‹ Au Canada et chez les peaux-rouges [microforme]Chapitre 25 sur 36 · RS OS PARUS · texte numérisé non relu

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CS confédération des écoles sûexclusivement de Finstrucl'enseignement 6, mais releve le bureau d'éwe protestante, {le conseil suires d'instruc- S, ce n'est pas qui examine in outre deus pendants Fun ‘utits du bu- SCHONTS sCOion régies par

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10 piastres (50 francs) par mois plus un tant pour cent basé sur la movenne de Passistnee des enfants à école,

Lomunicipalité participe égalementà Fentretien des écoles au moven d'unpositions prélevées sur ensemble des contribuables par religion. Que somme fixe de 20 piastres (100 franes) doit être affectée à chaque école, Au Manitoba la taxe scolaire es basée sur Févaluation annuelle des propriétés. Le maximun de celte taxe foncière est actuellement dé 2 0,0, Les habitants ne sont pas lenus dé paver a taxe <eolaire pour les écoles confessionnelles autres que celles de teur religions Cette e\emplion existe point dans la provinee de Québec ot un catholique. par exemple, est tenu au contraire de paver RAAINE pour l'école prolesunte, el réciproquement, jusqu'au jour où une école dissidente est créée dans St commune,

Si l'arrondissement scolaire m'est pas assez riche pour subvenir aux dépenses d'éducation, Le bureau des trois commissaires peutétblie une contribution supplémentaire locale à un taux limité. Presque toutes les communes du Manitoba ontune contribution supplémentaire, mais peu élevée, Celle contribation varie de 50 à 100 piastres.

Les instituteurs doivent étre munis d'un diplome délivré après examen subi devant Fune des deux sections (eatholique où protes: tante, Ce diplôme est valabie que pour Wois ans, et Finstituteur qui veut continuer à exercer doit se présenter à nouveau devant com mission d'examen, Cest un moven pratique, bien qu'un peu trop répété, de tenir instituteur en haleine el de maintenir le niveau de lenscionement à un degré suffit

Ce sont les commissaires d'arrondissement qui fout-choix des rns- Uluteurs, mais is ne p'uveal engager que eeus qui sont diplômes par li province, Les institieurs sont Hriques où ecclésiastiques seton le choix des commissaires el par conséquent selon le vou de là population qui élit ces derniers Cela na du reste pas une très grande inportanec avec le régime des écoles confessionnelles et dans un pays aussi religieux que Le Canada,

Le traitement des instituteurs varie entre 290 60400 prastres. Les congréganistes, comme en France du reste. sont moins rébtrhués que Sunt-Boadface, Le trar-

ls ques. C'est ainsi qu'au pensionnal de

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On voit par cel expose combien te regime scolaire canadien est plus cquitable et plus conforme aux vaux des péres de funnles qu'en France, où, sous le nom fallaciens de hberte de lenscienement. feu M trop souvent le despotisne imolérant des majorités on

Le surintendant catholique de Finstruction publique au Muntobi est actueement MCE Are Bernier, dont Pesprit si français et les hautes capacités, Tutont acquis estime el les svimpalhies de ses coin patriotes,

Sant Bonitace nous ménageat une réception chaleureuse dans La grande alle du collège où se trouvent réunies les notabibtés du parte francais au Manitoba 5 MM La Rivière, ministre provinetal de Pasricutture Royal député fédérals Girard sénateur: LE Prendo Las EeU CE députés provinetaux: Bermier.ete, Des adresses de cordial bienvenue nous firentoublier que nous étions à plus de 8,000 kilo

motres des côtes de France,

DE sect den bi du Parlement provinenal vote prune moporte angle di venue hostile à hr lnene français et à la rolicron catholique, Le resume des ceol: separeos nn deprus Le mar ISA cesse d'editer AO pro solennel at Manitoba

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Luchet sauvage an pénitencer P'ounedinaker, La fanulle de Bel a St Vital. La Bivicre au Rat. Une nuuson d'habitant, La cecte des Mennontes Le terres à colonisation Townsips et homestead Les colons étrangers, Encore li question des races, Les leux de prane La ferme Bell, Le Boeuf Assis, [PAIE

\ux environs de Winnipeg s'élève Le pénitencier de li province de Manttoba, auquel un chemin de fer local conduit en un quart d'heure. Le pénitencier est près de fa Station, en haut d'un petit manclon rocutleus — le seul du pays — auquel on donne le nom ponpeux de Montagne de Pierres {Stony Mountain). La prison, dont le directeur, M Bedson, faites honneurs avec beaucoup de complaisance, esEune maison centrale recevant es condamnés plus dun an d'ernprisonnement. Ceux-er étaient, at moment de notre visite, at nombre de 97, parmt lesquels 15 détenus provenant de li derniére insurrection du Nord-Ouest, Les condamnés sont soumis au régime cellulaire. Au centre d'une grande pièce bien aérée se dressent les cellules qui, pla ces de la sorte, ne touchent nutlementanx murailles, Vingt cellules sont ainsi adossées les unes aux autres et surmontées de deux étages disposés de mème facon, La cellule est très étroite el ne recoit de jour que par la porte consistant en une grille en fer qui fait face aux fenêtres. Chaque rangée est de dix cellules qu'un ressort fait ouvrirou fermer en méme lemps. Les gardiens sont au nombre de 20 et chacun d'eux recoit

