I.F R. P. JOSEPH PRÉVERS
quelques années de travail, tombent à leur tour sur cette terre africaine, poui‘ laquelle ils ont offert leur vie, les Pères Liagre et Bovy et les Frères Ilenricy, Vrielinck, Van der Straeten et Oddon.
Les Pères Prévers et Hendrickx, victimes l’un et l’autre du terrible béri-béri, sont venus finir à Louvain une carrière dont les travaux eussent suffi à remplir les plus longues existences.
Les Pères Waroux et Henry Beck, que la maladie avait forcés de rentrer, sont morts au cours du voyage qui les ramenait dans la patrie.
Le Père Waroux en pleine mer! Aucun prêtre n’était avec lui sur le navire, et cet homme, qui avait tout quitté pour porter sa religion aux sauvages païens, fut privé lui-même à sa dernière heure des secours et des suprêmes consolations qu’elle prodigue à ceux qui vont Jiiourir. A ses funérailles le capitaine prononça quelques mots, les matelots rendirent les honneurs militaires... Puis... un bruit sourd!... le corps est tombé dans l’Océan, et c’est fini.
Heniy Beck, un jeune homme qui comptait à peine quatre ans de vie religieuse! Il ti’était pas prêtre encore, et fut envoyé au Cougo en 1897.
Après quatre mois de travail, la maladie le força à se rembarquer pour l’Europe. En route le mal s’aggravant, il dut descendre à terre, et mourut dans un hôpital à Las Palmas (i).
Oh! nous ne nous étonnons pas que la Mission du Kwango ait j)rogressé d’une manière vraiment merveilleuse. Jadis, suivant un mot célèbre, le sang des martyrs était une semence de chrétiens.
Aujourd’hui, ces vies sacrifiées héroïquement, ces holocaustes de la charité et du zèle apostolique sont la semence féconde, qui, confiée au sol équatorial, y fait lever les blanches moissons...
(i) Un poète épris d'idéal aurait de la peine à créer une figure aussi sereine, aussi noble et aussi sympathique que celle du jeune missionnaire tombé, le 3o décembre i8<)7, à Las Palmas, victime de son zèle pour le salut des âmes. Nous ne craignons pas do l’affirmer, peu de récits romanesques captivent l'intérêt autant que l’iiistoire attachante de cette vie héro'ique. Au foyer paternel, à l’école des Frères, au collège, en vacances, en voyage, au noviciat, aux études, au Congo et surtout à l’heure do sa mort, ]>artout et toujours Henry Beck apparaît de plus en iilus ferme dans le devoir et chaciue jour plus avide de sacrifice. Henry Beck, S. J. iMissionnuire au (’.ongo belge, par le P. Paul Peeters, S. J., 3« édition, i vol. in 8®, illustré. Bruges, Société Saint-Augustin.