‹ Au congrès eucharistique de Malte [microforme]Chapitre 23 sur 32 · EE ——————— · texte numérisé non relu

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devoirs religieux. Si cette bienveillance ne les gagne pas aussi vite qu'il le voudrait, au moins elle les désarme et leur en-ève tout prétexte d’ordre personnel. Il a, pour ainsi parler, forcé l'estime et l’affection de tout son monde. |

Dans les écoles, qu’il maintient à force de sacrifices, il est comme chez lui. Les maîtres aussi bien que les élèves l’entourent d’une égale confiance, et il est facile de voir qu’il fait entrer avec lui la gaîté dans chaque classe qu'il visite. Aussi n’a-t-il qu’à dire un mot, à faire un signe, on l’écoute et on lui obéit.

Ce matin, à ma messe, l'église était remplie, les enfants avaient eux-mêmes invité leurs parents. On chanta de beaux cantiques. C'était fête pour tous.

L'abbé Mougeot était avec nous au Congrès de Malte. Il raconte ce qu'il a vu et donne ses impressions dans le Bulletin Paroïssial qu’il publie lui-même, et dans

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lequel il insère tout ce qui peut intéresser les familles de sa paroisse. Ce bulletin exempt de toute polémique, est comme une extension en permanence des prônes et des sermons qui se donnent à l’église.

C’est d’une utilité incontestable.

Sur le territoire d’Ornans se trouve une chapelle de pèlerinage très fréquentée et connue sous le nom de Notre-Dame-du- Chêne. L'histoire en est tsuchante,

Sous la Terreur, une petite statuette de la Sainte Vierge avait été cachée dans un jeune arbre dont on avait creusé le tronc à cet effet. On l’y avait oubliée. Quand les choses reprirent leur cours normal, et que l’on put célébrer le culte publiquement en France, un jour de première communion, le 3 avril 1803, une fillette de dix ans, Cécile Mille, qui se dirigeait vers l’église avec ses parents, s’écria soudain qu'elle voyait comme des rayons de lumière très vive qui sortaient des deux côtés d’un chêne. On ne fit guère attention à

250 AU CONGRÈS EUCHARISTIQUE EM ces paroles d’une enfant qui s'en allait communier pour la première fois. Mais en revenant de l’église, non seulement elle revit le même Phénomène, mais sa mère et d’autres personnes en furent aussi les témoins. Le curé put le constater lui-méme. Alors, à l’endroit marqué par le rayonnement lumineux, on entaille Varbre et l’on découvre la statuette sur laquelle l’écorce s'était reformée, C’est elle que l’on vénère aujourd’hui dans le sanctuaire qui a été érigé à cette fin, et où l’on vient en pèlerinage de tous les points de la Franche-Comté.

Les religieuses de la Visitation ont à Ornans un monastère qui, à l’origine était - Un Couvent de Franciscains. Elles célébraient hier leur fête principale, la Visitation de la Sainte Vierge. Je dus me rendre à leur invitation très gracieuse, et leur adresser une allocution sur les rapports entre le mystère du jour et leur Propre vocation. La visite du monastère et des vastes terrains qui l’entourent fut

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Pour nous d’autant plus intéressante qu’on y garde avec un soin affectueux le Souvenir de sainte Jeanne de Chantal, la fondatrice de l’Institut.

Les Visitandines, cloîtrées et contemplatives, ont eu jusqu’à présent l'avantage appréciable de garder partout leurs couvents en France. Vous vous souvenez qu’elles ont particulièrement le bonheur de posséder chez elles le Sanctuaire du Sacré-Coeur à Paray-le-Monial.

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Einsiedeln, 5 juillet 1913

Nous voici à Einsiedeln dans ce monastère célèbre Presque à l’égal de celui du Mont-Cassin. Nous ÿ Sommes arrivés hier matin, ayant traversé en chemin de fer le pays le plus charmant et le plus pittoresque qui se puisse imaginer, C’est le temps où l’on fait les foins, c’est dire que la campagne Suisse déjà très belle avec ses côteaux, ses vallons, ses lacs, a un air de vie très animée par le fait des moissonneurs disséminés ou groupés un peu partout. Toute la famille de chaque cultivateur est dans son champ, on fauche, on fane, on ramasse le foin en veillottes, on charge la Charrette, les femmes et les enfants s’emploient autant que les hom-

mes, et l’ensemble donne une impression de vigueur, d'énergie et de prospérité agréable. L’habitant de la Suisse est jovial et très serviable. Les fonctionnaires eux-mêmes sont polis et empressés. On est à l’aise avec eux. Ils semblent euxmêmes trouver plaisir à rendre service, Je fais d’eux cet éloge sans aucune arrièrepensée. Sans doute cela tient-il à ce que la Suisse étant un petit pays très attrayant par lui-même, ses habitants doivent trouver grand profit, et ont par conséquent grand intérêt à ge rendre aimables, pour maintenir l’afflux des étrangers qui leur apportent la richesse, Mais je crois sincèrement qu’il faut y voir le fond même du caractère helvétique, dont on a souvent loué la bravoure, la franchise, la politesse et la courtoisie.

Le couvent d’Einsiedeln est certainement l’un des principaux attraits de la Suisse, Je n’en veux pas d’autre preuve que le nombre extraordinaire de personnages illustres qui y viennent chaque an-

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née, et les milliers de pèlerins, isolés ou en groupes organisés, qu’amène constamment non seulement des cantons suisses, mais encore des pays environnants, la dévotion envers Notre-Dame-des-Ermites.

Nous avons été accueillis par le Père cellérier Dom Sigismond de Courten. C’est toujours la même affabilité bénédictine.

C’est lui qui nous sert à table et qui nous raconte en ses grandes lignes l’histoire d’Einsiedeln, et nous fait tout visiter en détail.

Elle est émouvante l’histoire de cet anachorète, saint Meinrad, à qui remonte la première origine du monastère. De souche royale, aussi humble que savant, après avoir occupé quelques années une chaire de professeur dans un petit couvent bénédictin, il s'enfonce dans le désert pour Y vivre dans une solitude plus absolue.

Ses vertus et sa science lui amenant en grand nombre des âmes qui venaient se recommander à ses prières, ou chercher ses Conseils, il se cache pour leur échapper

dars la Forêt Sombre, ici même, et y établit son ermitage, près d’une source d’eau très pure. Une petite cabane, un oratoire, C’est tout ce qui lui suffit, et il passe de longues années dans les plus grandes austérités et les plus ferventes oraisons.

Un jour, le 21 janvier 861 il est assommé par deux brigands. Ceux-ci furent traqués sans relâche par deux corbeaux, les compagnons du saint, et désignés ainsi à la vindicte publique. Ils expièrent leur crime sur le bucher. C’est la cellule de Meïinrad qui est devenue le couvent actuel de Notre-Dame-des-Ermites où les reliques du saint sont pieusement conservées.

Le monastère lui-même se réclame de plusieurs autres saints.

Au mois de septembre 948, les constructions étant terminées, l’abbé saint Eberhard pria saint Conrad, évêque de Constance dont -elevait Einsiedeln, de venir consacrer l’église, dans laquelle se trouvait enclavée la chapelle de saint Meinrad,

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