conne salaire 50 piastres par mois, au minimum,

11" AU CANADA EE COCHEZ LES PENUX-HOUGES

Paru des prisonniers du Nord-Ouest se trouvent Maxime Lépine,

métis qui fut heutenant de Biel, et Poundmaker, ehel de ta tbe des

Cris. Be nom sauvage de ee dernier est PE to ka ha na pee en,

cesta-dire FHonme qui garde Fenclos (the man heeping he porn,

Les Indiens, dans leurs grandes chasses, avaient coutume de constronn

un enelos vers lequelils poussuient les buffes afin de pouvoir les en

lourer et les tuer plus factement Lorsque Penelos et rompu par ti

bulles, est qu'il étui nat But Dans le cas contraire les honneurs

de a chasse revenuent à celur que Favait établi Poundmaker set

acquis une réputation dans br construction et garde dé ees eneles, d'où son nom de Fuseur d'enelos ».

Le chef sauvage jouit d'une Hberté relative, car nous le trouvons se promenantdans tejardin. ne travaite que quanditle veut es à-dire point du tout — passe la plus grande partie de son temps fumer el reste souvent plongé dans dinterminables méditations. Ki | defense au procès de Regina a été aussi noble queéloquente, ee qui Ua pasempéehé de entendre condamner à sa grande surprise, àttrois ans de prison, Cest un bel homme, dans toute Faceeption du mot, de haute stature au teint basané, avant Le type de race mongole, doi descendrenttes Indiens d'Amérique, Si belle et réveuse physténonne,

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qui devient même agréable lorsqu'il daigue sourire, porte Femprennte d'une profonde intelligenee een même temps dun ealme tmpertar k bable. Sa démarehe est élégante ef ia les pieds et les mains dune duchesse couleur à part. est vète du costume du péniteneier, cestà-dire d'une veste grisètre et dun pantidon dontles jambes son de couleur différente (grise el jaune) par derrière sontmarquées les

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lettres MP (Manitoba penitenetuws) avec un numéro d'ordre. Fartes pieds ehaussés de mocassins et porte sur tête un chapeau mot Les prisonniers ont les cheveux rasés ce qui, pour les Sauvages, 0 À un déshonneur, tout comme au temps de Fépoque mérovingienne Par une faveur exceptionnelle, Poundmaker a été autorisé à conserver

Sa chevelure. qui tombe qjusq ct cernture, fressée en plusieurs nattes

Deux petites tresses pendent par devant, le long de <a figure, et son

en partie renfermées dans des étuis eCanneaux en cuivre, Sur le milie

du front une de ses mèches est retroussée en forme de crûte de cod,

ne parle que le er, mais Fun des gardiens lui sert d'interprôte. 1

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se donne 4% ans, mais on lui en ajouterait bien 40 de plus, tant sa figure et hilée et ridée, Pendant que nous eausons avec fui, mon ami Tiret- Bognet le couche sur son album pendant qu'un autre de nos compa gnons, M. dJoliot, dresse devant lui, mais sansson assentiment, son appare photographique, Nous lui offrons des cigares et du tabac qu'ilaceepte avec plaisir, puis le major Bedson le congédie et il s'en va du pas dun homme qui se dits Ge n'est pas trop tôt.

Depuis cette époque, Poundmaker, baptisé par Me Taché avec plusieurs de ses compagnons, a été gracié et rendu à sa tribus mais il n'a pas jouit longtemps de sa liberté et est mort peu après son élargissement (à juillet FRS6),

Le jardin du pénitencier contient un modeste observatoire et des animaux sauvages enfermés où attachés, tels que des aigles, des vautours, des ours bruns, des renards de prairie d'une pétulance extraordinaire, On v voit aussi une vingtaine de bulles jouissant d'une demiliberté, Ce sont peut-être les seuls <urvivants, au Canada, d'une race qui. il y a dix ans à peine, couvrait encore d'immenses territoires,

Du côté opposé de Winnipeg nous allons rendre visite à la famille de Riel qui habite Saint-Vital, petit village de Métis français, C'est là que Riel a résidé pendant quelque temps dans une maison fort simple où vit encore loute sa famille, Sa mère est absente lors de notre visite, mais nous y trouvons sa femme et ses enfants, ses frère, beau-frère et de nombreux enfants. Sa jeune femme, d'origine française, ainsi que l'indique son nom, Marguerite Monette Bellehumeur, estune vraie mélisse d'une physionomie régulière, respirant ki douceur eUune grande tnidité, Elle était avec son mari pendant Finsurrection du Nord-Ouest et a couru de grands dangers avec tous les siens lors du combat de Baloche, Deux enfants sont issus de son union avec Riel, un fils el une ile. Le garçon, qui est Fainé, répond au nom de Jean et est venu au monde en ISST: il a une mine éveillée, un front large, de beaux yeux tune physionomie qui dénote une grande intelligence, FE héritera sans doute de quelques-unes des brillantes qualités de son père. Au physique les deux enfants ne ressemblent point à leur pères ils tiennent plutôt de la mère,

Dans la pièce principale se trouvent trois grands Bts: près de Fun d'eux un petit berceau est suspendu au plafond par deux courroies

