LE PÈRE DE PRINS DEVANT SON ÉGLISE DE RAGIIABPUR
Visite A ce. tableau de deuil nous voudrions opposer l'aspect
de Monseigneur. ^^.^^^^ ^,^^^ j^^^, ^^ ^^^^ . ^^ yigite pastoralc de la mission.
Dès l'anbc nos Bengalis sont à l'œuvre, nchevant la décoration des chemins, de l'église, de l'école; arcs de triomphe, fleurs, fcuillnge, drapeaux, rien n'y manque.
La population chrétienne s'est portée en foule au-devant de son évoque. Le voici sur son trône, clans la grande barque d'honneur, escorté d'une flottille do petites pirogues fendant les eaux verdàtres du canal.
Et sur les lives, c'est le cortège en délire, le son des tam-tams, des flûtes, des tambours, des cymbales, la détonation des bombes, les coups de fnsil ; bref, un vacarme tel qu'on n'en entend qu'aux Indes.
A l'église, sur le passage du prélat, partout, tant que dure la visite, la joie et l'affection de ces pauvres Bengalis se manifestent ainsi naïve, brnj^ante, mais si sincère!
Le soir, pour clôturer la fcte, feu d'artifice, concert
ÉLÈVES DES SŒUUS LOKKTTINES (l)
instrumental et vocal, danses nationales, le tout exécuté par ces chrétiens que l'allégresse rend infatigables.
Les stations de Morapaï et de Ra>>habpiir avec, au nord de Calcutta, la résidence du chapelain militaire de
(i) Cette gravure représeute les élèves des Sœurs Lorettines à Ranchi. Actuellemeut ces religieuses sout à Morapaï.
Duiu-Duiii comptent aeUicUeincnt 3,()oo oliiéliciis et i^o catéfhiiiuèucs.
Lîi division do Biirdwnn, qui s'étend au nord et à l'ouest Burdwan de Calcutta comprend cinq i)ostes imporlants : la cure d'Howrah, centre industriel sur la i-ivc droite de riloogly, en face de la capitale, et la station de Scrainpore, située i5 milles ])lus haut; puis, à 72 milles de Calcutta, le poste de Khuragpiir; à l'extrémité septcntiionale du district, la cure d'Asansol. Ces quatre stations comptent 4,200 catholiques.
Un cinquième poste Jualbhanga a cessé depuis i)eu d'être lésidencc de missionnaire.
« C'est, écrivait jadis le Père Knockaert, la mission des pauvres, des déclassés. Les llaris qui la composent sont considérés comme la lie du peuple; ils sont, par état, porteurs de palanquins et font le commerce de peaux. Cette dernière x)rofession les rend souverainement méprisables aux yeux des Hindous. Ceux-ci considèrent la vache comme un animal sacré; faire de ses dépouilles un objet de trafic et surtout se nourrir de sa chair est à leurs yeux chose abominable, crime plus affreux que l'iiomicide. »
Exclus des villages hindous, vivant dans de misérables huttes, au jour le jour, dépensant leur peu d'argent en orgies, ils s'étaient faits voleurs pour vivre et étaient le fléau de la contrée. Leur état moral répondait à une pareille existence.
« Le Père Schaff, continue le Père Knockaert, se présenta chez les Haris en 1873 et entreprit sans hésiter l'œuvre de leur régénération. Il ne prévoj^ait pas tout d'abord les difficultés qu'il devait rencontrer. Elles furent telles que plusieurs années après la fondation de la station, les supérieurs se demandaient encore s'il ne valait pas mieux l'abandonner.
» Aujourd'hui la mission est définitivement établie et nous est d'autant plus chère qu'elle nous a coûté plus de sacrifices. »
L'aspect du village a com[)lètement changé : des cabanes proprettes, de beaux jardinets ont remplacé les repous-
santés masures d'autrefois, et au lieu de l'ivrognerie et de la corruption morale sont venues s'implanter des habitudes d'ordre, de probité, de travail et de piété.