ! Brille , astre de salut , sur l'océan brumeux ! Comme un phare sacré , que ta sainte auréole Dirige mon esquif sur les flots écumeux !
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Colombes du seigneur sous son aile abritées , Vous qui fuyant ce monde aux vagues agitées , Coulez des jours de paix à l'ombre du saint lieu ,
O vous filles de la prière ,
Célestes rieurs du sanctuaire ,
Parfums de la maison de Dieu !
Accueillez ces accens échappés de mon âme ! Du milieu des écueils où se brise ma rame , J'implore en soupirant la mère du sauveur ; Pures comme les voix des anges , Vos voix à l'hymne de louanges Mêleront ce chant de douleur.
Ma voix n'a que des pleurs et des notes plaintives , Car j'erre encore , hélas ! sur cette mer sans rives ,
Dans ce monde de bruit où vous n'habitez plus. Je vais du couchant à l'aurore , Hélas ! et je n'ai point encore Trouvé l'heureux port des élus !