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qu'une troisième rattache au lit de sa mère, Celle-ci peut, de cette façon bercer son enfant sans être obligée de se lever etapaiser ainsi ses pleurs et ses cris, Un peu plus loin se trouve une balançoire d'enfant fort primitive, car le siège en est formé avec un rondin. La pièce est trés simplement meublée; aux murs sont acerochées des images de piété, Dans un cadre entourant un coussin de velours rouge est déposé un clou qui au dire de Riel, lui aurait été envoyé de Rome par le Pape comme provenant de la vraie Groix, Cette version, qui est accréditée à Saint- Vital, ne repose, à vrai dire, sur rien d'authentique, Un beau portrait de Riel complète l'ornementation, Ce portraitest, dit-on, le plus ressenblant de tous ceux qui aient été faits et remonte à plusieurs années, car Riel n'a jamais voulu, dans ces derniers temps, laisser prendre sa photographie, ne voulant pas que son image servit d'objet de spéculation,

A côté de la demeure de Riel se trouve un petit bois aux sentiers sans nombre dans lequel le prophète métis aimait à se retirer. Lil était introuvable, même pour les siens,

L'infortunée femme de Riel n'était pas encore veuve à l'époque de notre visite à Saint-Vital, mais elle ne semblait que trop prévoir le malheur qui allait l'atteindre, el un indéfinissable sentiment de tristesse emplissait tout son être, Le coup fut trop rude pour cette femme dévouée el, quelques mois plus tard, ses deux enfants étaient complètement orphelins.

Saint-Vital n'est qu'un hameau où Fon voit encore les cabanes primilives des Métis, grossièrement construites avecdes troncs de sapin et de la terre, Quelques rares ouvertures éclairent seules ces sonbres demeures, Les Métis autrefois presque seuls habitants des bords de lai ère Rouge, ont quelque peu déserté ces parages, reculant devant linimigration anglaise, pour aller s'établir au Nord-Ouest, sur les rives plus solitaires de la Saskatchewan, Leur place à été aussttôt prise, notamment par les Mennonites, dont les nombreuses colonies peuplent la frontière des États-Unis.

C'est dans le but de parcourir cette région que nous prenons, en compagnie de élite de a société canadienne-française de Winnipeg, un train spécial, gracieusement offert par la Compagnie du Pacifique, pour descendre à Otterburn, près de la rivière au Rat, ainsi nommée sans doute en raison de la couleur et du parfum peu agréable de ses eaûx.

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LE MANITONA ET LE NORD-OUEST Pii os Là nous trouvons M, le curé Joly, dont le nom a été donné à sa paroisse, qui est venu à notre rencontre avec un assortiment varié de carrioles que les habitants ont tenu à honneur d'amener et de conduire euxmônes, Ces voitures ont une supériorité énorme sur les fameuses planches du Saguenay : elles ont des ressorts, ce qui m'est pas à dédaigner dans li course à toute vitesse que nous faisons dans li poussière, à travers une plaine ondulée et presque sans arbres, course qui rappelle à s'y méprendre la vitesse des attelages madgvars et les grandes plaines de Slavonie, Le conducteur de ma voiture, un cultivateur de la paroisse de Joly, S'appelle Turenne et, sans prétendre à une parenté quelconque avec le grand'eapitaine, descend d'un des soldats du régie ment de Turenne qui avait pris le nom de son corps, ainsi que cela se faisait souvent autrefois,

Eu route nous nous arrélons pour visiter une maison d'habitant (paysan). Nous nous trouvons être chez Mme Ladouceur, dont a fille, par une singulière cofncidenee est devenue Me Labonté, La seule pièce de Phabitation est planchéiée et très proprement meublée, Elle est assez élevée, pourvue de six fenêtres et d'une porte vitrée qui y répandent une grande clarté, Dans un berceau un enfant dort du sommeil du juste; à côté se trouve un grand fauteuil mobile, en canne, Au milieu de la pièce, est placé un beau fourneau économique, de a valeur de 30 piastres, servant tout à la fois à chauffer Fi maison, à faire le pain el cuire tous les aliments. Au premier se trouve le grenier qui sert de pièce de débarras et de réserve, Tout cela est plus propre, plus confortable, plus luxueux surtout que chez n'importe quel paysan de France et de Navarre, en est de même dans la plupart des habitations, l'habitant dépensant largement pour S'assurer toutes les commodités de l'existence,

Arrivés à Joly, nous faisons une courte halte au presbytère. La paroisse compte environ 850 habitants, blanes où métis, tous catholiques, I y à quelques Irlandais; tout le reste est de race française, Le nombre des familles est de 99 et, en un an, il y a eu #4 naissances, c'est-à-dire une par deux familles, lei encore, la race canadiennefrançaise donne un merveilleux exemple de sa proverbiale fécondité qui, tôt où tard, lui assurera la suprématie.

