‹ Au Congo et aux IndesChapitre 75 sur 113 · f—i.’-. \.Tr/ncomciLL€ / f.oe P : \Sû ‘*.1 , I r · texte numérisé non relu

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tout ce ]iarviemlrait à former, mais jamais de

vrais missionnaires, de saints jjrêtres.

Or, treize ans ont x^assé : vingt-quatre évêques indiens ont déjà confié aux Pères de Kaudj" environ cent soixantedix jeunes gens; le séminaire a fourni x)lns de cinquante X)i'êtres aux diocèses de l’Inde et comx)te anjonrd’lini j)rès de cent séminaristes.

Ah! c’est que bien des préjugés sont tombés; que de fois un voyageur, un missionnaire, un j^i élat, que le hasard amenait sur les hauteurs d’Ampiti^’a, sont i)aitis, confessant qu’ils s’étaient trompés, émerveillés devant la moisson choisie, qui croissait là sous l’œil de Dieu !

Un vieil apôtre du Maduré, adirés quinze jours x>assés au contact de ces jeunes âmes, quittait cette maison bénie en disant : « J’irai l’annoncer à tous les évêques des Indes; Xjlusieurs ont des in’éventious contre votre œuvre, ils ne la connaissent j)as; j’irai leur dire de venir voir euxmêmes. »

Un antre écrivait en Eurox)e dès 1897 : « Je suis arrivé ici, je ne dirai x>as sans haine et sans amour, mais avec le dessein bien arrêté de ne pas mettre mes yeux en jjoche. Et maintenant que j’ai vu par moi-même, il me sera permis d’affirmer que l’institution est bien un séminaire dans le sens rigoureux du terme, une imx^inière de lévites indigènes, où sont formés en vue de la i^rêtrise de jeunes Indiens, choisis dans ce but avec le x^lus grand soin par leurs évêques resxmctifs : l’extérieur de ces jeunes gens, leur excellente tenue, leur entrain au travail, leur docilité, surtout leur x)iété : tout cela mérite les x>ùis grands éloges »

En visitant l’établissement, un ministre x)rotestant disait : « Je me sens ému et heureux de voir (lu’on fait tant ici pour Xotre-Seigneur. «

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Les craintes x)remières n’étaient pas d’ailleurs sans fondement, l’entreprise offrant de réelles difficultés; mais Dieu veillait sur cette élite de futurs x)asteurs, le résultat lut un vrai succès.

L’esprit et le cœur furent enrichis au delà des espérances.

Beaucoup de jeunes Indiens qui viennent demander à Kandy la culture nécessaire au sacerdoce, sont dépourvus de cette première formation qu’on puise dans nos humanités. Ils arrivent sans acquis, n’ayant pour ainsi dire rien lu, rien entendu, arriérés dans tous les domaines, ignares en géographie, versés dans l’histoire au point de eonfondre David et Salomon avec Constantin et Napoléon.

Heureusement ils apportent, avec une excellente volonté, un talent naturel très sérieux. L’Indien est ordinairement bien doué, il apprend vite, son esprit est fin et subtil. Ces jeunes gens de i5 ou i6 ans, qui, à leur arrivée, ignorent parfaitement la langue de Cicéron, parviennent quelquefois au bout de six mois à suivre des instructions données en latin.

Le grec n’est pas pour eux la bête noire dont le nom seul effarouche nos collégiens d’Europe ; en mathématiques, les Belges ne leur tiendraient pas tête; leur pensée au tour méditatif plane volontiers dans les sphères de la lîure métaphysique. Tel qui accourt tout frais du fond de sa jungle et semble au début privé de

toute aptitude, s’acclimate, prend pied, et, après quelques mois, marche du pas alerte de ses condiciples. Le cours de philosophie est de trois ans ; le cours de théologie de quatre. Mais avant d’aborder ces études supérieures, la

SEMINARISTES

plupart des jeunes gens doivent faire un, deux ou trois ans d’humanités, selon leur degré d’instruction. La durée du séjour au séminaire varie donc de sept à dix ans.

Outre l’étude du latin et de l’anglais plus spécialement réservée aux premières années, l’histoire, les mathématiques, la physique, la chimie, la géologie ont leur place au programme.

Mais le prêtre est avant tout le disciple du Christ; l’esi^rit richement orné lui sert de peu, si son âme n’est pas modelée sur l’âme du Maître, s’il n’a pas appris de Lui la pureté, la charité, l’humilité.

Ah ! que nous voudrions peindre ces cœurs, se transformant à cette école ! Que nous voudrions les bien peindre, non pas à la louange de quelques frères de là-bas, qui ne sont que de faibles instruments dans les mains de la Providence, mais à la gloire de Dieu, qui prodigue ainsi les miracles de sa grâee!

Deux choses font la vie lourde au nouvel arrivant : les habitudes toutes nouvelles d’un milieu étranger, et l’esprit de caste.

Un nouveau milieu ! et tout nouveau même. Le jeune Indien dans ses courses vagabondes n’a guère déliassé les rizières et la jungle où sont blotties les petites huttes de son hameau; il court libre sous le chaud soleil, vêtu d’un pagne, une belle et longue chevelure nouée tombant sur le cou et sur le dos ; aux jours de fête, tout brillant de bagues, d’anneaux et de chaînettes. Voilà nos séminaristes d’hier. Désormais, le vêtement sera la soutane — ceci est un bonbeur encore — mais il faudra tondre cette magnifique chevelure, jeter là les bijoux, 2>orter des chaussures.

« Et puis il faut surmonter la répugnance qu'inspire une manière si dégoûtante de manger en poi tant et reportant sans cesse à la bouche un instrument qui l’a déjà touchée plusieurs fois! En famille, jamais rien de pareil ne s’était fait : pour plats et assiettes, de belles et larges feuilles de bananier, que l’on jetait après s’en être servi ; pour cuiller et fourchette, la nature ne nous a-t-elle pas dotés de cinq

doigts à chaque main? Avec ces doigts on prenait sur la feuille une pincée de nourriture, riz, viande, que l’on pétrissait en boulette; et, après l’avoir plongée dans la sauce piquante, on la lançait adroitement de loin dans la bouche, sans jamais toucher les lèvres. De même, pour boii'e, on laissait couler d’un gobelet un petit filet d’eau, et

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