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Dieu faisant connaître davantage son Fils, et le présentant à toutes les misères morales et physiques pour les soulager.
Lourdes, c’est le sanctuaire marial et eucharistique tout à la fois, et c’est ce qui fait son attrait et sa splendeur. Aussi voit-on Lourdes représentée très spécialement à tous les congrès eucharistiques.
L'un d’entre eux, le douzième, s’est tenu ici même en 1899, et l’année prochaine, c’est ici que se réunira le vingt-cinquième.
Au Congrès de Malte, un franciscain, le Père Gemelli, professeur à l’Université de Pavie, orateur renommé, a fait, dans lavant dernière réunion générale, un superbe discours: la piété qui, à Lourdes atteint d’elle-même le plus haut degré, tuant le respect humain, criant à Jésus les supplications prises à l'Evangile, poussant les fidèles jusqu'aux gestes en apparence excentriques, mais qui ne sont que des expressions d'amour, de foi et de confiance. Ceci se passe à la grotte où l’on prie tout haut les bras en croix, s’en
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s'inquiéter de ses voisins, et se répète sur la grande place au passage du Très Saint- Sacrement où l’on interpelle Jésus Hostie, où l’on touche et l’on baise l’ostensoir sans se préoccuper des exigences liturgiques; tout cela, a-t-il dit, parce que l’atmosphère de Lourdes est spéciale. En 4 entrant on oublie ce qu’on était et où on était une heure auparavant, On y vit nécessairement dans une surabondance de vie spirituelle qui cherche et doit recevoir son expression.
C’est bien cela. Que l’on soit à Lourdes comme visiteur ou comme pèlerin, on est bientôt gagné par l’ambiance à laquelle d’ailleurs on se laisse aller très volontiers. Dire la messe à la grotte au milieu des fidèles qui pleurent, qui prient, qui communient ; suivre, ou mieux encore,présider la grande procession du Très Saïnt- Sacrement dans l'après-midi, ou, du perron supérieur de la basilique, voir les zig- Zags lumineux de la retraite aux flambeaux dans les ténèbres du soir, et voir se
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grouper en face du portail sur la grande place tant de milliers de pèlerins avec leurs cierges allumés, entendre enf:a tout ce monde chanter ensemble le Credo alors que la croix s’illumine dans les airs, tout
cela certes est profondément impressionnant.
Mais les émotions les plus douces, on les goûte quand, faisant abstraction de toute cette pompe, on rentre un peu en soi-même pour se mettre par la pensée en présence de la Sainte Vierge à l’endroit précis, sanctifié Par son divin contact, et qu’on la prie avec tonte la ferveur dont on est capable pour les personnes et pour les choses qui nous sont les plus particulièrement chères. C’est vous dire tout ce que je portais dans mon coeur lorsque ce matin je descendais à la grotte, pour y offrir Pour vous tous le saint sacrifice de la
messe en l’honneur de la Vierge Immaculée.
Monseigneur l’évêque m’a fait l’honneur de m'offrir à déjeuner. Sa Grandeur
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compte sur le plus grand succès pour le Congrès de l’année prochaine. Les préparatifs d’ailleurs sont déjà commencés.
Rien ne manquera, quelque puisse être le nombre des congressistes qui sera certai.
nement très considérable.
J’ai eu le plaisir de converser longuement avec le Dr Boissarie et son confrère le Dr Cox. Je suis toujours émerveillé de voir avec quelle Conscience scrupuleuse chaque cas est étudié, et quelles précautions l’on prend pour éviter toute méprise,
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Aussi le Dr Boissarie, qui a conquis une juste célébrité dans le monde savant, peut-il accepter sans fausse modestie les félicitations qu’on lui adresse, pour avoir jusqu’à présent si bien dirigé le bureau des constatations, que la science, même incrédule, n’a Pas encore pu le prendre en défaut.
J'ai assisté, cet avant-midi, dans lPéglise paroissiale de Lourdes, aux funérailles
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d’une parente de Bernadette Soubirous, sa tante Basile, soeur de sa mère. L'ussistance était considérable. Le service, pour les cérémonies et pour le Chant, et aussi Pour les décorations de l'église, ressemble à ceux de deuxième clasge dans uotre ca thédrale. A l’arrivée du cortège. on a dételé les chevaux et dégagé le co:biller !
qu'on a poussé sur ses roues dans l'église jusqu’au pied du sanctuaire. On mit huit cierges autour, c'était tout le Catafalque.
Après l'office on le recula de même dehors, et tout le monde se mit en marche pour le cimetière. Les dames suivaient comme les hommes au milieu de la rue, tous récitant tout haut le chapelet. C'était très édifiant.