Après une nouvelle course à travers champs, dans une région eul-

Uvée et parsemée d'habitations, nous arrivons à Proderfeld, un des nombreux villages des Mennonites. Nous entrons dans une des mai sons, qui toutes sont hities sur un modèle analogue. D'un eôté se trouve li demeure des colons, comprenant une grande pièce, plan chéiée et proprement lenue. qui sert de salle commune, a ehaumbre à coucher el une petite pièce sombre ot se fuit a euisine et oût se louve Le poêle qui chante Fhabitations De Pautre côté est Pétable renfermant tous les animaux ete bâtiment contenant les provisions, grains, fourrages, ete ny a partout qu'un rez-de-chaussée assez Dis de plafond. L'installation est médiocrement confortable el manque un peu d'air, de lumière et d'espace, Ces choses ne font cependant pas défaut au Canada, mais, 1er, on se trouve en présence de colons depuis peu de temps dans le pass, el qui mont de canadien que le nom. Les Mennonites forment une secte d'anabaptistes et sont originaires de Prusse. Ce Tut à Pépoque de Frédérie TE qu'ils quittérent leur pays, pour se soustraire aux charges niltires qui pestient sur eux, et se relugicrenten Russie. HE a une dizaine d'années is étnent encore établis sur les bords de mer Noire, dans le voisinage d'Odessa, Mais apprenant que le gouvernementdu tsar se proposait de les soumettre a là loi du recrutements Vinrenten grand nombre se réfugier aux Etats-Unis el au Canada, dans li provimee de Manitoba principalement, gen ainsi 8 à 10,000, dispersés en de nombreux villages situés dans le voisinage de la frontière des Ets Unis, Vivantentre eux seuls, ils ont conservé, avec leurs meurs et leurs coutumes anciennes, leur langue d'origine : les vieillards parlent assez correctement Fallemand, mais Les jeunes gens ont un lirsage plus altére, Malgré un sièele de séjour en Russie, Les Mennonttes mont porn appris le russe, et e'est à peine st, aujourd hunsils saventquelques mots d'anglais, Par leur genre de vies ils sontausst etrangers que possible tee quise passe autour d'eux, Leur organisation administrative est restée celle d'autrefois, et ils désignent un des leurs comme teur chef. Lorsque des terres leur ont été concédées au Manttobas ls les ont réparties par lots égaux entre chacun d'eux, sans distinction Merarehique aueune. Les plus travail leurs peuvent, bien entendu, augmenter leur patrimoine, mais de fonds commun ne dot rien à leurs enfants Cest at chef de famille qu'il appartient d'acheter un lot de terre par tte d'enfant

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pidee, plan- Cette région du Canada, qui forme Finmense ce Prairie » du Nord- j da chambre Quest, est recouverte en mantendront d'une terre notre très favorable LR sine et où se à da culture des céréales. Li couche d'humuss qui repose sur un Le est PFétable fond de glaise, atteint laictlement deux rètres de profondeur. Aucun CS provisIOns, enerais est nécessure sur un tel terrain, et Fon espère pouvoir s'en issée assez bas pisser pendant une periode de 25 à 90 années au moins. La partie et manque un onentale du Mantdtoba, la vallée dé ke Qu'Appelle et celle de Ti Nas cependant pas katehewan du Nord sont les parties les plus propres à ho eutture des colons depuis créales, de tout le terrdoire compris entre Korniere Rouge et les

que le nom. Montagnes Rocheuses.

ont originaires baus Le but de faciliter li colonisation de eette région que peut 4 ent leur pays, recevoir facilement 407490 nullions d'habitants, le gouvernement Î sur eux, et se canadien a fait procéder à larpentage des terres dans presque toute { élrient encore ‘ li partie colonisable, 30 nulthons d'acres ont été inst mesurées sous |. d'Odessr. Mais bi direction de M Deville, à qui cette mission avt été confiée, Eur : ‘les soumettre pentage es ajourd'hur suspendu, ear supertiere concedee ou vendue | Fe réfugier aux n'excède pis Le quart de celle qui est mesurée. Voict comment s'est | incipalement opérée la division des terres, villages situés Dans chaque provinee les terres sont divisees en blocs de T2 milles F

tre eux Seuls, carrés, Chaque bloc renferme quatre orcnships où cantons, dont anciennes, leur chaque côté a 6 miles de tons, ormant anse une superticie de 46

ent l'allemand, milles carrés. Chaque mille carre (60 acres) represente une sectron | e un siècle de et porte un numero dovdre. De ces 36 sections 2 sont destinées ui i

Asso UE CEA À «ablissements scoluress autres appartiennent te Compagnie de Ti Par leur genre baie d'Hudson, qui se les est reservees lors de Hit eesston, at gouver Al ? : \ :

e autour d'eux, ' nement fédéral, de ses possessions terrlorides; tes 12 autres atten 4 K

ulretois, el ils dent des colons.

Lerres leur on Chaque section est diisee en Uoarrés de 160 acres, où 6% hectares, til

As CSAUX entre el renferme 2 homesteads el preeraphions, Le homestead est le lol Le If s plus Lravail que recoit Le colon qui à love une demande de concession. Cette A mais de fonds concession est gratuite et ya à payer qu'un droit de T0 prastres | Le famille qu'il (50 fr.) pour entrer en possession Le colon, qui a obtenu un ho il mestead. a en outre un droit de préemption, de préférence a tout jt

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autre, sur les 460 acres qui touchent à son homestead, moyennant un prix de 40 à 15 fr. l’acre. Le concessionnaire d'un hemestead est obligé d'en mettre en culture une partie déterminée; il est tenu en outre d'y résider six mois de l’année et d’y construire dans le délai de trois ans une maison habitable, Ces conditions remplies, il devient propriétaire incontesté et incontestable du sol, sans avoir eu à payer autre chose à l'origine qu'un droit de 50 francs.

Ces dispositions ne sont applicables qu'aux terres appartenant au Dominion, car la Compagnie du chemin de fer du Pacifique a obtenu la concession, de chaque côté de la voie, d'une zône de terrain ayant un profondeur de 2% milles, etelle ne délivre pas de concession à titre gratuit.

