‹ Au coin du feu, histoire et fantaisie [microforme]Chapitre 32 sur 33 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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IL Né Hé

ragte mille 4mes. Les Français las:nemmè.

rent JJurons parcaqu'ils se rasaienk les: che, veux. on les redressrient de manières: fon mer sur la tèle, du fronk à l'arrière, ane crête assez semblable à la hure d'un sqnglier.

En 1608, la tribu de l'Troquet habitait,

l'intérieur d’un territoire triangulaire: dons, Vaudreuil, Kingston el Ou formaienk les àngles (1).

… Dans les années 1610, 1615 18, elle fit de nouveau partie des expéditions contre. las Iroquois. Les Relations de 1633. 1637, 1640, 1646, et autres, la mentionnent encore, comme étant d’une certaine importance,

Jusque. vers 1630, la supériorité des Iroquois n’était pas bien marquée. Les Algonquins rachetaient par leur courags ce qui leur manquait en prudence et en discipline, mais les armes à feu que les Hollandais d’'Albany fournirent alors aux Lroquois donnèrent l'avantage à ceux:ci, car les Français évitèrent pendant longtemps de fournir des fuaits à leurs alliés (2).

Lu Mvriané, Oudre &'Eitsire, vol. 1, pe UL.

D. Forlan&, Ovure SiHssioire, vol. 1, p. 148

Leur amour de la: guerre jela canstamment les Algonquins dans des entreprises :

hasardeuses, d’où leur indispipline était pau propre à les tirer. Il faut dire aussi qu'étant plus honnêtes, plus francs que les Troquois, ils furent à plusieurs reprises viclimés dela foi jurée. sur laquelle ils s’appuyaient naive-

. ment. Notons encore que par un empresse-

ment inconsidéré à ‘ frapper coup, ” les Aj-

gonquins occasionnèrent à leurs alliés les

Français nombrede mauvaises affaires avec les Trojuois, à des époques où la colonie

. avait surtout besoin de Fe et de tranquil-

lité.

Ce qui est étrange, c’est l'espèce de finpse bravoure dont les Algonquins firent parade,

par un reste d'habitude de leur ancienne

renommée. Îls savaient que leurs ennemis.

agissaient plus par ruses et par piéges que tout autrement, mais ils ne laissaient point de:commettre chaque jour le: imprudences les plus grossières, Quand à l’habileté et au courage, ni l’une ni l’autre des deux races n’en cédaient, mais les Algonquins manquaient dé ténacité dans les expéditions,

de 188 —

de persistance dans la poursuite de ces guerres cruelles (1).

‘La mort de Piescaret, en 1647, fut comme:

le signal de ruine de la nation algonquine, qui eut lieu en même temps que celle des Hurons.

* Les Algonquins et leurs adhérents ne reçurent que très-peu de secours du côté des Français. Ce n’est qu’en 1665 qu'arrivèrent dans le pays des forces vraiment imposantes, maisil y avait quinze ans que les Hurons et les Attikamègues étaient détruit et que la poignée d'Algonquins qui restait se tenait cachée sous les canons des villages français.

La colonis de ia Nouvelle-France, commencée en 1608, n'eut d'établissements stäbles qu’à partir de 1633 ; elle ne prit véritablement de l'importance qu’en 1665.

Les Iroquis, qui avaient, à cette dernière date, porté leurs arnes victo”' uses dans le golfe, sur les bords du flenv . «ux sources

1 Lañtoau, Mœurs des Sauvage, 1724, vol. 1, p. 91, 101-2 173, 106.

Feriand, Cours d° Histoire, vol. 1, p. 148, Faillon, Æietoire de la e. fe, vol. 1, p. 5244-33.

du Saint-Maurice et de l’Ottawa, sur les terres du Haut-Canada, autour des grands

lacs et jusqu’au pays des Sioux, ne voyaient

plus d’ennemis sérieux que les Français.

Hs surent leur tenir tête pendant un aütre demi-siècle, c'està-dire jusque vers 1700.

Les Français leur suscitèrent alors des en lémis redoutables dans la Abénaquis, venus d'Acadie et placés aux environs des LL ois- Rivières,

Du présent article, nous pouvons faire un résumé sous la forme que voici, qui montre les mouvements successifs de ces peuples :

Les Algonquins. habitaient lOttawa ; les Iroquois le Saint-Laurent. Ces derniers disaient être venus de l’ouest.

