‹ Au Congo et aux IndesChapitre 3 sur 113 · APERÇU HISTORIQUE · texte numérisé non relu

APERÇU HISTORIQUE

Les premiers missionnaires du Congo aux XV® et XVI® siècles. — Départ des Jésuites belges en 1893. — Les Sœurs de Notre= Dame. — Nécrologe.

tRS l’an 1492, des prêtres séculiers portugais débarquaient sur les côtes de l’Afrique pour fonder une Mission dans l’Angola. Ils se heurtèrent à des difficultés saus nombre et, xprès d’héroïques efforts, échouèrent dans leur treprise. Moins de cinquante ans après, en i546, 1 III, roi de Portugal, fit appel à la Compagnie ae Jésus naissante, et lui confia l’évangélisation de cette portion de son empire. En mars i548, quatre Jésuites arrivent sur la terre congolaise.

Aussitôt ils se mettent à l’œuvre, et dès le mois d’aoùt de la même année, un des Pères écrivant à ses frères d’Europe jette ce cri d’espérance : « Le Père Vaz a baptisé depuis que nous sommes ici près de 3,ooo nègres. Pour ma part, quoique indigne, j’ai administré le baptême à 400 personnes. »

Les premiers missionnaires du Congo.

Débuts brillants qui, hélas ! ne devaient pas avoir de suites. Le roi nègre, qui d’abord avait bien reçu les nouveaux apôtres, ne tarda pas à se méfier d’eux. Ses tracasseries incessantes réduisirent les missionnaires à l’inaction. La lenteur des communications ne permit pas à Jean III d’intervenir pour soutenir les religieux, et en i553, après la mort de leur Supérieur, ils rentrèrent en Europe.

A la fin de cette même année i553, la Compagnie de Jésus tenta un nouvel effort. Trois de ses religieux sous la conduite du Père Gomez allèrent reprendre la tâche interrompue par leurs frères.

Ils pénétrèrent plus avant dans le pays, et établirent une Mission sur les rives du fleuve Congo, connu alors sous le nom de Zaïre, et dans la légion qui est aujourd’hui le Kwango (i).

TYPES DE CHEFS NÈGRES x)c iiouveau Icur mi-

nistère fut entravé par le mauvais vouloir des tyranneaux indigènes. Après quelques années de travaux et de souffrances, force leur fut de renoncer définitivement à cette Mission.

(i) Ou trouve dans les lettres des anciens missionnaires des mots encore employés aujourd'hui, par exeini)le : «luku», — « chikwangue ».

Actuellement, il y a au Kwango des nègres qui jiortentdes noms portugais, par exemple : Don Paolo, Doua Maria, Ngudi Mpasi (la mère des douleurs).

Les prêtres belges devaient de nos jours obtenir des succès plus encourageants.

Après la reconnaissance à Berlin, en i885, de l’Etat indépendant du Congo, le roi Léopold II, soucieux de remplir la noble tâcbe que les puissances venaient de lui confier, s’adressa aussitôt à diverses congrégations de missionnaires afin d’obtenir leur concours pour l’évangélisation des Noirs (i).

Désireux d’obtenir aussi le concours de la Compagnie de Jésus, le Roi s’adressa à Rome, et sur sa demande, le Souverain Pontife Léon XIII confia aux Jésuites belges le bassin du Kwaugo.

Le 5 mars i8g3, l’émouvante cérémonie des adieux avait lieu au collège Notre-Dame à Anvers. Le lendemain, les trois premiers missionnaires effectuaient leur départ : c’étaient les Pères Van Hencxtlioven et Dumont, et le Frère Lombary. Un mois plus tard, les Pères Liagre et De Meulemeester, les Frères De Sadeleer et Gillet s’embarquaient à leur tour.

L’année suivante, nouveau départ; mais cette fois ce n’étaient plus seulement des hommes qui s’en allaient. De vaillantes femmes, des Sœurs de Notre-Dame de Namur partaient avec eux, pour aller consacrer leur vie à la régénération des jeunes négresses. Scène émouvante que ce départ des Sœurs : tous ceux qui eu fuient les témoins

Départ

des

Jésuites belges

Les Sœurs de

Notre=Dame

(i) Les Pères Blancs do Notre-Dame d’Afrique s’établirent au Congo, près du lac Tanganika, en 1878, avant la fondation de l'État Indépendant.

Les Pères de Scheut partirent en i888.

Les Prêtres du diocèse de Gand, en 1891.11s rentrèrent eu Belgique en 1899.

Les Pères Trappistes, en 1893.

Les Prêtres du Cœur de Jésus, en 1897.

Les Préniontrés, en 1898.

Les llédemptoristes, en 1899.

Les Missionnaires de Mill-IIill, en 1900.

en gardent à jamais le souvenir. Le Père Van Triclit l’a décrite quelque i>art en ces termes :

« Or, tout à coup, il se fit un silence. Sur la passerelle apparaissait, droite dans sa robe noire, souriante et un peu effarouchée, une religieuse! Elle descendit; sept autres descendirent après elle. Et comme une salve, de toutes les poitrines, plus retentissants qu’un tonnerre, jaillirent les «liourrabs» et les «bravos)). « Ab! monsieur, )) me disait un vieux général qui avait les larmes bien près, )) ces femmes-là nous aurions dû les recevoir chapeau bas. )) )) La sirène du navire siffla ses trois coups sinistres, et la grande machine s’ébranla.

)) Elles sont parties. Quand, après la traversée, elles abordèrent au port, la petite garnison de l’Etat détacha.

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