Lorsqu'il a été procédé à cet immense arpentage, on a pris pour base le 49° parallèle qui sert de frontière entre les États-Unis et le Canada, et le méridien le plus rapyroché à l'ouest d'Emerson. Et si on jette les veux sur une carte un peu détaillée du Manitoba ct du Nord- Ouest, toute la région cultivable se trouve être découpée en une infinité de petits carrés reproduits sur la carte et transioiment celle-ci en un véritable damier,

Dans chaque township, les limites des sections et de leurs subdivisions sont marquées par des poteaux; mais l'émigrant à parfois quelque peine à trouver sur le sol l'étendue de son homestead, où de son carré de préemption. En effet, le premier concessionnaire dans un township recule parfois le poteau de délimitation un peu plus qu'il ne le devrait, en procédant au contre-arpentage de son terrain, Son voisin, qui ne veut pas avoir une étendue moindre de celle à laquell il a droit, recule à son lour les poteaux en question, quand il ne les supprime pas. Il en résulte que, par suite des empiôtements successifs qui se sont produits, ou des erreurs commises par les arpenteurs ou les intermédiaires vendeurs, les derniers acquéreurs ne se trouvent plus en présence que d’une bande de terrain d'une étendue dérisoire, et parfois, même, ne parviennent pas à découvrir sur le terrain le lot qui figure d'une facon très distincte sur le papier. Alors, ce ne sont que réclamations et procès sans fin. Dans certaines régions, les arpentages ont été faits si rapidement, que le contrôle n'a guère été possible, C'est ainsi, paraît-il. que, les petits lacs entrant en compte

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spécial pour l'arpentage, quelques arpenteurs, fort peu scrupuleux, en ont parsemé un peu partout dans l'étendue de leurs townships, à la grande surprise des émigrants, qu: ne parvenaient pas à les découvrir. Mais ee sont là des déboires dont on ne se plaint pas trop en Amérique car chacun prend vite l'habitude de se a sa re | oi

Grâce aux encouragements prodigués aux colons par le gouvernement canadien, des milliers d'émigrants viennent chaque année s'établir au Manitoba et au Nord-Ouest, L'appoint principal est inconteslablement fourni par la race anglo-saxonne, soit d'Europe, soit de la provinee d'Ontario. Viennent ensuite, mais à wrande distance, les Canadiens-Français de la province de Québec et ceux qui, des États- Unis, rentrent dans leur patrie vour y reprendre la charrue, qu'ils avaient délaissée à tort. Quant aux Francais de France, leur nombre est infime.

Mais, à côté des représentants des deux races rivales, on rencontre, depuis Fextension de la colonisation au Far-West, des colons de toutes nationalités: des Allemands (sans parler des Mennonites), des Islandais, des Hollandais, dont le groupe le plus important est près de Portage-la-Prairie, des Sceandinaves, des Hongrois, dont la principale colonie a été établie par le comte Esterhazy, sur les bords de la rivière Qu'Appelle; des Haliens, près de Broadwiew, ete.

Que deviennent ces diverses populalions, destinées fatalement à être absorbées, et de quel côté cherchent-elles un appui?

Lorsque la question de langue n'est pas en jeu, c'est la question de culte qui opère les rapprochements entre races. Ainsi les Hongrois et les Italiens, essentiellement catholiques font marcher leurs intérêts sous la bannière des Canadiens-Français vers lesquels ils se sentent attirés également par une sympathie instinctive, Mais les autres jmmigrants, presque exclusivement de religion protestante, font, généralement du moins, cause commune avec les Anglo-Saxons. Les Belges se rangent tout naturellement du côté français, Quant aux Irlandais, la question est complexe, Par leur langue ils sont portés à se fondre dans élément anglais; mais par leur religion et par haine de l'orangisme, ils se rapprochent parfois de l'élément français avec lequel ils marchent en bien des comtés, C'est une question d'influence et de milieu, Mettez un Hrlandais dans un nilieu français où il puisse

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apprendre notre langue et constater par lui-même que nous lui sommes sympathiques, il s'identifiera avee nous. Mettez-le au contraire dans un milieu anglais, vous le trouverez souvent contre nous, subissant, et très facilement, une influence hostile à notre race,

A l’époque où la Compagnie de la baie d'Hudson fit Pabandon au gouvernement canadien de ses droits suzerains, élément français, y compris les Métis, formait plus d'un tiers de la population totale du Manitoba. Douze ans après, en 1881, cette proportion n’atteigmait pas un sixième, car on ne comptait que 9,949 Français sur un total de 65,954 habitants. Depuis le dernier recensement ee dernier chiffre a plus que doublé, mais Félément français à plutôt perdu que gagné.

A quoi cela tient-il? Est-ce à Paticiblissement de la natalité? Non certes, car la fécondité de la race canadienne ne s'est pas démentie un seul instant; mais tandis que les émigrants anglais arrivaient par milliers, les émigrants français n'arrivaient que par centaines, Aussi l'élément français se trouve-t-il dans une situation délicate et a-til besoin de toute son énergie pour maintenir ses droits. Lors de Ja formation de la province, le parti français fit entrer deux de ses membres dans le ministère provincial. Aujourd'hui il n'en possède plus qu'un (1), mais il à conservé un juge à la cour du Banc de la Reine à Winnipeg, un sénateur et un député fédéral,

Il est à craindre que cet état de choses ne dure tant que lémieration sera aussi forte. Mais lorsque les meilleures terres seront occupées, que les colons devront faire plus de sacrifices pour fonder des établissements, iv aura un temps d'arrêt. puis l'accroissement de la population se fera surtout par la natalité et c’est alors que lPélément français regagnera peu à peu le terrain perdu, Et le jour où il aura pu conquérir la majorité au Manitoba, la situation géographique de cette province lui assurera une influence immense sur tout le Dominion.