Vers 1500 les Algonquins chassent les Iroquois des bords du fleuve et s’y installent. Les [roquois vont se fixer entre le lac Champlain et le lac d'Ontario.

Entre 1500 et 1530, les Hurons (ou une autre tribu irroquoise) reprennent Montréal

sur les Iroquets, tribu algong uine. La plupart des Eroquets passent dans les rangs des Iroquois par la contuëte. |

A la même époque les. Tsonnontouans, autre tribu iroquoise, commencent à exercer des ravages sur le fleuve en descendant par la rivière Sorel.

En 1535, Jacques Cartier visite à Montréal les Hurous-Iroquois. De là jusqu’à Québec il n’y a qu’un seul village. Les Tsonnontouans ou Toudamans répandent la terreur partout dans ces endroits.

Vers 1560 les Algonquins massacrent presque tous les guerriers de l’Iroquet, à la rivière Puante, et le reste de cette tribu retourne aux Algonquins.

Entre 1560 et 1600, la tribu iroquoise des Agniers est celle qui conduit principalement la guerre contre lés Alszonquins.

De 1560 à 1600 les Algonquins prennent le dessus dans toutes les directions. La tribu iroquoise qui tenait Montréal se retire ; vers l’ouest ; on croit la reconnaître dans les Hurons qtre Champlaïn trouva, en 1615, près du lac Simeoe.

. Vers 1600 paraît avoir commencé la ligue

des cing nations iroquoises. À la même date

les Hurons descendent traiter avec les Fran:

En 1603 Champlain trouve les rives du fleuve inhabitées. Les Algonquins, battus par les Iroquois, se sontrepliés sur l’Ottawa.

En 1609, avec Champlain qui part pour la première guerre des Français contre les Iroquois, il y avait des bandes de Hurons, d’Algonquins, d'Iroquets et de Montagnais ayant leurs chefs particuliers. L'alliance des Français attire de nouveau les Algonquins au fleuve et ils se fixent principalemsnt aux Trois-Rivières. La guerre continue avec des chances égales de part et d’autres.

En 1624, grande assemblée de toutes les tribus, aux Trois Rivières, pour enterrer la hache et proclamer la paix dans le Canada, Cette démonstration remarquable n’eut aucun résultat avantageux. Le désaccord exista aussitôt après comme auparavant,

. Vers 1630, les Iroquois prennent l’ascendant sur J28 Algonquins à la faveur des

armes à feu que leur procurent les Hollandas.

“Mn TO, Piescaret, chef dlgoritquin, est stosssinté. Ba nâtion est détruite re, sinsiique les:Hurons. 58 es

Jusqu'en 1665, les ‘Iroquois règnent ‘en maitresidansune:grande:partie :HutGanada.

Lesitroupes que: l'on ehvoye ‘dlurs . conte ‘sus ne lus:réduisent prs:entièrementt.

ya viogtcing où trente. ans,. la ville dés TioisRivières était encore fréquentés far ‘les restes de quatre, grandes races .sau väges. C'étaient : 10 les Tôtes de-Boule,. na. tion composée de débris des familles attikagues, :Mmontagnaisese, algonquines et des #ices'de. ‘lai Baie:'Hudson, qui venaïrent en uaitutches les maréhiands'de ta ville’; 20 les Abénuquis : db :BaintiFrançois, et “surtout cœur de: Bécancour, qui y’passatent 'tbutes les époques de L'année : ‘S0les ‘Algonquins, denties cabanageret lusitèrritoires'de chasse : n'étaient jamais éloignés: 6e ou :''4dies Iragnois de Snint:Régis. que :la: dompagäié de la Baie d'Hudson employait pour ”

trélte-du hat Saint Maurice le dépôt dus articles de’traite, les pelloteries, et la egnis trubtion des canots d'écorce 6tant conicentés aux Trois Rivibres.

Soit À cause dé la nature temporaire de Iburs occüpations dans cette place, soit par . süite de la répugnance qu'éprauvaient les autres Sauvages à se rapprocher d'eux, les Lroquois faisaient bande à part et n'étaient ième pas- salués par los autres, sauf les Agonquins, lesquels s’y prenaient de la madière suivante :

“Lorsqu'un Algonquin rencontrait un.Iroquois, il lui jetait un coup d'œil froid,et

tonoticait, d'un ton un peu plus sec .que p P ie Led

d'ants soit langage OFHA Ar, € ce s'mple mot : “froquois 1”.