J’ai dû évidemment faire visite au couvent des pauvres Clarisses, la maisonmère de notre monastère de Valleyfield. A Lourdes les Congrégations religieuses non enseignantes, tracassées par le gouvernement à cause de la loi, sont relativement protégées par la municipalité en dé-
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pit de la loi. Elles continuent à subsister avec l'incertitude qu lendemain. C’est Curieux, c’est triste, c’est Consolant, c’est tout ce que vous voudrez. En attendant les Clarisses prient et s’immolent comme si elles n’avaient rien à craindre, et il faut bien espérer qu’on leur permettra d’ac- Complir indéfiniment leur mission toute de sacrifices spirituels, La révérende mè:.
re abbesse, qui Célébrait naguère ses noces d’or de vie religieuse, est une des premières miraculées de Lourdes, Le récit du Prodige a été fait notamment par Huys- Mans, le fameux écrivain converti. J'ai dit la messe dans la chapelle du monastère et donné un entretien sur les fêtes de Malte.
Paris, 30 juin 1918.
Montmartre est le fruit d’un voeu de la France chrétienne, c’est un sanctuaire
national. Mais les fidèles du monde entier ont aidé à construire cette basilique du Sacré-Coeur, qui domine si majestueusement la ville la plus connue et la plus fréquentée de lunivers, c’est donc aussi un sanctuaire mondial, tout comme Lourdes.
Les deux résument en France la dévotion catholique, laquelle ramène toujours son objet, ou trouve toujours son terme dans le Christ, et dans la Vierge, sa mère, C’est ce qui fait qu’à Montmartre comme à la grotte de Massabielle on coudoie tou-
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tes les nationalités, on entend toutes les langues, on voit se mêler tous les âges et
innombrables pèlerins qui, de toute part et jour et nuit, vont prier à Montmartre.
Hier Matin, de bonne heure, nous entrions: dans la basilique déjà remplie de fidèles, Des messes se disaient en suc-
arrivant par groupes de tous les coins de la ville, Elles Portaient un Costume uniforme : robe noire, voile blanc, ruban bleu, médaille de Ja Vierge, elles rappelaient nos Enfants de Marie. Pour la plupart
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der leur mère ou leurs petits frères, ce sont des midirettes, Deux cents patronages Catholiques les protègent contre les dangers de leur âge et de leur situation, et les aident à se conserver bonnes, par le
moyen de la pratique fidèle de leurs devoirs religieux.
Chaque année un certain nombre d’entre elles sont déléguées par leurs Patronages respectifs Pour le pèlerinage officiel de Montmartre. Hier elles étaient plusieurs milliers. Après une marche assez longue, elles ont gravi à pied la côte très raide, elles sont entrées dans l'église en chantant le Cantique : Pitié mon Dieu. Elles ont assisté à la messe dite pour elles avec solennité à l’autel principal, elles ont toutes communié, puis elles ont entendu un sermon de Mgr Odelin, vicaire-général de Paris.
Quand, leurs dévotions finies, elles sortent de l’église, d’autres fidèles, et en grand nombre qui attendaient font irruption ; le temple est de nouveau rempli, les mes-
sæs recommencent de même que les communions, et il en est ainsi toute l’avantmidi. Je vous affirme qu’il y a beaucoup de religion et de piété en France, et spécialement à Paris.
La basilique du Sacré-Ceeur à Montmartre possède la cloche la plus grosse du monde, la Savoyarde. En la regardant, je songe, non sans quelque fierté, que le carillon de notre cathédrale de Valleyfield, aux harmonies si douces et si coulantes, provient de la même fonderie.
Je me rendais compte de la piété parisienne, en descendant la colline et en traversant une partie de la ville, passant devant plusieurs églises dont les portiques regorgeaient, pour me rendre à celle de Saint-Pierre de Chaillot dont c'était la fête patronale. Ici c’est grand’messe très solennelle, chantée par le curé, le vénérable abbé Sicard, très connu, non seulement par son zèle pastoral, mais encore par ses oeuvres littéraires. I1
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a écrit des volumes sur l’histoire du clergé français durant la révolution. Ils font autorité. Son dernier livre vient d’être couronné par l’Académie française. Les travaux de ce genre ne l’empêchent pas de rédiger avec soin les instructions doctrinales qu’il fait lire du haut de la chaire, et dont j’entendais hier celle préparée pour la solennité du jour. L'église était bondée, l’auditoire était très attentif.
En écoutant moi-même avec le plus vif intérêt, je m’affermissais dans la conviction de ce que porte en elle, pour le bien de ses ouailles, la parole autorisée du prêtre dans une prédication paroissiale tout évangélique, bien préparée et bien donnée, Aussi ne suis-je pas du tout surpris de voir les éloges, décernés spécialement aux instructions de l’abbé Sicard, par de grandes revues comme le Correspondant.
L'abbé Sicard est venu à Valleyfield autrefois, il était même présent à l’ordi-
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nation faite à la cathédrale des six premiers prêtres sortis de notre séminaire, et l’on se souvient encore chez nous de la belle homélie qu’il nous fit ce jour-là.
Il voulut bien nous retenir à diner.