Au Nord-Ouest, les mêmes phénomènes se sont produits d'une façon plus accentute encore, à cause de Ta dissémination de I population française, de Paffluence des émigrants et de l'étendue du territoire colooisable, En 1880, sur une population de 56,446 habitants (dont 49,000 Sauvages) on comptait 2,896 Français. en majeure partie métis, 2,802

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Auglo-Saxons €0 1,206 habitants d'origines diverses, La race française, si elle ne formait pas la majorité absolue, tenait au moins la tête, si on laisse de côté les Sauvages, Depuis cette époque la population est descendue à 48,362 habitants, par ce fait que le recensement de 1885 ne mentionne plus que 20,170 Sauvages, Par contre, la population blanche où métisse à plus que quadruplé, car elle S'est élevée, en cinq années, de 6,97% à 28,192 habitants. Mais c’est ici que se font sentir les effets de Pimmigration anglaise : l'élément français ne compte que 4,907 représentants, tandis que l'élément anglais, qui ne venait qu'au second rang, passe d’un bond au premier avec 21,874 membres,

Ce qui se passe au Nord-Ouest est done une répétition de ce qui à lieu au Manitoba; mais ici la lutte sera plus difficile encore, et la race française aura besoin de toute son énergie pour ne pas se laisser absorber, Son salut viendra de sa situation géographique, En effet, tandis que le gros de la colonisation anglaise se porte le long de la voie ferrée du Pacifique et au pied des Montagnes Rocheuses, l'élément français cantonné dans la partie septentrionale des Territoires, encore peu facilement accessible, se trouve momentanément à l'abri de linvasion, Installé sur les meilleures terres et occupant les points stratégiques les plus importants de la vallée de Ta Saskatchewan-Nord, il a pour lui tous les avantages de la position. IF domine haut la main dans le sous-district d'Edmonton, possède la majorité dans celui de Battleford et lutte avec chances de succès dans ceux de Prince-Albert et de la rivière Carrotte, Que pendant quelques années encore les rives de la Saskatchewan soient délaissées par le flot des nouveaux arrivants et la race française aura transformé cette vallée en une forteresse nationale dont Edmonton sera limprenable donjon.

Nous partons de Winnipeg, par le train de FOuest, du matin. Partout, aux environs, le sol est cultivé et les propriétés entourées de clôtures, Ces clôtures, qui, dans d’autres provinces, étaient simplement formées avec des troncs d'arbres entre-croisés, sont formées jet avec des poteaux et des fils de fer. Cela tient à ce que le bois est rare et par conséquent assez cher et que ce genre de clôture résiste mieux aux feux de prairie; la flamme glisse st rapidement que les poteaux ne sont qu'un peu noircis.

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Nous passons successivement à Portage-la-Prairie, qui est une petite re vid

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ville, à Brandon, Virden, gros bourgs nés d'hier qui croissent rapide-

ment et possèdent des succursales de banque et un journal, Au Lac-aux-

Chênes (Oak Lake) nous prenons au passage un habitant de cette

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localité qui nous apprend que là se trouve un centre canadien-français

comprenant 70 familles, Depuis peu de temps 10 familles sont venues

de France s’adjoindre à ce groupe. Ces familles sont toutes originaires

de la Haute-Loire et elles attendent un nouveau convoi de compa-

triotes, L'élément français est peu répandu de ee côté et, une fois sorti du Manitoba, nous ne rencontrerons plus sur notre route directe

que des Canadiens-Français isolés.

Aux limites du Manitoba, les habitations se font rares et les stations

sont de plus en plus éloignées, L'horizon s'étend à perte de vue et pas ver

un arbre ne le coupe, Là où il n'y a point de culture, une herbe courte eu (

el sèche recouvre le sol, De temps à autre on traverse une coulée. C'est mel

une dépression, à qui les Espagnols donnent le nom de barranco, el élén

les Hispano-Américains celui de quebrada, qui cache ordinairement en 1

un cours d'eau abrité sous le feuillage, La végétation, qui y est assez un (

abondante, cesse brusquemment au sortir de la coëlée, et l'on attribue

cette nudité de la plaine à l'action dévastatrice des feux de prairie, ne

qui ne s'arrêtent qu'au bord des ravins ou des rivières. s'ébé

C'est à l'automne que les feux de prairie courent comme le vent à seml

travers les herbes sûches, Qu'it tombe une étincelle le long de la voie mon

ou que le feu soit mis exprès où par mégarde dans la prairie, l'incendie se dans

communique de proche en proche el atteint des étendues considérables. pas

Le jour, les feux sont déjà fort curieux à observer, mais la nuit le d'un

{à | spectacle est grandiose, surtout quand le train marche entre deux elle 1 rangées de flammes. Rien ne résiste à ces incendies et lorsqu'un L ù obstacle naturel ne les arrête pas, le colon qui a des récoltes à préserver, HORS doit prendre soin de retourner la terre tout autour sur une assez large jeun Ë étendue, afin d'enlever au feu son aliment et de briser son action. ass Î Lorsque le vent est violent et l'herbe haute, le feu gagne avee une on 4 rapidité incroyable, Les bufles, au temps où il y en avait encore au QE

A | Ll , . r . à ‘ Canada, étaient souvent enveloppés par les flammes et la vitesse de de leur course ne les préservait point toujours du trépas. Le chasseur qui bout

se trouve alors dans la prairie, n’a qu'un moyen d'échapper à la tour- AI

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mente : c'est de mettre Tui-même le feu aux herbes, afin de faire le vide autour de lui.