L'froquois, à son tour, répétantle.môme:

manége, disait-sonrdement: ‘“ Alvonquiat

Œt.tont deux contiauaiant deu: :chemin:, Nous n'avons jamais entendu dire qu'il:æai fût résulté de, querelle. Au fond, c'était peut-être un acte de politesse, un mode de salutation.

Les familles iroquoises et algonquines qui habitent aujourd’hui le village de la

mission du lac des Deux-Montagnes,.conservent à peine un souvenir vague des -lut.

tes qui, autrefois, divisbrent ces races. Leur missionnaire, M. Cuogq, nous écrit qu'elles vivent depuis longtemps ensemble en parfaite intelligence et sans se reprocher leurs anciens actes de barbarie. De ressentiment, dè vendetta, il n'en existe pas l'ombre parmi eux. Dans les chicanes particulières qui sur gissent ça et là, ni homme ni femme ne songent à faire allusion au temps passé, même en;se disant des injures, —chose que les Sauvages pratiquent aussi savamment que pas un de nous.

Ces deux belles races qui s'éteignent, survivent pourtant aux passions et à la haine engendrées entre elles il ya près de quatre cents ans. L'esprit de l'Evangile a passé sur leurs bourgades. Après avoir vécu si longtemps en armes l’une contre l’autre, elles se préparent à mourir dans les bras l’une de l'autre.

‘LA TROMPETTE EFPRAYANTE

Charles Barnard avait laissé tomber son blanchissoir et se tenait les côtes de rire.

Vous me demandez de quoi riait Charles.

Bernard ? Pour le moment, rien ne presse ; je vais donc vous présenter un tant soit peu ce personnage,

Charles Bernard était nn pauvre diable de poseur d'affiches qui prenait la vie comme elle se présentait. C'est vous dire qu’il agissait en philosophe sans s'en douter,

Pour de l'instruction, il n’en avait guère tiré des livres, mais il savait une foule de choses qu'il avait apprises dans ses voyages, Cela lui tenait lieu d’études classiques et autres, et j'ajouterai qu’il n'en était que plus considéré dans le canton. Voilà pour son mérite et ses qualités.

Lorsque les devoirs de son état n’absorbaïent pas tousses instants, il se livrait avec bonheur à la pratique du chaulagé des bâti : ments et clôtures. Voilà pour ses goûts.

Or, le jour où je vous le présente, il est précisément en train de promener un large pinceau plat—vulga blanchissoir — sur la devanture du jardinet de mon voisin. Ily

a près de trente ans de cela.

Tout-à-coup un cri sourd se fait entendre aux environs. Il dresse l'oreille et la main immobile sur son ouvrage.

Le cri sourd continue.

Je dis cris sourd, parce que c'était bien

un cri, mais si puissant qu’il semblat être, il avait je ne sais quoi d’étouffé qui donnait l'idée d’une chose extraordinaire.

Ce cri venait-il du quartier, du centre de -la ville, ou de la campagne ? Impossible de le dire, Il était assez distinct pour que l’on crût que la source en était à quelques pas seulement. Mais il était assez fort aussi pour provenir de plusieurs centaines de pas.

Charles Bernard eut une seconde ou deux d'indécision en l’entendant, puis de l'air d’un homme qui a découvert un mystère ou une espièglerie et qui en voit la ficelle, il laissa tomber son blanchissoir et se prit ä rire.

LCR

Le cri continuait.

C'était quelque chose de terrible comme l'inconnu, de hideux comme le râle d’un possédé. de vibrant comme le bruit d’une cataracte, d’incomoréhensible comme les clameurs que l’on entend dans les rêves.

La rue où. travaillait Charles Bernard se trouva en moins. de dix secondes remplie de gens terrifiés qui se lamentaient de mille. manières, et qui tous, bien sincèrement, croyaient à la fin du monde.

Fn’y avait pas, en effet, à badiner. Le cri continuait en augmentant de volume. Ce crescendo-était épouvantable. Personne ng pouvait expliquer d'où provenait la voix.

Personne non plus ne pouvait se figurer À

quelle espèce d'animal elle appartenait, {Charles Bernard avait compris cela, et c'était ce qui l’amusait tant.

