LES SŒURS DE CHARITÉ A GALLE
Départ. — Œuvres. — Un Boer.
Ce tableau de la Mission, et plus spécialement des écoles, serait incomplet si nous laissions dans l’ombre celles qui depuis près de dix ans se sont faites les auxiliaires de nos Pères dans l’évangélisation de la province de Galle.
Les Sœurs de charité de G and ont fait là-bas œuvre éminemment utile. Mgr Van Reetli prévoyant ce qu’il en l)ouvait attendre, s’était assuré leur concours avant son départ; et aujourd’hui, au si^ectacle du résultat obtenu, le souvenir revient de cette touchante allocution que l’évé(iue de Gand leur adressait à l’heure des adieux ;
<c Allez et répondez noblement à l’attente des missionnaires. Puissent vos efforts réunis étendre sur ces i)lages lointaines, plongées encore dans les erreurs du bouddhisme, le royaume de Jésus-Christ, y faire refleurir la foi chrétienne, la vertu chrétienne et y faire bénir le nom de la catholique et généreuse Belgique.
» Chères sœurs, il nous reste à vous remettre les deux insignes symboliques : le crucifix sur vos cœurs, la couronne sur vos têtes.
» Le chemin que la charité vous fait entreprendre est long. Si jamais l’humaine faiblesse vous faisait sentir l’extrême longueur de ce chemin, le crucifix vous dira que du trône de la divinité à la crèche de Bethléem la distance fut plus grande. Ce chemin vous conduira, non pas à une terre promise où coule l’abondance du lait et du miel, mais à une terre de privations, de labeurs, de sacrifices.
w Si jamais l’humaine faiblesse vous en faisait sentir le poids et l’amertume, vous songerez au sacrifice de Celui dont vous portez l’image sur vos cœurs, au calice d’amer-
tuinc qu’il a bu, à la force toute-puissante dont II peut vous revêtir, à la couronne inniiortelle qu’il vous promet. La couronne dont nous allons f ceindi'e vos Ironts en est l’image. »
Elles ont été à la hauteur de la tâche. Dans leur seul Œuvres,
couvent de (ialle, leur initiative a réalisé des x^rodiges : débutant avec une école anglaise de trente-six externes, elles xîossèdent aujourd’hui, dans de vastes et beaux bâtiments, un x>ensionnat florissant, unj oiq)helinat, une école singhalaise et industrielle.
Leur influence s’étend ainsi à des enfants de toutes conditions. Leur instruction est très axqu’éciée, et l’école anglaise jouit d’une haute estime aiq)rès des insx)ecteurs protestants eux-niémes.
Les ouvrages d’art sortis de l’école industrielle ont déjà valu à l’établissement une médaille d’or à l’Ex^îOsition de Saint-Louis en Amérique et une autre à l’Exxjosition de Galle.
La dentelle tient la x^laee d’honneur dans les succès obtenus, et les dentellières du couvent de Galle sont connues aujourd’hui au Ben-