O Jiourdono, bouto
La jolie musique
De ton gosier
Sort pour le roi de pique
Ou le roi de carreau.
Et triste et pleurant L'oiseau la suivit, L'oiselet chanteur, Aussi loin qu'il put.
Mais, de lassitude.
Et de chagrin, La petite bête muette Ne put pas longtemps.
Et, comme une étoile Tombe dans la nuit Dans l'eau meurtrière, L'oiselet tomba.
Depuis, la rivière De l'oiselet mort, Parmi ses cailloux, Promène le cadavre.
Mais on dit que maintenant, Quand elle entend chanter, La Jordanne claire Pleure en écoutant...
Bluette charmante, de rhétorique où, pas plus que la langue, nous ne retrouvons le pays. Tout le volume est d'un sentiment délicieux, d'une exquise fraîcheur. C'est le livre de la vingtième année d'un brillant séminariste à qui sont interdits les sujets profanes. Du moins, il y a eu effort conscient. F. Gourchinoux savait le patois, mais le latin et Te provençal aussi. Il a eu l'ambition de faire sortir l'idiome vulgaire « d'entre les boues de l'atelier, de
46 AU CCEUIi DE L'AUVERGNE
le rendre propre et net ». Il l'a si bien gratté, poncé et poli qu'il a tout effacé. Pour se rapprocher du Languedoc et de la Provence, il a produit ainsi de la poésie harmonieuse et distinguée, avec de la tendresse et de la sincérité, mais sans plus rien d'Auvergnat. ..