LE PRESBYTÈRE DE LA MALBAIE
AIR :—Cueillons le joli rosier Du joli mois de mat,
E connais sur la terre, Dans un pays charmant, Un bijou d’presbytère Tout de sucre et d'argent !
Refrain :
Ah! ah! ah! l’pays charmant Que la Malbaï’ vraiment !
Au foyer de mon presbytère SR RER EN A SE
Il y vient à la ronde, —
J'en suis l’heureux témoin, — Ïl y vient du gai monde
Et de proche et de loin ! *
Ahlahl!ah!
Les rieurs y foisonnent :
Grands amis ils sont tous, Les gens d'esprit s’y donnent D'aimables rendez-vous !
Ah! ahl!ah!
Si l'ennui vous assomme Dans la sombre cité, Venez à ce ‘‘ sweet-home, ” L’pays d’l’urbanité !
Ah! ah!ah!
Pour s’faire ouvrir la porte D'’ce séjour enchanté, —
Il suffit qu’on apporte Un grain de bonn’ gaîté !
Ah! ah! ah!
Le presbytère de la Malbate
Qui possèd’ la recette D'attirer tant d'amis ?
—J'nommerions M’sieu Doucette— Mais c’la n’est pas permis !
Ah! ah! ah!
Quant à ce qui l'visite, C'est d’la fin’ fleur d'amis :
On l’accus’ra bien vite—
D'écrêmer son pays !
Ah! ah! ah!
Son église est coquette ; Royal est son couvent, — Mais partout l’on répète.
Que son cœur est plus grand !
Ah ! ah! ah!
C'est ici qu’on s'amuse, Plus heureux que des rois :
Chante nous c’la, ma muse, Dans ton langag” chinois !
Ah! ah! ah!
Au foyer de mon 2resbytère
sata
On y guérit sans peines
Les maux les plus affreux, — Mais surtout ces migraines Qu'on appell’ diables-bleus !
Ah! ah! ah!
Jusque sur la batture
S'avance le jardin :
Par dassus la clôture
L'on pêche—et l'on n'prend rien !
Ah ! ah! ah:
Lorsque la mer est belle, Pour goûter l'frais salin, Une blanche nacelle Vous attend, beau marin !
Ah! ah! ah!
Quelquefois l’on chavire, L'on est prêt d’se noyer :
Mais ces naufrag’ pour rire N'font jamais trépasser !
Ah! ah! ah!
Le presbytère de la Maibaïe 217 nr nn remain tement nm co
Vous arrivez d'voyage :
Vous avez froid ou chaud :
Pour ces bobos d'passage, Vite,—à Mam'sell’ Provost! *
Ah! ah! ah!
Mam'sell’ Provost possède, Dans son buffet surtout, N'importe quel remède Pour n'importe quel goût !
Ah! ah! ah!
M'sieur l’curé jamais n’gronde— Mais c'est comm'c’la partout !
Il est l’Papa d'tout l'monde, .. , Mais d’son Vicair’ surtout !
Ahl!ahl!ah!
* Mlle Provost est la vici'le ménagère du curé. Elle est très hospitalière, et sen ble n’avoir sur la terre que deux ambitions : 1° servir le Bon Dieu scrupuleusement; £ dépenser scrupuleusement toute la dime du curé.
Au foyer de mon presbytère tit té +
Le vicaire est tout d'suite L'enfant de la maison :
Pour pleurer quand il quitte Pas besoin d'p'lur’ d'oignon !
Ah! ah! ah!