LE PÈRE V^N DER AA
nade, quel déshonneur! Mettre la main à tel ouvrage, impossible ! Ces idées sont profondément ancrées dans le cerveau de l'Indien : on en fit l'épreuve au début.
Et maintenant? Quand l'idéal chrétien a pris racine dans une âme, il y étouffe les pensées étroites, les préoccupations mesquines. Maintenant la charité de Jésus-Christ a rapproché ces cœurs qu'une même vocation abrite sous le même toit; on s'aime, on s'entr'aide, on s'appelle frère, on s'avertit mutuellement des moindres écarts.
« L'esprit qui règne dans la maison, écrit le Père van der Aa, peut se comparer à celui de nos bons noviciats ou juvénats de jésuites : même simplicité et bonne volonté, même exactitude aux moindres observances du règlement.
» Venez voir ce sérieux à l'étude, aux cours, aux discussions mensuelles, ce décorum à table, en récréation, en conversation, et j'oserai ajouter cette pureté de cœur, cette délicatesse de conscience. »
Que de traits touchants et admirables dans leur simplicité ! Je cite encore le Père van der Aa.
« Il y a deux mois, l'un d'eux — excellent joueur au football — s'en vint me dire tout penaud :
« Père, je voudrais me corriger de ma vanité, je me sens » si fier quand j'ai bien joué et qu'on applaudit mes coups; » ne ferais-je pas bien de donner parfois un grand coup de » pied en l'air à côté du ballon? On rirait, on se moquerait » peut-être de moi... D'autre part ce ne serait pas agréable )) pour mes partenaires que je ferais perdre... Que vaut-il » mieux faire? »
■» Il y a deux semaines, je demandais à l'un de nos plus jeunes comment il se comportait à l'étude ?
c( Je voudrais faire mieux, répondit-il, car je pense toujours que Dieu me voit et qu'il m'aime ; et moi je veux Lui faire plaisir et plus tard me dévouer à son service. »
Le bon Dieu attise la flamme du zèle dans ces prêtres de demain, témoins aujourd'hui de l'esclavage dotant de frères païens. Comme ils désirent devenir de bons missionnaires, faire du bien, sauver des âmes !
En mai 1899, le séminaire fut en fête; c'était la première ordination sacerdotale.
Tout étourdi encore par les détonations des pétards, par la musique tapageuse de la fête singlialaise, le jeune prêtre arrive auprès des séminaristes qui se jettent à genoux. Et tandis que pour la première fois sur ses quatre vingts frères prosternés, il appelle la bénédiction du Tout-Puissant, les larmes lui montent aux yeux, l'émotion lui serre la gorge, et à peine peut-il prononcer les paroles sacrées en traçant sur leurs têtes inclinées le signe de la croix.
Depuis, chaque année, plusieurs partent avec des paroles de reconnaissance pour ceux qui- les ont formés; ils retrouvent le sol de la patrie qu'ils ont quitté jadis et qu'ils vont maintenant cultiver pour le Seigneur; simples, dévoués, ils offrent leurs services à leur évêque.
Celui-ci les envoie alors aux postes d'honneur ou de souffrance, que leur importe? L'un part dans un coin d'exil, travaille, transforme le pajs en un an; un autre couronne deux années de labeurs et de succès par une sainte mort; plusieurs sont nommés secrétaire ou théologien de leur évêque, tous volent où- le devoir les appelle : curé, vicaire, missionnaire, professeur; de tous on parle avec éloge.
Et du fond de ces solitudes, des lettres arrivent parfois aux jeunes élèves de Kandy comme un encouragement, lettres enflammées où un ancien, tout vibrant d'ardeur, conte que la moisson est abondante, qu'elle demande des bras, que des âmes païennes encore, mais désireuses de la vérité, les attendent.
Missionnaires à Ceyian
BRADANT
P. Berrewaerts, Augustin, Louvaiii . . . P. Limbourg, Camille, Lennick St-Quentiii
P. Stache. Albert, Laeken
P. van der Aa, J.B., Bruxelles ....
Départ 189(5
lletour Décès
ANVERS
Mgr Van Reeth, Joseph, Anvers .
P. De Hert, François, Anvers . . .
P. Opdebeeck, François, Anvers . - P. Serigiers, Maui'ice, Anvers . .
P. Standaert, Auguste, Turnliout. .
P-lVau Antwerpen, Gérard, Anvers.
P. Van Kasteren, Antoine, Turnliout