Le cri continuait et s’étendait de plus.en plus. Aulieu du murmure inconnu qu’il avait d’abord fait entendre et qui était déjà suffisant pour effrayer toute une population, c'était maintenant une: voix distincte, un souffle rauque et énergique qui remplissait l'air et dont les vibrations portaient la terreur chez les êtres les plus solidement constitués.

Piantés sur leurs jarrets, le corps repoussé en arrière, la tête levée, l'oreille ätyite, l'il hagard, les naseaux ouverts, les chevaux s'étaient arrêtés dans les rues

Leurs conducteurs, aussi épouvanté que les bêtes, cherchaient à droite et à gauche une assurance qui ne se trouvait nulle part,

Sortis de leurs maisons, citoyens et citoyennes, garçons et filles, se précipitaient dans la rue et tombaient nez à nez avec des voisins tout aussi alarmés qu’eux-mêmes,

Le cri continuait, et pr ds Bernard riait toujours.

‘Le juge Bolete courait du havt en bas de la rue, criant à tue-tête qu’il savait d'où venait le cri. ‘Vous comprenez qu'il ne de savait pas, mais qu'il croyait l'avoir trouvé.

Tout le monde se mit à le suivre, quoiqu'it.

fut vêtu d’une robe de chambre et de pantoufles éculées.

Sa suite rencontra au coin de la rue une autre foule, aussi bouleversée, qui cherchaïit à contre-courant d’où pouvait venir le cri.

Le cri ne cessait de se faire entendre.

Au moment où les deux foules se heurtèrent, la voix puissante qui couvrait la ville, éclata en deux ou trois accent aigus.

La plupart des auditeurs se mirent à genoux.

On croyait décidément avoir affaire à “ la trompette effrayante.” k

Le spectacle que présentait la ville est impossible à peindre. Il ne restait pas une âme dans les maisons, pas mème les enfants au berceau, car les mères s’en étaient emparées avant de fuir. Personne ne songeait à parler. La voix surnaturelle, terrifiante, gigantesque, colossale, qui se faisait entendre, tenait lieu de tout commentaire. On se regardait à peine. La mort et la peur se tenant par la main personnifiraient l’attitude et les sentiments des braves gens dont je vous raconte désarroi.

Charles Bernard riait de plus en plus fort.

Le juge Bolete revenait sur ses pas à la tête de ses fidèles, et par les grands mouvements de désespoir qu'il imprimait à ses

bras et à sa robe de chambre, il donnait le tableau le plus complet de la désolation et de la terreur.

Les larmes s'étaient mises de la partie.

Hommes et femmes en versaient à cœur fendre. Plusieurs demandaient un prêtré pour se confesser. Des ennemis irréconciliables s'embrassaient et se juraient le pardon de leurs offenses.

Enfin, un troupeau de vaches, échappé de la commune, passa comme l'éclair dans la rue principale, la queue en l'air, la tête haissée, les pieds ruant. Au lieu de provo:quer une hilarité générale, cela ne servit qu’à porter davantage la désolation dans les cœurs.

Charles Bernard, voyant cela, riait à so démonter les côtes.

Le cri avait continué de soutenir son diapason. C'était un hurlement comme l’esprit n'en pourrait rêver. Quelque chose qui

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Wa d'éépreision en autune langné Us #oté Hokrible, infernale, rageuss, éétiove ‘Jée, qui semblait venir autant dû ciel qué.

de laterre et dont: personne na saurait 66mgarer l'effet éuervant. qu'aux éclats: de 18 tormpette du: ‘jugément dernier, pri ‘Eufin, fous de terreur et croyant voit venir la mort, les élbvès des: fers rame daient dans les rues, angméhitaïent: la foule et criaient partout que la fin du monde était proche.

Charles Bernard se pâmait de plaisir. Jæ mais il n'avait assisté à pareille fète. Mais en voÿyant cet effarement général, il ne put se coutenir.

—Je vous demande pardon, ce n’est rien, commença Charles Bérnard.

—Comment ! rien ! Vous n’entendez done pas 1...

- Mais oul, fentends très-bien : cést le.

diet d'un bibau à vapèur. J'en ai vu 68

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entendu de plus laids que celui-là dans mes voyages |... |

Et Charles Bernard riait comme un homme parfaitement heureux dn tour ‘que le sifilet à vapeur venait de jouer au paisibles habitants de la ville des Deux-Grèves, où il n'avait jamais été entendu avant ce jour, \

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