A JOSE MARIA DE HERBDIA
Avril rend au ciel froid le regard du soleil. L'air, comme un vin nouveau, vous invice et vous grise; La colline frissonne et s'éveille surprise De voir ses flancs vécus d'un velours sans pareil.
Les fleurs brodent d'argent la dentelle des branches, Et les pommiers épris de la jeune clarté, Comme blanchit le champ profond des nuits d'été, Font un sillon lacté de leurs étoiles blanches.
Le pinson remercie Avril d'une chanson : Il dit que c'est fini d'avoir faim et froidure, Qu'il n'est plus dans la peine, et qu'au fond cela dure Le temps qu'avril remette une robe au buisson.
L E S HORIZONS A I M E S. 6 j
Le jour s'éteint moins vite, ec la brise plus saine Baise au fronc les jardins donc la molle épaisseur Rougit, blanchie, s'égaie : une vague douceur Court le long du coteau qui penche vers la Seine.
La petite maison ouvre ses volets verts; Elle rit à mi-côte : et, plus bas, sur la berge, Se coiffant de fumée aux fins rubans, l'auberge Comme une fille met son bonnet de travers.