‹ Au Congo et aux IndesChapitre 78 sur 114 · ID · texte numérisé non relu

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les ((guerriers» compagnons du roi, les Kshattryas ou Rajahs.

Les agriculteurs gardèrent leur nom de Vaisyafi; quant aux ennemis, captifs, serfs et esclaves, ils deviarent les Siidras, commis aux plus vils travaux et exclus des sacrifices et des fêtes religieuses.

Les Bralimes n'établirent leur suprématie qu'après de longs démêlés avec les Ksliattryas; d'ailleurs ces derniers firent, paraît-il, cause commune avec le bouddhisme, et les Brahmes, excluant les traîtres, admirent à leur place les guerriers Rajpiises, qui donnèrent origine aux familles royales de l'Inde.

Cette répartition, si simi^le d'abord, s'est singulièrement compliquée. Grâce surtout aux différences de lieux et d'emplois, qui en firent de vrais corps de métiers, ces quatre catégories se subdivisèrent en une multitude de castes, séparées par des lignes de démarcation telles, qu'elles s'oppoFcnt à toute espèce de fusion et surtout aux alliances matrimoniales. D'après Hunter, les castes des Brahmes seules s'élèveraient au chiffre de i,886 ; celles des Sudras sont bien plus nombreuses encore, et parmi elles, quelques-unes sont particulièrement méprisées : telles, les castes des barbiers, des blanchisseurs, des tanneurs et des potiers.

Que dire des « sans caste », des Parias ?

Excessif en tout, l'Hindou, qui rend aux Brahmes des honneurs presque divins, traite le Paria avec le mépris le plus profond ; sa seule présence l'empêche de porter un met à la bouche. (( Aussi, mis au ban de la société, les Parias ne font rien pour se relever. Ils ont pris le goût du cloaque et se complaisent dans un abaissement où ils trouvent une liberté relative que n'ont point leurs maîtres Brahmes ou Sudras. Ceux-ci, par exemple, s'abstiennent de viandes et de liqueurs, font de pieuses ablations, et se drapent dans le splendide mensonge des vertus païennes. Mais Y>ersonne ne s'étonne de voir l'ivrognerie, la gloutonnerie, la malpropreté et tous les vices grouiller dans les bas fonds de la caste réputée immonde, (i) »

(i) Au pays des Castes, par le Père Coiibé, S. J.

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Quant au Brahme, il a gardé, à travers les siècles, toute la morgue des auciens temps : si pauvre soit-il, il se considérera toujours comme infiniment supérieur au plus riche banquier a Vaisya ».

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