‹ Au Congo et aux IndesChapitre 14 sur 114 · KISANTU. SECONDE HABITATION DES PÈRES · texte numérisé non relu

KISANTU. SECONDE HABITATION DES PÈRES

(i) Extraits d'une lettre du Père Liagre (novembre 1894).

Deux aus plus tard, le gouverneur du Congo, le général baron Waliis, alors colonel, donnait à la Mission de Berge3"ck-Saint-Igaace ce beau témoignage :

« En sortant du district des Cataractes, je me suis dirigé sur Kisantu, où j'ai beaucoup admiré le travail rapide qui a été fait dans cette Mission... Le Père Van Hencxthoven ne s'est pas borné à faire des bâtiments en briques, il s'est activement occupé des populations, sur lesquelles il a une"! réelle influence dans un ra)'on de plusieurs lieues.

... A côté du travail religieux, les Pères se sont occupés très activement de l'établissement de Kisantu proprement dit.

Ils y ont de beaux locaux pour eux et leurs enfants, des cultures qui prennent de l'extension, et qui, selon les prévisions du

Père Supérieur, permettront de nourrir en gronde partie le personnel très nombreux employé dans la Mission (i). »

Aujourd'hui, Kisantu compte vingt-six bâtiments répartis en deux groupes, à proximité d'une église de 4© mètres de long sur i3 mètres de large.

La maison des Pères est une habitation à étage. Elle comprend dix-huit chambres, d'environ 3 mètres sur 4, une chapelle, un réfectoire, une bibliothèque, une salle de récréation. Deux vérandas courent le long du bâtiment,

KISANTU. MA.ISON' DES SŒUKS

(i) Extrait d'un rapport du colonel Wahls, gouverneur général du Congo, au gouvernement de l'État Indépendant (3 juillet 1896).

une au rcz-de-cliaussée et une à l'étage. La cuisine avec boulangerie et '^magasin, la forge, la menuiserie, les ateliers, la uiaisondes enfants, le magasin à cliikwangue, un autre magasin, la brasserie, la tannerie, l'école et un grand enclos pour jjarquer le bétail, tout est construit en briques. A cinq'minutes de là est située la colonie des Sœurs de Notre-Dame.

Un peu ijlus loin, à l'écart, quelques bâtiments en pisé : ce sont les anciennes babitations, aujourd'liui transformées en remises pour les écliafaudages des scieurs, les cliariots, les macbines, etc.

Tout cet ensemble forme comme un bameau, assis à l'extrémité d'un vaste plateau de 800 mètres de largeur

L'ÉGLISE DE KISANTU

moyenne et qui s'étend à plusieurs lieues dans la direction nord-sud. Un cbemin large de 8 à 10 mètres part de l'église, passe devant la maison des Soeurs et court vers le sud, reliant à Bergej'^ck-Saint-Ignace trois kraals pour

les bœafs. Le plus éloigué de ces kraals est à une lieue environ de la Mission.

Dirigés par les missionnaires, les jeunes nègres ont déjà défriché au delà de ii8 hectares. Les fillettes des Sœurs de Notre-Dame ne sont pas loin d'atteindre les 60 hectares.

A vingt minutes de la maison des Pères, un potager de I 1/2 hectare fournit les légumes, les fruits à la commu-

AV JAEDIKAGE

nauté et sert de jardin d'essai pour les expériences agronomiques du Frère Gillet.

Kisantu fait l'admiration de tous les visiteurs. Pour desservir ce poste et les nombreuses fermes-chapelles qui en dépendent, il s'y trouve quatre prêtres, dont un récemment arrivé.

En outre, cinq scolastiques (i) font là-bas l'apprentissage de la rude vie de missionnaire. Après quatre ou cinq ans, ils reviendront faire ici leurs études de théologie, seront ordonnés prêtres et puis repartiront pour l'Afrique.

(i) On donne ce nom, dans la Compagnie de Jésus, aux Pères qui ne sont pas encore prêtres. On est scolastique aussitôt qu'on a fait les premiers vœux, c'est-à dire deux ans après l'entrée en religion ; on le reste jusqu'à la prêtrise.

En 1905, sur quinze Jésuites belges envoyés aux Missions du Congo, du Bengale et de Ceylan, il y avait quatre prêtres, neuf scolastiques et deux Frères coadjuteurs.

Telle est la méthode habituelle de la Compagnie de Jésus pour la Mission du Congo. Le» jeunes Pères partent après trois, quatre, cinq ans de vie religieuse, habituellement à la fin de leurs études de philosophie, vers l'âge de 23 ans. Au lieu de faire leurs années de régence comme surveillants ou professeurs dans un collège de Belgique, ils sont envoyés au Congo pour enseigner le catéchisme, l'a b c, voire l'agriculture et le cornet à pistons.

Sept Frères coadjuteurs, dont un nouveau venu (i), complètent la communauté. Ceux-ci sont préi)Osés surtout au matériel.

11 est rare que tout le personnel blanc se trouve réuni à la Mission. Généralement, un ou deux Pères sont en

tournée, pour visiter ou en fonder de nou ditions durent huit

les fermes-chapelles velles. Leurs expé- 3 ours, parfois deux ou trois semaines.

Quant au nombre des habitants

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