‹ Au Congo et aux IndesChapitre 71 sur 113 · I.AC Uli UAM)V · texte numérisé non relu

I.AC Uli UAM)V

Retournous-nous vers le nord; le speetacle ehange et devient grandiose : à 20 kilomètres, fermant l’horizon, un mur de montagnes de 2,000 mètres; au pied même de la propriété, le « Grand fleuve au sable », le Mahaveli-ganga, qui serpente dans la vallée et roule vej’s l’est ses eaux blondes; entre les deux, des terres fertiles remontant en pente douce.

A l’ouest, à quelque 125 mètres plus bas, dort, au milieu d’une végétation tropicale, le grand lac de Kandj’; tout près, le temjîle de Bouddha, la ville, et plus loin des cimes élevées se découpant dans un de ces ciels purs de l’Inde.

Le terrain acquis était caché tout entier sous la jungle; et la jungle, c’est le pêle-mêle impénétrable des herbes, des lianes et des plantes, dont rien en Europe ne rappelle l’aspect ni les propordous.

11 fallait détruire tout cela, bâtir ensuite.

Mais alors, à quand l’ouverture du séminaire? Le Père Grosjeau ne connaissait pas les retards; on ouvrirait sur l’heure. Les prospectus sont lancés, une maison est louée sur une colline, non loin du lac, et, le 3 mai 1898, le premier élève se présente. Au bout de trois mois, on était quinze, et l’on dut se procurer un second immeuble.

Pendant plus d’un an, pour la classe les uns montaient, pour les re})as les autres descendaient, pour l’étude chacun avait sa petite table de bois. Le Père Gi'osjean resta seul avec ses sémiuaristes pendant près de cinq mois : c’étaient les pénibles et humbles débuts qui marquent les œuvres de Dieu.

Enfin, le renfort arriva : trois missionnaires débarquèrent en octobre 1898. De nouvelles demandes parvenant sans cesse au Père Supérieur, les deux habitations se firent troii petites. Où aller? Le défrichement s’opérait lentement; du beau séminaire projeté rien encore n’était sorti de terre. Le Père Grosjean décida d’élever un bâtiment provisoire dans la propriété même, à proximité du futur édifice. Des pierres extraites sur place, de la boue faite d’un peu de chaux et de beaucoup de sable : c’était

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plus qu’il n’en fallait, La construction fut vite debout, simple, pauvre, et, au milieu de la seconde année, on quittait les abords du lac pour s’établir là-haut, chez soi, à 400 pieds au-dessus de la vallée.

Ce provisoire allait durer cinq ans, car la nouvelle bâtisse s’élevait avee une lenteur désesi)érante. Oh! ce n’était pas la faute du Père Grosjean, ni surtout du Père Koch, l’architecte eu titre. Il avait fallu d’abord niveler le sol au sommet de la colline, miner les roches gênantes, ouvrir des carrières. Et quels tristes travailleurs ! Le Père Koeh mit à conti'ibution toute sa patience iiour les former, pour leur ai^prendre la diligenee, même eu l’absence du maître, pour obtenir un ouvrage qui ne fût i)as à recommencer le lendemain. Quand l’ouvrier fut formé, l’argent manqua, lesi)lans traînèrent, les cntreprcneiirs faussèrent compagnie, des jduies diluviennes arrêtèrent les travaux.

Enfin, la x)ersévérance triom2)ha de tout; au début de 1899, une aile était achevée et la majeu)-e i)arlie des séminaristes s’abiûtait sous un toit définitif.

A la fin do la même année, toutes les constructions étaient terminées : le séminaire, dédié à saint Erançois Xavier, l’a2)ôtre des Indes, se dressait, dominant la 2)laine, comme un heureux jjrésago 2)0ur l’avenir.

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