RAVITAILLEMENT DE LA COLONIE
Estomacs congolais. — Le Luku. — Grève des femmes. — Régime alimentaire.
Un jour, on parlait devant le Père Cus des difficultés que présente l’entretien d’une grande communauté...
« Que serait-ce si vous aviez à faire à des estomacs congolais? » répondit en riant le missiounaii e !...
On ne se fait pas idée de la capacité d’un estomac de nègre : « Un serviteur de l’Etat, nommé Pili-pili, a ici sa célébrité, écrivait le Père Prévers. A lui seul, et sans se trouver incommodé, il a mangé en un jour une chèvre tout entière, plus quatre j^ains de manioc! » Et remarquez que lorsque les Noirs mangent un animal, ils n’en laissent rien : la viande, la graisse, les intestins, tout y passe, les os même sont pilés et avalés... gloutonnement. On le voit, le Père Cus n’exagérait pas !...
Ajoutons que les négrillons sont souvent difficiles à satisfaire.
Vous auriez beau leur permettre de manger de la viande, du riz, des bananes, des fruits, des patates douces jusqu’à en être gorgés, s’ils n’ont pas leur luku (prononcez loukou),
Estomacs
congolais.
c’est-à-dire de la (diikwangue ou pain de manioe, ils eroiront n’avoir j)as dinc.
« Un jour, raconte le Père Prévers, j’avais abattu une grande antilope. Je fis nue abondante distribution de sa chair à mes trois compaguons. Or, après avoir englouti une bonne partie de son butin, après avoir — sauf respect! — rempli son sac au point que la peau eu était tendue