C'est au moment où nous allions Grer le rideau du sleeping que le premier feu de prairie est signalé. Nous nous précipitons sur la passerelle du wagon pour admirer ee spectacle qui a pour nous tout l'attrait de la nouveauté, L'absence de vent ne propage que lentement l'incendie, mais la flamme dessine sur le sol de curieuses arabesques de feu et éclaire le ciel noir de Tueurs fantastiques et sinistres tout à la fois.

C'est au beau milieu de la nuit que nous arrivons à Indian-Head (Lâte d'Indien), station qui dessert la belle ferme modèle du major Bell. Bien que des chambres nous aient été réservées dans le modeste hôtel de ce petit trou, nous ne trouvons pas notre compte, L’hôtelier, assez cmbarrassé, nous explique que, par suite de la venue du gouverneur général, en tournée sur la ligne nouvelle du Pacitique, il a eu quelques rares visiteurs, el ecla à suffi pour emplir ses appartements. On se case comme on peut: le garçon, pour nous fournir les éléments d’une literie, pénètre dans les chambres déjà occupées et en rapporte, tantôt une couverture prise sur le Hit d'un client, tantôt un orciller que nous lui voyons enlever sans plus de façon de dessous l'orcille d'un dormeur qui n'a pas le temps d'ouvrir l'œil et de S'ébahir d'un tel procédé. Grâce à ce sans-gêne bien américain, qui semble tout naturel parce qu'il est essentiellement pratique, les moins bien partagés d'entre nous peuvent s'organiser un campement dans le salon. Nous ne quilterons pas cet hôtel sans une mention particulière sur la couleur de son cau de toilette. Cette eau, qui est d'un noirâtre effrayant, nettoie peut-être ceux qui sont sales, mais elle salit sûrement ceux qui sont propres.

Le lendemain matin. le major Bell vient nous prendre ei voiture pour nous conduire à son habitation située à un mille de distance. Sa jeune femme nous fait un accueil empressé et nous invite à nous asseoir à une (able fort bien garnie. D’excellents vins de France, comme nous n'en avions pas bu depuis longtemps, coulent à flots pressés dans nos verrs, et le major nous raconte comment, par suite de la cherté des transports et des tarifs élevés de Ta douane, chaque bouteille de Sauterne lui revient à # piastres (20 francs).

Après déjeuner, nous visitons la ferme, dont la superficie n'est pas

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moindre de 60,000 acres (24,000 hectares), Ses limites, le long du chemin de fer du Pacilique, commencent à 6 milles à l'ouest d'Indian-Head, et, du côté opposé, vont jusqu'à 2 milles de Ta station de Qu'Appelle, L'acre à 66 payé LE piastre et 4/2, soul sur la bordure du chemin de fer, où la Compagnie en a réclamé 7 piastres. Cette élendue considérable de terres n'est pas entiôrement exploitée, Chaque année, 7,000 acres environ sont mises en valeur. La culture dominante, pour ne pas dire unique, est celle du blé, qui donne, par acre, un rendement moyen de 25 à 80 minots (1), ce qui fait 22 à 23 hectolitres par hectare, L'abondance du rendement et le peu de frais de la culture expliquent facilement comment le Far-West à pu. malgré le prix des transports, inonder l'Europe de ses produits, el comment le Nord-Ouest canadien, avec son immense étendue de terres vierges, deviendra sous peu le grenier à blé de l'ancien monde, La ferme nourrit 70 têtes de gros bétail, 150 chevaux et 300 porcs, n'y a pas de moutons, Les ouvriers agricoles, au nombre de 150 environ, avaient été réduits de moitié, ainsi que les cultures, au moment de l'insurrection des Métis, Chaque travailleur gagne 35 piastres par mois, logé, mais non nourri, Quand la nourriture lui est octroyée, son salaire descend à 25 piastres, Mais les prix changent selon les circonstances et l'année précédente le taux des salaires était plus élevé de 10 piastres, Chaque ouvrier à droit à une cabane etàune acre de terre, Tout travail est fait à laide de machines à vapeur, à Fexception du labourage, Nous voyons fonctionner sous nos yeux 6 charrues à 3 chevaux; la veille, en honneur du gouverneur, n'y en avait pas moins de 35. Le matériel est considérable el compte r2tamment 48 moissonneuses-licuses et 50 semeuses à un cheval, Chacune de ces dernières ensemence 25 acres par jour, Très peu de machines sont de fabrique canadienne; presque toutes viennent des États-Unis dont le Canada est encore tributaire à ee point de vue, Une installation aussi complète que celle de Ta ferme Bell n'est pas sans être coûteuse; aussi le major nous dit-il que depuis trois ans, date de son installation, les dépenses faites sur sa propriété n'ont pas été moindres d'un 1/2 million de piastres. La maison d'habitation, d'un extérieur fort simple, est installée sans luxe, mais avec le confort nécessaire dans un pays n'of-

(1) Le minot (bushel anglais) équivaut à 36 litres environ.