Nous nous trouvons à table avec Mgr Le Roy, évêque d’Alinda, Mgr Duchesne, de l’Académie française, et nombre de prétres parmi lesquels l'abbé Allès, un directeur d’oeuvres très actif et très estimé, et l'abbé Loutil (Pierre l'Ermite), l'écrivain original et inépuisable que tout le monde connaît. On peut deviner si certaines divergences d’idées, sans offenser la charité, ou même la courtoisie, rendaient vivante
la conversation à table entre des hommes
aussi distingués.
Tont ce qu’on y dit me confirme dans l'opinion déjà exprimée que la religion, que l'Eglise en France est plutôt dans la voie très marquée du progrès. Certes il y a beaucoup à faire, mais on fait déjà beaucoup, et depuis la séparation près de
soixante églises ou chapelles ont été ouvertes à Paris, et tous les dimanches sont remplies à déborder comme toutes les autres. Cela signifie autant de centres nouveaux créés, dans cette ville seulement, pour les oeuvres de toutes sortes, surtout pour le ministère paroissial, et qui font pénétrer le prêtre et son action dans des milieux où il avait été jusqu'alors inconnu ou méconnu.
La journée s’est terminée à Notre-Dame, la cathédrale de Paris, où je désirais rencontrer le cardinal Amette. Je trouvai, Son Eminence présidant, au milieu d’une couronne de vénérables prêtres, la cérémonie de la distribution solennelle des diplômes aux enfants du catéchisme de toutes les écoles du centre de la ville, Encore une vaste église absolument remplie.
J’ai examiné la formule des diplômes, elle ressemble sensiblement à celle que nous avons adoptée chez nous. A la bénédiction du Saint-Sacrement qui suivit, tous les enfants chantaient.
Ce matin nous étions à N otre-Dame-des- Victoires, encore un sanctuaire qui atteste la vitalité intense de la vie religieuse à Paris et dans toute la France. Situé dans la partie la plus affairée et la plus mondaine de la Capitale, gardant pieusement le souvenir de l’abbé Dufriche-Desgenettes, il est toujours l'attraction irrésistible, non seulement des âmes dévotes, mais encore de celles qui, à un moment donné, dans leurs épreuves ou leurs périls sentent le besoin d’une protection puissante, ou d’une consolation intime, Il était très touchant d’assister tout à l’heure à l’une des premières messes, célébrée à l’autel de la madone Par un jeune prêtre ordonné l’avant-veille, et venant mettre sous l’égide de la Sainte Vierge un ministère qu’il sait devoir être ardu, pénible, douloureux même peut-être, mais qu’il dé.
sire surtout rendre efficace et méritoire.
Son père et son frère aîné le servaient à l'autel et communiaient de sa main, avec sa mère et les autres membres de la famille,
Ces choses-là se voient fréquemment à Notre-Dame-des-Victoires, où du reste la foule est toujours considérable, et où tout se passe aujourd’hui dans le même ordre, avec la même ferveur qu’au temps de M. Desgenettes.
Les vocations sacerdotales avaient un peu fléchi en France à la suite d’une double loi néfaste: le service militaire et la séparation. Elles tendent à revenir à l’état normal. On s’est ressaisi et par la
grâce de Dieu, les vocations seront d’autant plus fermes qu’elles sont absolument désintéressées. C’est ce qui me reste comme impression, à la suite d’un entretien avec le vénérable M. Guarriguet, supérieur général de Saint-Sulpice.
Ornans, 3 juillet 1913.
Nous n’avons fait que passer à Dijon, à peine le temps de revoir la cathédrale, de visiter dans le cloître d’un vieux couvent, devenu un asile d’aliénés, le fameux puits de Moïse avec les statues des prophètes, et de réveiller le souvenir de tant de gloire amassée dans ce département de la Côte d'Or, dont cette ville est le chef-lieu. C’est en effet ici la patrie de saint Bernard, de Bossuet, de sainte Jeanne de Chantal, de Lacordaire. C’est plus qu’il ne faut pour illustrer ur pays,
A Besançon, que nous n’avons fait aussi que traverser, il fallait bien visiter, entre autres églises, la cathédrale remarquable
surtout par les monuments funéraires qu’elle renferme, et aussi par une horloge colossale que le cardinal Mathieu, archevêque, avait fait exécuter et placer dans l’une des tours de l’église. Elle n’a pas moins de trente mille pièces de mécanisme et soixante-douze cadrans.
Dans la ville elle-même se trouvent le palais et la statue du cardinal Pernot de Granvelle. Cet homme d’Eglise, qui mourût archevêque de Besançon après avoir été évêque d’Arras, est encore beaucoup plus connu comme politicien et comme diplomate. Il fut ministre de Charles- Quint et de Philippe II, et fut même nommé vice-roi de Naples. Il naquit ici même à Ornans en 1517. Je le mentionne spécialement parce que c’est à lui que revint en grande partie la Charge d’organiser les forces catholiques contre l’invasion ottomane, à la suite du Siège de Malte et à la veille de la victoire de Lépante, Il mourut à Besançon en 1584. Il eut sur ce même siège plusieurs successeurs revêtus