‹ Au CongoChapitre 1 sur 51 · JY · texte numérisé non relu

JY

Cliché Ta/lor,

A mes anciens camarades d'Afrique.

Ces quelques souvenirs de voyage, je les écris pour vous, sans la moindre prétention.

N'étant pas littérateur, je n'ai qu'un but : vous rappeler à vous, mes vieux camarades, certaines heures passées ensemble, heures heureuses ou malheureuses suivant les circonstances, parfois heures tragiques même, mais maintenant heures chéries, je dirai heures bénies, puisque nous ne les revoyons plus qu'à travers le prestige qu'apporte le recul du temps.

Nos douleurs, nos souffrances, nos déceptions, les dangers que nous avons courus, ne nous apparaissent maintenant que comme de pittoresques incidents de voyage uniquement destinés à leur donner plus de relief, à leur servir de point de repère.

Aussi, ne nous reste-t-il plus dans l'esprit que l'ensemble de l'œuvre accomplie et, dans le cœur, que le souvenir de ces jours virils, où nous aspirions tous à faire quelque chose, à devenir quelqu'un, où nous n'avions qu'un désir : la réussite de l'œuvre congolaise, qui se dessinait à peine, mais que nous sentions devoir être grande et généreuse.

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