‹ Au couchant de la monarchieChapitre 73 sur 148 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

LOUIS XVI ET TUIUiOT. 219

dit la Ueine, il faut que le vase renverse. — Mais, Madame, il me semble que, si le Roi doit faire du mal à quelqu'un, ce mal ne devrait point arriver par vous. — Vous pouvez avoir raison, Monsieur, et je compte dorénavant n'en plus faire, mais je veux faire celui-là. — Puis-je, Madame, dire que c'est la volonté de Votre Majesté, et non celle du Roi? — J'y consens, reprit Marie-Antoinette, je prends tout sur moi. » Louis XVI, questionné par Maurepas, confirma les dires de la Reine et déclara « ne vouloir s'en mêler », laissant sa femme libre de régler à sa guise les conditions et détails de l'exil. « C'est elle qui l'exige u, dit-il pour conclure l'entretien. Sur quoi, troisième et dernière conférence entre Maurepas et Marie- Antoinette. Le premier proposa pour son neveu comme lieu de résidence le château de Véretz, situé il quelques lieues de Tours, à peu de distance de Ghanteloup. Ainsi se serait accomplie la prédiction jadis faite par Clioiseul lorsque, en décembre 1770, la veille de sa disgrâce, il rencontra son ennemi d'Aiguillon dans l'antichambre de Louis XV : « Eh ! bien, avait-il dit, vous me chassez donc? J'espère qu'ils m'enverront à Ghanteloup; vous prendrez mes places; quelque autre vous chassera; ils vous enverront à Véretz; nous n'aurons plusd'afiaires politiques, nous voisinerons, et nous en dirons de bonnes ^ »

Page 1