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LE MANITOBA ET LE NORD-OUEST 127 frant point de ressources pour les facilités de la vie, Le téléphone relie la demeure du major Bell à la station et aux principaux points de son immense domaine,

Aux époques de grands travaux, comme au lemps de la moisson, on engage à titre d'auxiliaires des Indiens du voisinage, Ce sont des Assiniboines (hommes de pierre) el parfois des Sioux, Ces derniers appartiennent à Ja grande tribu émigrée au Canada ave le Bœuf- Assis (Sitting-BulD, le Napoléon des Sioux, si souvent en lutte avec les Visages-Pâles, Après avoir détruit complétement a colonne du général américain Custer, envoyée pour le faire rentrer dans Fordre, le grand chef sauvage comprenant qu'il ne pourrait résister aux forces nombreuses dirigées contre lui, prit le parti de quitter les Etats-Unis et vint avec sa tribu camper dans la vallée de Ta Qu'Appelle, Plus tard, ititla paix avec le gouvernement de Ta Maison-Blanche eCrentra sur les terres de a République à Ta bannière éoilée, Mais une fraction de la tribu est restée au Canada, vivant avec les Assiniboines, les moins sauvages de tous les Indiens,

Les Sauvages recrutés comme ouvriers travaillent assez bien, mais pas d’une manière suivie, 8 où 10 jours ordinairement, Hs rentrent sous leur tente, puis reviennent un peu plus tard, On ne les emploie jamais qu'à des travaux peu compliqués, tels que le chargement des vorbes, Comme salaire on leur donne la somme, relativement élevée pour un Sauvage, d'une 1/2 piastre, plus la nourriture, Leurs femmes travaillent beaucoup mieux; mais eela tient à ee que la squarc est considérée par lndien comme une bête de sonne et chargée, à l'instr de la femme arabe, des travaux les plus pénibles, L'homme se considère comme trop gentleman pour mettre souvent a main à la besogne, Un des Sioux, qui avait promis de venir travailler à la ferme, arriva un jour avec ses quatre femmes et <'assit tranquillement sur l'herbe pendant que ses compagnes ne se ménageaient point. Comme on lui rappelait sa promesse, 1 parut tout étonné et, montrant ses quatre femmes, dit qu'il voulait bien consentir les laisser travailler, mais que lui avait bien compris qu'il n'aurait qu'à les regarder faire.

Avant de quitter le major Bell et ndian-Head, nous allons en voi- Lure jusqu'au lac Qu'Appelle, situé à 10 milles environ au nord de la ferme. Le pays esc plat jusqu'au lac, beaucoup plus long que

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large, qui semble enfoui au fond d'une grande coulée. A la parti orientale, où nous arrivons, il n'y a pour uniques habitants que des maringouins, Ces trop célèbres moustiques touchent, heureusement pour nous, au déclin de leur existence el sont devenus presque inoffensits.

A une heure d'Indian-Head s'élève Regina, chefdieu du district d'Assiniboia et capitale du territoire du Nord-Ouest. La nouvelle cité, qui ne date que de ISS2, est une ville pour ainsi dire artificielle, ar rien, ni au point de vue commercial, ni au point de vue politique ou

stratégique, ne justifiait une création aussi peu pratique. Ce coin de

terre présente un aspect absolument désolé, n'y a pas un seul arbre, et eeux qu'on avait transplantés pour orner la capitale ont refusé de vivre, L'eau fait généralement défaut, et lon en est réduit à barrer un cours d'eau qui est à moitié sec ou marécageux, selon la saison. Enfin, quand le vent y soufle, et nous ne l'avons que trop bien senti, il le fait de facon à décorner les buffalos les micux coiffés, C'est, en un mot, une triste résidence, qui parait tout à fait dénuée d'avenir. Aussi ne peut-on expliquer sa fondation que par des consid.ations de spéculation de terrains.

La ville est tracée en damier, avec de larges chaussées, tout comme à Winnipeg; mais, sauf dans le voisinage de la gare, la plupart des rues ne possèdent que quelques maisons dispersées en tous sens, Cela vient de ce que les détenteurs de terrains voulant vendre ces derniers fort cher, on bâtit un peu partout et à grande distance. L'administation donne, du reste, Fexemple de cette incohérence de construction, car l'office gouvernemental est fort éloigné de Ta gare, dans un endroit tout à fait désert. C'est lu que siège FAssemblée législative du Nord-Ouest. Tout est anglais à Regina, fonctionnaires comme habitants, à l'exception du secrétaire du conseil, M. Forget.

Nous avons trouvé à Regina le plus aimable accueil chez M, Davin, directeur du journal local, The Leader, et ancien correspondant du Standard à l'armée du maréchal de Mac-Mahon. M. Davin (1) nous fait d’abord voir son imprimerie, une grande baraque en bois à un étage. Son journal, qui parait une fois par semaine, est établi très modestement, car la clientèle est peu nombreuse et la main-d'œuvre fort chère : un ouvrier ne se paie pas moins de 16 piastres (80 francs)

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